Quel match au Kuwait Major ! Au terme d’une demi-finale complètement folle de 3h43, Ari Sánchez et Andrea Ustero (TS3) ont réussi à renverser Paula Josemaría et Bea González (TS2) pour s’imposer 4/6 7/6 7/6. Une victoire presque inespérée tant elles ont été dominées pendant une bonne partie de la rencontre.

Menées 6/4 3/0, avec deux breaks de retard, les Espagnoles semblaient se diriger vers une élimination en deux sets. Mais elles ont trouvé les ressources pour revenir, avant de s’offrir un troisième set complètement indécis et une nouvelle victoire face à leurs rivales.

Josemaría / González avaient le match en main

Le début de rencontre est à sens unique. Paula Josemaría et Bea González arrivent avec un plan tactique très clair : cibler Andrea Ustero et mettre Ari Sánchez au frigo.

Dans des conditions lentes, cette stratégie fonctionne parfaitement. Ustero ne parvient pas à utiliser son arme principale, le smash, commet beaucoup de fautes et subit dans sa diagonale face à Josemaría.

De son côté, Ari Sánchez touche très peu de balles, ce qui génère une certaine frustration. Quelques tensions apparaissent même entre les deux partenaires, notamment sur le banc.

Josemaría et González en profitent pour prendre rapidement le large avec un double break. Malgré une petite réaction adverse, elles concluent la première manche 6/4.

Le deuxième set repart sur les mêmes bases. La paire numéro deux continue de dominer et mène rapidement 3/0 avec deux breaks d’avance.

À ce moment-là, tout semble sous contrôle.

Ustero change complètement le match

Mais alors qu’elles sont au bord du gouffre, Sánchez et Ustero vont complètement inverser la dynamique.

La jeune Espagnole commence à retrouver son jeu, prend davantage d’initiatives et fait de plus en plus mal à la volée. Dans sa diagonale, Ustero prend progressivement le dessus sur Josemaría, avec une meilleure lecture des trajectoires et beaucoup plus de lucidité.

En face, Bea González commence à baisser en intensité, avec davantage de fautes et moins de précision. La paire numéro deux semble avoir entrevu la victoire un peu trop tôt.

Sánchez et Ustero en profitent pour effacer leurs deux breaks de retard et revenir dans le set.

La deuxième manche se décide finalement au tie-break, remporté par Sánchez / Ustero. Alors qu’elles semblaient promises à une défaite en deux sets, elles viennent de relancer complètement la rencontre.

Un troisième set irrespirable

Le scénario devient encore plus fou dans la dernière manche.

Portées par leur remontée, Sánchez et Ustero breakent d’entrée. Mais Josemaría et González réagissent, débreakent puis reprennent l’avantage.

Et une nouvelle fois, Sánchez et Ustero trouvent les ressources pour revenir.

Les deux paires se rendent coup pour coup, avec des jeux de retour souvent plus efficaces que les jeux de service. Les breaks et débreaks s’enchaînent, sans qu’aucune équipe ne parvienne à prendre définitivement le dessus.

Tout se joue finalement dans un tie-break décisif.

Et cette fois, c’est aussi physiquement que la différence se fait. Après plus de trois heures et demie de combat, Bea González semble accuser le coup, tandis qu’Andrea Ustero, avec sa qualité de main et sa lucidité, continue de trouver les bonnes solutions.

Les deux Espagnoles font finalement la différence pour conclure au bout de 3h43 de jeu.

Une victoire au mental, dans un match qu’elles auraient très bien pu perdre beaucoup plus tôt.

Une troisième finale de Major cette saison

Avec cette victoire, Ari Sánchez et Andrea Ustero se qualifient pour leur troisième finale de Major en 2026.

Elles avaient d’abord échoué en finale de l’Italy Major, avant de remporter le Paris Major à Roland-Garros.

Au Koweït, elles auront donc l’occasion d’aller chercher un deuxième titre en Major cette saison.

Une qualification d’autant plus importante qu’elles confirment leur très bonne dynamique face à Josemaría / González.

Avant cette demi-finale, les deux paires étaient à égalité avec quatre victoires chacune en huit confrontations. Grâce à ce succès, Sánchez / Ustero prennent désormais l’avantage 5-4, avec surtout trois victoires consécutives face à leurs rivales.

Elles les avaient déjà dominées en finale du Rotterdam P2 (6/4 6/4), puis du Milano P1 (7/6 6/3)

Une défaite qui va faire mal à Josemaría / González

Pour Paula Josemaría et Bea González, la déception est forcément immense.

Elles avaient parfaitement préparé leur rencontre, imposé leur plan tactique et semblaient se diriger vers une victoire en deux manches.

Mais à 6/4 3/0, elles ont laissé revenir leurs adversaires, avant de perdre progressivement le contrôle de la rencontre.

Une occasion manquée, d’autant plus frustrante dans la course à la première place mondiale, avec les 2 000 points FIP attribués aux championnes d’un Major.

À l’inverse, Sánchez et Ustero confirment leur capacité à s’en sortir dans les moments les plus compliqués. Après avoir déjà bataillé près de trois heures en quarts de finale face à Icardo / Jensen, elles viennent d’enchaîner un nouveau marathon.

Plus de six heures et demie passées sur la piste en deux matchs, mais une place en finale à la clé.

Et après un tel scénario, difficile d’imaginer meilleure manière d’aborder cette troisième finale de Major de la saison.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !