En France, la politique de la FFT menée par l’ancienne équipe, Hubert Picquier et Bernard Giudicelli, a permis l’éclosion de nombreuses structures de padel. Mais pour une très grande majorité de ces nouveaux clubs, il s’agit d’un terrain de padel ou 2 dans les meilleurs des cas.
Cette politique a pu être bénéfique dans certains cas, mais on se rend compte qu’elle peut aussi être contre-productive et qu’elle est à l’origine d’une tension de fond grandissante dans le padel.
Analysons la situation.
La politique du maillage territorial, une bonne chose ?
En mars 2021 par exemple, la FFT comptabilisait 365 clubs de padel affiliés et habilités pour 838 terrains. Soit une moyenne par club de 2,3 terrains.
Même si nous n’avons pas réussi à comparer ce chiffre avec l’Espagne, l’Italie ou la Suède, le ratio semble faible, probablement bien en-dessous de ce que l’on peut trouver dans des pays friands de superstructures !
Un chiffre qui est en phase avec l’ancienne politique de la FFT de mettre un terrain de padel partout en France dans le cadre de son maillage territorial. Mais cette politique a peut-être ses limites et on le constate aujourd’hui.
La FFT nous offre un autre chiffre très intéressant, toujours en 2021, sur 365 clubs qui ont au moins un terrain, 240 clubs ont 2 terrains de padel ou plus. Ce qui signifie que nous avons 125 clubs avec un seul terrain, soit 34% de nos offres sur le territoire. Est-ce une bonne chose pour le padel et son développement ? C’est LA question.
Un chiffre décevant qu’il faut absolument voir baisser. Et la FFT semble l’avoir compris. Elle pourrait vouloir casser cette dynamique de mettre un terrain de padel ici ou là en aidant à la création de pôles padel plus importants. En tout cas, c’est ce que nous croyons comprendre.
Des objectifs positifs mais contradictoires
Pour 2024, l’équipe de Gilles Moretton s’est fixé comme objectif de compter 600 clubs de padel en France pour 1.500 terrains dont 500 clubs avec au moins 2 terrains de padel.
Ce qui signifie tout simplement que la FFT espère obtenir une moyenne de 2.5 terrains par club… Soit une différence de 0.2 terrains par rapport à aujourd’hui en 4 ans.
Un ratio qui paraît toujours très faible. Et un résultat en contradiction avec les ambitions de la FFT : développer de grandes offres padel, de grands pôles, des écoles de padel, capter de nouveaux publics, se rapprocher des clubs de padel privés, etc.
La FFT veut faire baisser le nombre de clubs à 1 terrain tout en augmentant la capacité en terrains de padel des clubs. Une très bonne chose, c’est pourquoi le ratio de 2.5 terrains par club pour atteindre seulement 1500 terrains de padel nous parait très faible.
En effet, en 2021, la barre des 1000 terrains de padel est officieusement déjà atteinte, et le développement du padel est censé être exponentiel. Or nous sommes déjà naturellement sur un rythme de 150 / 200 nouveaux terrains de padel par an et ce même pendant la crise sanitaire.
Comment imaginer rester sur une courbe linéaire jusqu’aux Jeux Olympiques 2024 pour atteindre 1500 terrains ?
Si nous partons sur 600 clubs en 2024 pour une moyenne de 4 terrains de padel, nous serions à 2400 terrains. Dans l’intérêt de notre sport, nous pensons que nous devons tendre vers ce chiffre qui nous parait atteignable et éviter d’avoir des terrains de padel isolés.
C’est pourquoi, pour nous, une politique de nombre de terrains de padel par club devrait être intégrée dans les objectifs de la FFT.
Aide financière à partir du 3e terrain construit
La politique de la FFT permettait aux clubs de tennis affiliés d’avoir une aide financière pour les 2 premiers terrains de padel. Sans compter les mairies qui pouvaient également aider et compléter les aides. Une politique qui rentrait dans le cadre du maillage territorial de la FFT. Mais l’effet pervers de cette politique, c’est le développement de clubs de padel avec 1 à 2 terrains de padel au point de nous retrouver aujourd’hui avec 34% de clubs avec un 1 terrain de padel. On imagine que nous dépassons la moitié des offres si on intègre les clubs avec 2 terrains.
C’est pourquoi nous proposons une nouvelle stratégie d’aide financière :
1- D’abord que cette aide soit évidemment pour tous les clubs affiliés et habilités (ou en train de l’être). Comme l’a dit à plusieurs reprises Gilles Moretton, il souhaite être le Président de tous les clubs de padel. Et on sait à quel point les clubs de padel privés se sont sentis jusque-là abandonnés par leur Fédération.
2- Enfin, que les aides financières interviennent à partir du 3e terrain de padel. Ce serait un message fort adressé à toute la communauté padel.
3- Une autre option serait une aide progressive et croissante en fonction du nombre de terrain construits avec pour adage : “Plus vous investissez, plus on vous aide”.
La conséquence directe : les subventions des deux premiers terrains de padel seraient réduites ou abandonnées.
D’accord / pas d’accord, on attend vos réactions (et vos idées également) !
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.




























































































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