Entraîneur de renom dans le padel professionnel et ancien joueur de haut niveau, Gustavo Pratto s’est confié au média La Casa del Padel depuis le centre d’entraînement de la Gustavo Pratto Academy, basée à Valladolid, son académie de padel.
Ses débuts d’entraîneur et de joueur
Ancien joueur professionnel, Gustavo Pratto a toujours porté la double casquette d’entraîneur-joueur :
“En 1985-1986, je donnais déjà des cours. Il y avait beaucoup de tournois, il fallait trouver de l’argent pour pouvoir y participer, alors j’ai commencé à donner des cours.”
Il commence donc très tôt, autour de 15 ans, avec une première opportunité à Quilmes en Argentine, où deux entraîneurs avaient monté une école pour les jeunes.
“J’avais alors 16 ou 17 ans, et je suis entré dans cette école. Je donnais des cours à des enfants, et j’ai tout de suite beaucoup aimé ça. Au début, mon idée c’était : ‘J’aime entraîner les enfants, et je fais payer les adultes’. Mais très rapidement, j’ai vraiment aimé ça, et ça m’a toujours plu.”
Premiers pas au padel professionnel
C’est après avoir raccroché les crampons de football que Gustavo Pratto découvre le padel, une décision qui entraînera une relation compliquée avec son père.
“J’ai commencé à jouer au padel avec des amis, je l’ai découvert à 11 ou 12 ans, et depuis ce jour-là, j’ai pratiquement joué tous les jours.”
À l’époque, le padel n’avait ni la médiatisation ni les infrastructures d’aujourd’hui. Les joueurs se formaient souvent par eux-mêmes.
“Nous étions une génération autodidacte. J’ai appris en imitant des amis, en jouant contre eux. C’était la plus belle époque du padel pour moi, entre 16 et 17 ans. Mon meilleur ami, Hernán Cañete, avait 26 ans. Ils étaient d’anciens tennismen, et je me suis incrusté dans ce groupe. C’est comme ça que j’ai progressé.”
Une mentalité qu’il cherche aujourd’hui à transmettre :
“Le fait de tout faire seul m’a forgé un caractère, une capacité à me sacrifier. Et je pense que c’est ce qui manque parfois aux jeunes d’aujourd’hui.”
Sa carrière professionnelle lui permet de se forger en tant qu’entraîneur :
“J’ai été classé parmi les 10 meilleures paires pendant environ 20 ans. Mon meilleur classement, c’était 4e paire mondiale en 1998 et 2006. J’ai joué contre les meilleurs, même si je les ai rarement battus, mais j’ai beaucoup appris d’eux. Et cela m’a enrichi en tant qu’entraîneur.”
Academy Pratto : un projet à Valladolid
Retraité depuis 2013, Pratto se consacre désormais à 100 % à son rôle d’entraîneur, à travers son académie et sur le circuit professionnel.
“Quand j’étais en Argentine, j’avais une bonne vie à Quilmes. Mais avec la dévaluation, travailler en Europe valait la peine. Je suis allé à Saint-Sébastien, puis à Santander. Mais comme les tournois étaient à Madrid ou dans le Sud, c’était compliqué. Une de mes ex-copine, de Santander, est venue étudier à Valladolid. J’ai connu des gens ici en 2006, et j’ai commencé à y travailler. Je me suis installé, j’ai eu ma fille ici. Tant qu’elle n’aura pas 18 ans, je resterai ici. J’adore la tranquillité ici, tout est proche, c’est paisible.”
Alors que la majorité des académies et joueurs professionnels s’installent à Madrid ou Barcelone, Pratto choisit de poursuivre son aventure à Valladolid.
“Mon idée avec mon ex était de partir à Barcelone, c’est une ville pratique pour les voyages. Mais on s’est séparés, alors je suis resté. Finalement, on a créé une académie internationale ici, avec 35–40 personnes de partout dans le monde qui viennent s’entraîner. Je suis très content. Ici, les coûts sont moindres, j’ai pu monter mon équipe facilement.”
Son rôle d’entraîneur
Gustavo Pratto dirige actuellement près de 40 joueurs professionnels répartis sur les circuits FIP, Premier Padel et A1 Padel. Un engagement conséquent qu’il équilibre avec sa vie de famille :
“Ce que je préfère faire, c’est donner des cours de padel. Quand il s’agit de ma fille, je vais à la moitié des tournois. Je vais moi-même, et parfois, un autre entraîneur comme Martín Canali, ou quand joue Alejandra Alonso ou Caldera Goenaga, un autre entraîneur les accompagne. Quand ma fille est là, je ne voyage pas. C’est une semaine sur deux. Ce que j’aime vraiment, c’est donner des cours, être dans mon club et entraîner.”
Quelle est sa clé pour gérer autant de talents en parallèle ?
“Je pense que la différence réside dans l’entraînement quotidien. Ce qui est important, ce n’est pas d’exiger trop lors de la compétition, mais de s’assurer que tout ce que l’on exige en compétition a été travaillé. […] On travaille pour que toutes les options soient entraînées. Cela permet au joueur de ne pas être surpris quand je lui demande quelque chose.”
Il arrive aussi que des joueurs ou joueuses de l’académie s’affrontent. Un moment délicat à gérer :
“C’est toujours difficile quand une joueuse de l’académie doit affronter une autre et que tu dois la coacher contre elle. C’est une situation très inconfortable, mais je minimise son importance. La vérité, c’est que je pense que l’entraînement est plus déterminant que le coaching le jour du match. Pour moi, l’entraînement quotidien est la clé.”
Tapia / Coello : vers une nouvelle saison record ?
Le duo Agustín Tapia et Arturo Coello, coaché notamment par Pratto, a débuté la saison en remportant le Riyadh P1. Ils ont ensuite atteint les demi-finales à Miami, avant une élimination en huitièmes à Santiago, face à Cardona / Augsburger. Des résultats en deçà de leurs attentes sur les deux derniers tournois, partiellement liés à une blessure de Tapia :
“Ils ont une dynamique très forte, mais la blessure d’Agustín a perturbé cette dynamique. Ils ont un grand potentiel, mais parfois des périodes difficiles peuvent arriver. Le travail est important pour revenir à un niveau élevé. Pour l’instant, je suis confiant qu’ils vont rebondir.”
La saison dernière, Tapia et Coello avaient réalisé une saison record avec 15 titres et 47 victoires consécutives. Peuvent-ils répéter l’exploit ?
“Je ne veux pas me fixer trop sur les statistiques comme les victoires, mais leur capacité à se surpasser en compétition est incroyable. Ils savent comment gérer la pression et garder leur calme. Chaque match est un nouveau défi.”
Le prochain défi s’annonce important pour la paire Tapia / Coello et pour Gustavo Pratto avec le Qatar Major.
Grand passionné de sport et ancien tennisman, j’ai découvert le padel il y a quelques années sans m’y attarder vraiment. Puis je suis devenu accro à ce sport en le pratiquant et en regardant les matchs de premier padel. Hâte de vous partager les actus 2025 !





































































































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