Seize années au sommet du padel mondial, 230 titres et une longévité exceptionnelle. Fernando Belasteguín a marqué l’histoire de son sport comme personne. Mais pour Gustavo Pratto, entraîneur d’Arturo Coello, la domination de l’Argentin ne s’explique pas uniquement par sa mentalité ou sa capacité de travail. Dans un entretien accordé à El4Set, le technicien rappelle une évidence parfois oubliée : Bela était avant tout un joueur exceptionnel.
« Pendant 13 ou 14 ans, c’était celui qui jouait le mieux »
Lorsqu’on évoque Fernando Belasteguín, les mêmes qualités reviennent souvent : sa mentalité, son exigence, son professionnalisme et cette obsession de la victoire qui lui a permis de rester numéro un mondial pendant 16 ans.
Des qualités indiscutables, mais qui ne suffisent pas à expliquer une telle domination selon Gustavo Pratto, entraîneur d’Arturo Coello, interrogé par El4Set.
« On parle de la mentalité de Bela, mais s’il a été numéro un mondial pendant 16 ans, pendant 13 ou 14 de ces années, c’était probablement celui qui jouait le mieux. Et quand tu es celui qui joue le mieux, ce n’est pas si difficile de gagner. »
Une manière de rappeler que Belasteguín n’était pas seulement un immense compétiteur, mais aussi, et surtout, un joueur techniquement et tactiquement au-dessus des autres.
Un joueur complet, capable de corriger ses faiblesses
Pour Gustavo Pratto, l’une des plus grandes forces de l’Argentin résidait dans sa capacité à progresser constamment, même lorsqu’il dominait déjà le circuit.
« Les gens oublient qu’il était incroyablement fort. C’était un joueur très complet, qui améliorait sans cesse ses défauts. »
Le technicien développe alors une philosophie qu’il applique lui-même dans son travail d’entraîneur.
« J’ai une phrase : pour devenir meilleur, il faut devenir meilleur dans ce que l’on fait le moins bien. Et c’est quelque chose de très difficile. »
Selon lui, cette démarche est même devenue plus rare dans le padel moderne, où certains joueurs ont tendance à privilégier leurs points forts plutôt qu’à travailler sur leurs difficultés.
Belasteguín, lui, cherchait constamment à gommer ses faiblesses, quitte à sortir de sa zone de confort.
Et c’est précisément cette volonté de progresser qui lui a permis de conserver une longueur d’avance sur ses adversaires pendant autant d’années.

« Il fallait changer de stratégie parce qu’il trouvait toujours une solution »
Au-delà de ses qualités techniques, l’intelligence de jeu de Belasteguín constituait une arme redoutable.
Gustavo Pratto se souvient notamment de la difficulté à préparer des rencontres contre l’Argentin.
« Il y avait des stratégies qu’on devait changer, parce qu’il trouvait toujours une solution. Il était constamment en train d’avancer et de progresser. »
Une capacité d’adaptation qui faisait toute la différence. Là où certains joueurs peuvent se retrouver bloqués face à une tactique adverse, Bela parvenait à analyser la situation, ajuster son jeu et trouver une réponse.
Cette lecture du padel lui a permis de traverser plusieurs générations, de s’adapter à l’évolution du circuit et de continuer à rivaliser avec les meilleurs jusqu’aux dernières années de sa carrière.
Il a notamment accompagné l’émergence de deux joueurs qui dominent aujourd’hui le padel mondial : Agustín Tapia et Arturo Coello, avec lesquels il a partagé la piste.

Bien plus qu’une mentalité de champion
Avec 230 titres et six championnats du monde remportés avec l’Argentine, le palmarès de Fernando Belasteguín parle de lui-même.
Mais pour Gustavo Pratto, réduire une telle carrière à la mentalité et au travail serait presque minimiser les qualités du joueur.
« Il travaillait énormément, oui, mais beaucoup d’autres joueurs travaillaient aussi. Bela n’était pas le seul. »
Et le technicien insiste sur ce qui distingue, selon lui, l’Argentin des autres grands champions.
« Pendant 16 ans, il a été celui qui jouait le mieux au padel. Pas seulement celui qui était le meilleur compétiteur ou celui qui travaillait le plus. »
Une déclaration qui remet en perspective l’héritage de Fernando Belasteguín. Si sa mentalité et sa longévité ont fait sa légende, c’est aussi parce qu’il possédait une qualité de jeu et une intelligence tactique exceptionnelles.
Bela n’a pas dominé le padel pendant seize ans uniquement parce qu’il voulait gagner plus que les autres. Il l’a aussi dominé parce qu’il savait, tout simplement, mieux jouer qu’eux.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !


































































































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