Le phénomène n’est plus marginal. Saison après saison, le padel professionnel voit une partie de ses joueurs et joueuses s’éloigner de l’Espagne, pourtant berceau historique du circuit moderne, pour s’installer dans des zones jugées plus attractives sur les plans logistique, économique et sportif. Dernier exemple en date : Victoria Iglesias, qui a annoncé son installation à Dubaï.

Victoria Iglesias choisit Dubaï pour ouvrir un nouveau chapitre

Classée autour de la 20e place mondiale, la joueuse andalouse a officialisé son départ via ses réseaux sociaux, avec un message personnel et assumé. Sans parler de rupture définitive avec l’Espagne, Victoria Iglesias évoque clairement un choix de carrière, dicté par la nécessité de continuer à évoluer dans un environnement adapté aux exigences du haut niveau.

Originaire de Séville, figure reconnue du circuit féminin, elle sort d’une fin de saison solide aux côtés d’Aranza Osoro, échouant de peu aux portes des Finales. Régulière, médiatisée, disposant également d’une forte visibilité hors des pistes, elle s’inscrit pleinement dans cette nouvelle génération de joueuses qui raisonnent leur carrière au-delà du seul aspect sportif.

Un mouvement de fond, pas un cas isolé

Le départ de Victoria Iglesias s’inscrit dans une tendance bien plus large. Ces derniers mois, plusieurs joueurs espagnols ont annoncé ou envisagé une expatriation vers les Émirats arabes unis, à commencer par Jon Sanz, qui a lui aussi confirmé son intention de s’installer à Dubaï.

Les raisons sont multiples :
calendrier international très dense,
déplacements constants,
conditions d’entraînement optimisées,
avantages fiscaux,
– et présence de structures de haut niveau.

Dans ce contexte, s’installer dans une ville-connecteur comme Dubaï permet de réduire certaines contraintes tout en conservant une exposition maximale sur le circuit.

Miami, autre pôle stratégique du padel mondial

Les Émirats ne sont pas les seuls à attirer les stars. Arturo Coello, numéro un mondial, a depuis plusieurs mois pris l’habitude de résider à Miami, confirmant l’émergence d’un autre pôle stratégique du padel international. Les États-Unis, et particulièrement la Floride, offrent une combinaison similaire : infrastructures modernes, connexions aériennes, développement commercial rapide du padel et cadre de vie attractif.

Là encore, il ne s’agit pas d’un simple déménagement personnel, mais bien d’un choix structurant dans la gestion d’une carrière au sommet.

Les Émirats renforcent aussi leur sélection nationale

Au-delà de l’accueil de joueurs étrangers, les Émirats arabes unis poursuivent une politique assumée de naturalisation sportive. Plusieurs joueurs espagnols évoluent désormais sous pavillon émirati, parmi lesquels Iñigo Jofre, Enri Goenaga, Arnau Ayats, Fran Jurado, Sergio Icardo ou encore Nacho Vilariño. Une stratégie visant à renforcer rapidement la compétitivité de l’équipe nationale, tout en accélérant la structuration locale du padel.

Dubaï, nouveau centre névralgique de l’entraînement

La montée en puissance du padel dans la région s’appuie également sur des infrastructures de pointe, comme le NAS Sports Complex, devenu un véritable centre de haute performance, fréquenté par des athlètes de nombreuses disciplines. L’installation progressive de joueurs professionnels du circuit FIP et Premier Padel renforce encore l’attractivité de la destination.

Un signal fort pour l’avenir du padel

Sans remettre en cause le rôle central de l’Espagne et de l’Argentine dans l’histoire et la formation du padel, ces mouvements traduisent une réalité nouvelle : le centre de gravité du padel mondial se diversifie. Miami, Dubaï et d’autres hubs émergents deviennent des bases de vie et de travail pour des joueurs qui raisonnent désormais à l’échelle globale.

Loin d’un simple effet de mode, cet exode progressif pose une question de fond : où se construira le padel de demain ?
Sur les pistes historiques… ou dans ces nouveaux territoires capables d’offrir aux joueurs un cadre globalement plus adapté aux exigences du très haut niveau

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.