Ari Sánchez et Andrea Ustero poursuivent leur belle dynamique au Milan Premier Padel P1. Après leur victoire en quart de finale face à Alejandra Salazar et Aranza Osoro (6/4 6/3), la paire espagnole retrouve Gemma Triay et Delfi Brea en demi-finale.

En conférence de presse, Ari Sánchez s’est longuement exprimée sur son association avec Andrea Ustero, le potentiel encore inexploité de sa jeune partenaire, mais aussi sur ses anciennes coéquipières Paula Josemaría et Alejandra Salazar.

La joueuse espagnole a notamment fait une révélation inattendue : lorsque Andrea Ustero s’est blessée, elle a contacté Alejandra Salazar pour lui proposer de reformer leur ancienne paire, le temps d’un tournoi.

« Andrea n’est encore qu’à 50 ou 60 % de son potentiel »

La progression d’Andrea Ustero est impressionnante. Est-ce qu’elle continue à vous surprendre ?

Ari Sánchez : « Non, elle ne me surprend pas. J’ai eu énormément confiance en elle dès le début. Je savais très clairement avec qui je voulais jouer et avec qui je pouvais construire une bonne équipe. Je pense que je ne me suis pas trompée.

Je sais qu’elle possède un potentiel énorme et qu’elle n’est encore qu’à 50 ou 60 % de ses capacités. Elle a encore énormément de choses à améliorer.

Je suis très contente de son travail au quotidien, de sa progression et de tout ce qu’elle m’apporte. Elle me permet aussi de mieux jouer.

Je prends énormément de plaisir sur la piste. Je connaissais déjà Andrea comme joueuse, mais j’ai aussi découvert une personne incroyable en dehors, avec de très belles valeurs. Pour moi, c’est très important.

Je pense que cette complicité en dehors se ressent aussi sur la piste. Nous continuons toutes les deux à progresser et notre marge de progression est encore très importante. »

« Le talent ne suffit pas pour arriver au sommet »

Quel conseil donneriez-vous à une jeune joueuse qui souhaite progresser et peut-être atteindre un jour le niveau d’Andrea ?

Ari Sánchez : « Avant tout, qu’elle prenne du plaisir, qu’elle s’entoure des bonnes personnes et qu’elle travaille énormément.

Avec du talent, on peut aller loin, mais si l’on veut accomplir de grandes choses, le talent seul ne suffit pas.

Il faut beaucoup de travail, beaucoup de sacrifices et accepter de laisser certaines choses de côté.

Pour moi, le travail est le plus important. Il faut une bonne équipe, un bon entourage et surtout profiter du processus.

Les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaite. Mais c’est justement dans ces moments difficiles qu’il faut travailler encore davantage. »

Andrea Ustero et Paula Josemaría : deux joueuses vraiment différentes ?

Vous avez dominé le circuit pendant plusieurs années avec Paula Josemaría. Retrouvez-vous certaines similitudes entre la jeune Andrea Ustero et la Paula de vos débuts ?

Ari Sánchez : « Il y a quelques ressemblances, mais je pense que ce sont deux joueuses différentes.

Quand j’ai commencé avec Paula, elle avait déjà davantage d’expérience. Andrea est encore très jeune et elle a énormément de choses à apprendre.

Au début, Paula commettait peut-être un peu plus de fautes. Elle n’avait pas encore la régularité qu’elle possède aujourd’hui. Maintenant, elle joue à un niveau incroyable.

On peut donc retrouver certaines similitudes, mais elles restent très différentes, notamment en matière d’âge, de maturité et de compréhension du jeu.

Andrea a 19 ans, mais je dis toujours qu’elle est encore très jeune dans sa tête. Elle doit encore beaucoup mûrir, même si elle progresse actuellement très rapidement. »

La révélation : Ari Sánchez a appelé Alejandra Salazar

Vous avez une relation particulière avec Alejandra Salazar. Aimeriez-vous l’affronter une dernière fois à Barcelone, lors de son dernier tournoi ? Et pourquoi ne pas rejouer ensemble une dernière fois ?

Ari Sánchez : « Tout le monde sait ce que je pense d’Alejandra, ce qu’elle représente pour moi et à quel point elle a été importante dans ma carrière.

J’ai énormément appris pendant les deux années passées à ses côtés. Aujourd’hui encore, nous entretenons une excellente relation.

J’ai beaucoup de souvenirs du Master Final de Barcelone, notamment lorsque nous nous étions affrontées et que nous avions perdu la place de numéro 1. Je me souviens que cela avait été un moment très triste.

Évidemment, j’adorerais pouvoir jouer contre elle à Barcelone, pour son dernier tournoi. Ce serait quelque chose de très spécial. »

La joueuse espagnole poursuit alors avec une confidence.

« Je vais vous raconter quelque chose que personne ne sait encore.

Quand Andrea s’est blessée en Afrique du Sud, nous avons discuté avec mon équipe pour savoir ce que nous allions faire, si nous allions participer au tournoi ou non.

Alors j’ai appelé Ale. C’est la seule joueuse que j’ai contactée.

Je lui ai demandé si elle voulait jouer avec moi. Je savais qu’elle allait probablement me répondre non, parce qu’elle jouait avec Aranza et que ce serait très compliqué.

Mais je l’ai appelée et je lui ai dit : “J’adorerais rejouer avec toi, pour tout ce que cela représente. Je sais que tu vas me dire non, mais au moins je te l’aurai proposé.”

Cette possibilité a donc existé.

Évidemment, ce serait magnifique de pouvoir rejouer un tournoi ensemble. Je pense que c’est impossible, mais elle sait à quel point je l’aime et je la respecte.

Elle a toujours été une référence et elle le restera. Quand j’étais petite, je la regardais énormément jouer. Et aujourd’hui encore, je continue à la regarder parce que je trouve que c’est une joueuse incroyable.

J’espère qu’elle profite pleinement de sa dernière année dans le padel. »

« Andrea m’a rappelé le plaisir de jouer comme une enfant »

Qu’avez-vous appris personnellement depuis que vous jouez avec Andrea Ustero ?

Ari Sánchez : « Elle m’a permis de retrouver cette jeunesse, cette insouciance, le plaisir de jouer librement sur la piste.

Elle m’a rappelé l’époque où j’étais plus jeune, lorsque j’avais moi aussi quelqu’un à mes côtés qui m’apprenait des choses.

Je prends beaucoup de plaisir dans cette expérience.

Au début, je ne vais pas mentir, cela n’a pas été facile. Mais avec le temps, j’ai appris à mieux gérer certaines situations, à comprendre ce qui convenait à Andrea et ce qui ne lui convenait pas, pour essayer de l’aider davantage.

Aujourd’hui, nous traversons une belle période. Nous prenons du plaisir et nous obtenons de bons résultats.

Mais je lui répète toujours que le plus difficile commence maintenant.

Quand on gagne et qu’on enchaîne les bons résultats, réussir à maintenir ce niveau est très compliqué, surtout mentalement.

Nous avons réalisé de bons tournois, mais chaque semaine, un nouveau tournoi commence. Il faut continuer à travailler parce que toutes les paires sont très fortes.

Ce que j’ai surtout retrouvé avec Andrea, c’est le plaisir de jouer. »

Triay / Brea : « Le match se décidera sur des détails »

Vous allez de nouveau affronter Gemma Triay et Delfi Brea. Qu’est-ce qui a changé dans votre manière de les jouer ? Votre niveau a-t-il progressé ou avez-vous modifié votre tactique ?

Ari Sánchez : « Je pense qu’il y a un peu de tout.

Nous avons progressé en tant que paire, individuellement et collectivement.

Quand j’ai commencé ce projet avec Andrea, je savais que les débuts seraient un peu plus difficiles, mais aussi qu’elle continuerait à progresser avec le temps.

J’ai également progressé parce que j’ai encore beaucoup de choses à améliorer.

Aujourd’hui, nous sommes plus solides sur la piste. Nous acceptons davantage de souffrir et nous jouons mieux les moments importants.

Même lorsque les choses se passent mal, nous continuons à nous battre. Nous ne lâchons pas.

Notre dernier match contre elles a été une véritable bataille entre les quatre joueuses. Nous avons toutes terminé très fatiguées. Les deux paires avaient très bien joué et la rencontre s’était décidée sur des détails.

Demain, ce sera encore une bataille.

Nous nous connaissons énormément. Tactiquement, beaucoup de choses sont déjà claires et certains schémas de jeu se répètent.

Au final, tout dépendra de celle qui sera la plus inspirée, de la paire qui jouera le mieux les points importants.

Je suis certaine que cela se décidera encore sur des détails. »

La raquette blanche d’Ari Sánchez : « Depuis que je joue avec, je n’ai pas quitté les finales »

Vous continuez à jouer avec votre raquette blanche en édition limitée. Est-ce devenu une superstition ?

Ari Sánchez : « Il y a un peu de superstition, oui !

J’aime beaucoup répéter les choses quand elles fonctionnent.

Quand j’ai pris cette raquette pour la première fois, je l’ai adorée. J’ai immédiatement eu de très bonnes sensations.

Et surtout, depuis que je joue avec cette raquette, je n’ai pas quitté les finales.

Alors je vais continuer à jouer avec cette raquette blanche.

En plus, je la trouve magnifique. J’adore son design. Elle me convient très bien et elle me porte chance. »

Incertitudes autour des prochains tournois : « La sécurité passera avant tout »

Comment vivez-vous les incertitudes concernant les prochains tournois, notamment au Moyen-Orient ?

Ari Sánchez : « Pour être honnête, je ne suis pas très informée.

J’ai vu quelques informations, notamment concernant l’Arabie saoudite, mais nous n’en avons pas encore parlé au sein de l’équipe.

Je ne sais donc pas exactement ce qui va se passer.

J’imagine que nous prendrons la décision la plus sûre. Si la situation devient vraiment compliquée, évidemment, nous n’irons pas.

Mais les choses évoluent beaucoup d’un jour à l’autre. Il faudra rester très attentifs et je pense que nous ne saurons réellement ce qui se passera qu’au dernier moment.

J’espère que la situation s’améliorera et que nous pourrons jouer là-bas.

Il y a un Major, un Mondial et un autre P1. C’est une période très importante de la saison, avec beaucoup de choses en jeu.

J’espère vraiment que nous pourrons participer à ces tournois. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.