Tino Libaak et Gonza Alfonso continuent de faire sensation au Kuwait Major 2026. Après avoir éliminé Juan Lebrón et Leo Augsburger en huitièmes de finale, les deux Argentins ont confirmé en dominant Paquito Navarro et Martín Di Nenno (7/6 6/1) en quarts de finale. Une victoire qui les propulse dans le dernier carré, où les attendent désormais les numéros un mondiaux, Arturo Coello et Agustín Tapia.
En conférence de presse, les deux joueurs sont revenus sur leur parcours, les critiques, les sacrifices du haut niveau et leur relation avec leur entourage. Entre émotion, reconnaissance et quelques éclats de rire, Libaak et Alfonso se sont livrés sans détour.
Gonza Alfonso : « Beaucoup espéraient que Tolito et moi allions perdre »
Question : Lors de votre arrivée sur Premier Padel, certains doutaient de votre capacité à rivaliser avec les meilleurs joueurs du circuit. Que leur répondez-vous aujourd’hui ?
Gonza Alfonso : « Franchement, ce n’est pas grave, je comprends. Avec tout ce qu’on a vécu, je ne prête pas attention aux gens qui m’envoyaient des ondes négatives.
On en a déjà beaucoup parlé : il y avait beaucoup de personnes qui espéraient que Tolito et moi, les premiers à avoir rejoint ce circuit, allions perdre, simplement pour pouvoir dire qu’elles avaient raison après certains commentaires sur les réseaux.
Mais tout ça appartient au passé. Aujourd’hui, je peux affirmer, et cela me rend très heureux, que beaucoup de gens me soutiennent, me suivent et m’apprécient. C’est aussi une récompense pour moi. »
Une déclaration qui prend une dimension particulière après la qualification de la paire argentine pour les demi-finales d’un tournoi Major. Alfonso, longtemps associé à Tolito Aguirre sur le circuit A1 Padel, poursuit désormais son parcours au plus haut niveau aux côtés de Libaak.
« J’aurais aimé commencer ma carrière professionnelle bien plus tôt »
Question : Vous êtes encore jeunes. Le padel professionnel vous oblige-t-il à renoncer à certaines choses, notamment aux sorties et à la vie que peuvent mener les jeunes de votre âge ?
Gonza Alfonso : « Si vous regardez une photo de moi d’il y a quelques années, vous verrez que je n’ai pas perdu mon temps ! J’ai énormément profité de la vie.
Et cela m’a aussi poussé à me dire : j’ai déjà vécu tout ça, maintenant, je me concentre.
C’est vrai que j’ai des regrets. J’aurais aimé commencer ma carrière professionnelle bien plus tôt.
Mais quand j’ai décidé que c’était ce que je voulais, je savais que j’étais prêt à renoncer à tout cela pour atteindre cet objectif. »
L’Argentin insiste également sur les sacrifices nécessaires pour évoluer sur le circuit international.
« C’est aussi ce qui explique notre émotion quand on gagne. On est loin de chez nous, loin de nos familles. On laisse, entre guillemets, notre famille de côté. On change de vie, on change tout pour ce sport. C’est pour cela que l’émotion est si forte. »
Tino Libaak : « Le plus grand sacrifice, c’est d’être loin de sa famille »
Question : Qu’est-ce que cette vie de joueur professionnel vous enlève au quotidien ?
Tino Libaak : « Même si notre vie tourne autour du padel, j’essaie toujours de trouver des moments pour profiter du temps passé chez moi.
Comme tu l’as dit, on peut parfois sortir faire la fête. Mais je crois que le plus grand sacrifice, c’est d’être loin de sa famille.
Personnellement, j’essaie d’en profiter au maximum. J’aime énormément la vie que je mène, mais parfois, ce petit sacrifice est celui qui pèse le plus.
Cela permet aussi d’accorder beaucoup plus de valeur à tout le reste. Et j’en suis vraiment très heureux. »
Libaak sur Martín Di Nenno : « J’essaie de le prendre comme modèle »
Question : Aujourd’hui, tu affrontais Martín Di Nenno, un joueur que tu admires depuis longtemps. Comment as-tu vécu ce duel et que représente cette victoire ?
Tino Libaak : « Martín sait parfaitement à quel point je l’admire.
On en parle souvent avec mon équipe : j’essaie de le prendre comme modèle. C’est un immense joueur. Il est au sommet depuis très longtemps.
Et je crois que, parfois, vu de l’extérieur, on ne mesure pas cela. Nous savons à quel point il est extrêmement difficile d’être au sommet.
Nous, nous avons du mal à y rester une semaine, alors qu’eux y sont depuis des années.
Il a donc toute mon admiration. Évidemment, cela rend cette victoire spéciale.
Aujourd’hui, j’essaie de voir cela normalement, de le considérer comme un rival. Mais je suis certain que, dès la semaine prochaine, ce sera de nouveau comme un frère pour moi. »
À seulement 21 ans, Tino Libaak mesure ainsi le chemin qu’il lui reste à parcourir, tout en savourant une victoire face à l’un de ses modèles sur le circuit professionnel.
Gonza Alfonso explique son travail mental pour rivaliser avec les meilleurs
Question : En début de saison, imaginiez-vous obtenir de tels résultats et battre des joueurs comme Paquito Navarro ?
Gonza Alfonso : « Sincèrement, je pense que le travail psychologique que je fais depuis un bon moment est entièrement centré sur moi.
Je ne recherche ni les résultats ni les victoires contre des joueurs de cette envergure.
C’est cette approche qui m’aide à rester concentré et à ne pas m’en écarter.
Je trouve cela très important, car on connaît tous les qualités de ces joueurs, leur immense expérience au plus haut niveau. On les respecte énormément.
Mais si on pense trop à tout cela, ça peut nous jouer des tours.
Je garde donc toujours cette ligne de conduite : ne pas perdre ma concentration et rester concentré à 100 % sur moi.
Cela ne m’empêche pas d’être très heureux de pouvoir rivaliser avec eux à armes égales, et même de les battre de temps en temps, comme aujourd’hui face à Martín et Paco. »
Le rôle essentiel de Pablo Crosetti auprès de Tino Libaak
Question : Que représente Pablo Crosetti pour toi dans cette aventure ?
Tino Libaak : « Je pense que beaucoup savent déjà qu’il est comme un deuxième père pour moi.
Je dis toujours que sa famille est ma deuxième famille. C’est ma famille à Barcelone.
Je suis vraiment très heureux de pouvoir partager ce moment avec lui, de l’avoir sur le banc pour nous aider.
Au-delà de toute l’affection que je lui porte, c’est aussi notre travail. Cela a donc une double valeur. Je veux simplement le remercier. »
Une relation particulière qui illustre l’importance de l’entourage dans la progression du jeune Argentin.
Des promesses insolites après chaque victoire
La conférence de presse a également réservé un moment plus léger lorsque les journalistes ont interrogé les deux joueurs sur une habitude révélée dans leurs vidéos : se lancer des défis à accomplir après chaque victoire.
Question : Avant chaque match, vous faites une promesse à tenir en cas de victoire. Quelle était celle d’aujourd’hui ?
Gonza Alfonso : « Ah, tu as remarqué ça ! Quel sens du détail !
Je n’ai pas encore eu le temps de réfléchir à ma promesse d’aujourd’hui. Il y en aura une, bien sûr !
Mais aujourd’hui, j’étais occupé à tenir celle d’hier : je devais m’habiller à la manière locale, comme les Arabes.
Je me suis donc promené habillé de la tête aux pieds, comme il se doit. Voilà ma promesse d’hier. »
Tino Libaak : « De mon côté, Gonza était déjà au courant : des parfums ! Un parfum que je voulais m’acheter, un autre à offrir et quelques petites attentions pour l’équipe.
On s’est dit avant le match : si on gagne, on ira acheter tout ça. Et demain, il faudra tenir parole avec l’équipe ! »
« On travaille pour vivre ces moments »
Question : Lors du Media Day, imaginiez-vous revenir ici quelques jours plus tard, qualifiés pour les demi-finales ?
Gonza Alfonso : « Notre objectif est évidemment de gagner. Nous voulons remporter tous les matchs possibles.
Mais je ne pense pas qu’on l’imaginait vraiment. On essaie sincèrement d’avancer jour après jour, en abordant chaque match avec le plus grand professionnalisme possible.
On essaie de profiter de ce moment, tout en préparant le match de demain avec beaucoup de sérieux et toujours la même envie. »
Tino Libaak : « Je n’imaginais pas forcément être ici, mais nous travaillons vraiment pour cela.
Nous avons d’autres objectifs qui nous rapprochent de ce genre de résultats.
Si nous restons concentrés là-dessus, peut-être qu’on reviendra demain ! »
Coello / Tapia, le prochain défi de Libaak / Alfonso au Kuwait Major
Après avoir successivement éliminé Lebrón / Augsburger (4/6 7/5 6/1) puis Navarro / Di Nenno (7/6 6/1), Libaak et Alfonso vont désormais tenter de réaliser un nouvel exploit.
Les Argentins, têtes de série numéro 12, retrouveront Arturo Coello et Agustín Tapia, numéros un mondiaux, en demi-finale du Kuwait Major.
La rencontre est programmée vendredi 30 octobre, pas avant 20 heures au Koweït, soit 18 heures en France métropolitaine.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.





































































































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