Bea González et Paula Josemaría se sont qualifiées pour la finale du Milan P1 après leur victoire face à Claudia Fernández et Martina Calvo (6/2 7/6). En conférence de presse, les deux Espagnoles sont revenues sur leur balle de match de plus de deux minutes, leurs précédentes confrontations avec cette paire et leurs objectifs pour la finale. Bea González a également évoqué son geste de fair-play lors du tournoi précédent.

Bea González : « En plus de deux minutes, on pense à tout ! »

Interrogée sur l’échange de plus de deux minutes disputé sur la balle de match, Bea González a raconté ce qui lui traversait l’esprit pendant ce point particulièrement long.

« À tout ! En plus de deux minutes, on pense à tout ! Moi, je pensais seulement à remettre une balle de plus et à ne pas faire des lobs trop courts. Parce qu’au bout du compte, quand l’échange dure aussi longtemps, on manque de forces et on s’épuise. Martina m’envoyait 80 víboras extrêmement puissantes. Je voulais juste faire des lobs longs ! »

L’Espagnole a également expliqué comment elle tentait de gérer la fatigue et de trouver des solutions avec sa partenaire.

« Et quand je n’en pouvais plus, un lob haut parallèle, pour laisser ma partenaire jouer. Il fallait travailler le point et être courageuses. »

Elle a ensuite raconté avec humour les derniers instants de cet échange.

« Quand le lob est devenu court, j’ai récité un Notre Père aussi vite que possible, pour que Paula frappe correctement ! Parce que c’est le genre de balle qui finit dans le grillage ! »

« Dès que la balle a quitté la raquette de Paula, je me suis détendue ! Et Paula, je ne sais pas ce qu’elle a pensé pendant tout ce temps, parce que moi, je défendais ! »

Josemaría : « La dernière balle est la plus importante »

Paula Josemaría a également réagi à cet échange.

« C’était un échange interminable. Sur une balle de match, on cherche à conclure, mais parfois, ce n’est pas facile. »

Pour elle, ce point illustre aussi le travail réalisé par leur paire.

« La dernière balle est la plus importante. Tout le travail accompli pendant ce point, notre persévérance, le fait d’insister et de garder confiance jusqu’au dernier smash, je pense que cela illustre le chemin que nous suivons. Et je crois que c’est le bon. »

Josemaría a également insisté sur la différence entre les résultats et le niveau de jeu.

« En ce moment, les résultats ne viennent pas toujours. Mais nous accordons beaucoup d’importance à notre niveau de jeu. Évidemment, de l’extérieur, ou pour les journalistes, on regarde surtout le résultat. Mais nous, nous regardons notre niveau. »

« Nous avons disputé des matchs que nous étions tout près de gagner face à des paires qui remportent les tournois. Donc je pense que nous sommes sur la bonne voie. Nous avons une confiance totale. Il faut continuer à travailler, car les niveaux sont très proches. »

González : « La première fois, nous ne savions pas comment les jouer »

Les deux joueuses ont également été interrogées sur leurs difficultés lors de précédentes confrontations avec Fernández et Calvo.

Bea González a reconnu que cette paire leur avait posé de nombreux problèmes.

« Je crois que nous les connaissons un peu mieux à chaque fois. C’est vrai que la première fois que nous avons joué contre elles, nous avons été prises complètement au dépourvu. Nous ne savions pas comment les jouer, ni comment elles allaient jouer. Elles nous ont largement dominées. »

Elle se souvient notamment de leur première confrontation en Afrique du Sud.

« Nous ne savions pas d’où venaient les coups ! À partir de là, il faut rester humbles, travailler, beaucoup les analyser, s’entraîner encore davantage et améliorer tout ce sur quoi elles nous dominaient. »

La joueuse espagnole a expliqué que parvenir à rivaliser avec cette paire faisait partie de leurs objectifs.

« Nous savons que si nous gagnons ces matchs, les titres finiront par arriver. Mais c’était un objectif secondaire. Le premier était de pouvoir leur tenir tête, d’être compétitives et de pouvoir les battre. »

« Même si demain nous ne gagnons pas le tournoi, et j’espère que nous le gagnerons, c’était pour nous un objectif que nous voulions atteindre. Et je crois que nous l’avons fait. »

La bague des championnes ? « Je ne le savais pas ! »

Les joueuses ont aussi découvert, au cours de la conférence de presse, qu’une bague serait remise aux vainqueurs du Milan P1.

« Je ne le savais pas ! Je savais pour le trophée, mais pas pour une bague ! »

La priorité reste néanmoins la finale.

« Nous ne sommes pas des joueuses qui pensent déjà à ce qui arrivera dans deux jours. Aujourd’hui, nous avions un match très compliqué, vu le niveau de nos adversaires. Et ce à quoi nous pensions vraiment, c’était gagner aujourd’hui. »

« Si nous pouvons soulever le trophée, nous serons extrêmement heureuses. Et sinon, nous devrons l’être aussi, car nous réalisons une grande saison. »

Bea González : « Le plus important dans le sport, ce sont les valeurs »

En fin de conférence de presse, Bea González est revenue sur son geste de fair-play lors du tournoi précédent, qui avait suscité de nombreuses réactions.

« J’essaie toujours d’être la plus honnête et la plus sportive possible, depuis mes débuts. C’est ce que mes parents m’ont appris : le plus important, dans le sport, ce sont les valeurs. Le résultat ne doit pas compter à ce moment-là. »

« Je me suis couchée avec la conscience tranquille. »

La joueuse a ensuite exprimé son souhait de voir évoluer les moyens techniques utilisés pour l’arbitrage.

« J’aimerais aussi qu’avec la croissance du padel, nous disposions d’un meilleur système de caméras, pour que les décisions ne dépendent pas seulement d’un œil humain et d’une seule caméra, car c’est très difficile pour tout le monde. »

« Il y a énormément de balles litigieuses. Et nous, nous sommes en plein match, sur la piste, avec beaucoup de nervosité. »

Elle a conclu par un appel à améliorer le dispositif vidéo.

« Je voudrais donc lancer un appel, sincèrement, avec une intention positive, car je pense que ce serait un grand progrès pour le padel. Avec toute la croissance de notre sport et le nombre de personnes qui nous suivent, pour nous, ce serait beaucoup plus simple si nous n’avions pas à décider nous-mêmes si la balle est bonne ou faute. »

Source : conférence de presse de Bea González et Paula Josemaría après leur demi-finale au Milan P1. Propos traduits de l’espagnol.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.