Aimar Goñi et Edu Alonso poursuivent leur parcours remarquable au Kuwait Major 2026. Les deux Espagnols ont créé la surprise en dominant Franco Stupaczuk et Jon Sanz (6/1 6/2) en quart de finale. Une victoire convaincante qui leur ouvre les portes des demi-finales d’un tournoi Major de Premier Padel.
En conférence de presse, les deux joueurs sont revenus sur leur performance, leur progression et les exigences du circuit professionnel. Edu Alonso s’est notamment livré sur le travail mental, la confiance en soi et les séparations de paires devenues fréquentes dans le padel. De son côté, Aimar Goñi a évoqué sa sélection avec l’Espagne pour le Mondial et les responsabilités qui accompagnent son ascension.
Edu Alonso : « On ne tolère plus les mauvaises périodes »
Question : Tu es reconnu comme l’un des joueurs qui travaillent le plus sur le circuit. Quelle importance accordes-tu à une victoire comme celle-ci après les moments difficiles traversés cette saison ?
Edu Alonso : « C’est très important. Parfois, quand les résultats ne viennent pas, on ressent de la frustration, de la déception et beaucoup de tristesse. Ça fait mal quand les choses ne fonctionnent pas.
Mais je pense que plus on apprend à supporter cette frustration, les mauvais résultats et les périodes difficiles, plus on finit par en sortir avec une véritable confiance en soi.
Ces petites victoires sont importantes, mais au fil de sa carrière, on doit apprendre à en avoir de moins en moins besoin pour retrouver confiance.
Cette victoire m’aide énormément, mais mentalement, je ne me considère pas comme un moins bon joueur simplement parce que j’ai traversé une mauvaise série cette année. »
L’Espagnol poursuit avec une réflexion sur une tendance du circuit professionnel : la multiplication des changements de partenaires après quelques mauvais résultats.
« Je pense qu’on a pris de mauvaises habitudes : on ne tolère plus les mauvaises périodes.
Pourquoi ? Parce qu’à la moindre mauvaise série, les paires se séparent.
On dramatise quelque chose qui est bien plus courant qu’il n’y paraît. En réalité, les seules paires qui n’ont presque pas de mauvaises périodes sont celles qui restent ensemble. Elles en traversent aussi, mais elles durent moins longtemps.
Je ne veux pas banaliser la défaite. Absolument pas. Je veux simplement comprendre que je n’ai pas besoin d’une victoire pour avoir confiance en moi.
Ma confiance vient du travail effectué en amont, des heures d’entraînement pendant la semaine, bien plus que du fait de gagner ou de perdre. C’est la clé. »
« J’ai appris à repérer mes pensées négatives » : le travail mental d’Edu Alonso
Question : Tu as souvent évoqué ton travail psychologique. Qu’est-ce qui a changé dans ta manière d’aborder les matchs ?
Edu Alonso : « Ce que je retiens avant tout, ce sont toutes les pensées que j’ai eues aujourd’hui.
Une partie de notre bon niveau dans ce tournoi, et plus généralement, vient de nos pensées. Ce sont elles qui nous aident à mieux jouer.
J’ai appris à m’observer. J’ai appris à voir quand je tombe dans une spirale de pensées négatives, à les repérer, même si parfois c’est difficile.
Et j’ai appris à renforcer les pensées positives. C’est le plus compliqué.
Mais avoir réussi à écarter celles qui me faisaient du mal m’a beaucoup aidé à changer et à renforcer celles qui me font du bien. »
Pour le joueur espagnol, la préparation mentale ne se limite pas aux quelques minutes précédant une rencontre.
« Cette année, j’ai compris que notre niveau de jeu sur le terrain est très influencé par la quantité de pensées négatives ou positives que nous avons pendant la journée.
C’est pourquoi il faut parfois rester concentré et essayer de penser au maximum à progresser, tout en trouvant un équilibre.
Moi, parfois, j’en fais trop, mais j’aime ça. J’aime vraiment être concentré et penser au padel. »
Edu Alonso : « J’ai essayé de me convaincre que je n’avais rien à perdre »
Question : Quelles pensées positives t’ont particulièrement aidé pendant ce quart de finale ?
Edu Alonso : « J’appelle pensées positives celles qui sont liées au padel, à la façon de jouer et à ce qui m’aide à gagner.
Ce qui m’importe le plus, c’est la manière de frapper mon coup droit et mon revers. Il ne s’agit pas tant de contrôler les bonnes pensées que de repérer les pensées négatives.
Aujourd’hui, j’ai réussi à me libérer d’une bonne partie de la pression.
J’ai essayé de me mentir à moi-même. Je le fais souvent, car la situation est délicate : la saison se termine et je suis dans une position particulière au classement, avec des enjeux importants.
Alors j’ai essayé de me convaincre que les adversaires étaient bien meilleurs que moi, que je n’avais absolument rien à perdre et beaucoup à gagner.
Je crois que c’est cette pensée qui m’a le plus aidé à exprimer tout mon jeu.
Car si j’avais pensé à la réalité, je ne serais peut-être pas ici aujourd’hui. »
Question : Et tu utiliseras la même méthode demain ?
Edu Alonso : « Bien sûr ! Je crois que ça ne fait aucun doute ! »
Aimar Goñi : « Le travail porte ses fruits »
Question : À seulement 20 ans, tu es passé des qualifications aux grandes affiches du circuit Premier Padel et tu vas participer au Mondial avec l’Espagne. Comment gères-tu cette progression ?
Aimar Goñi : « Je le vis très bien. Je suis très content, très heureux de voir que je progresse en tant que joueur et que mes objectifs et mes rêves se réalisent.
C’est vrai qu’il y a des nuits où l’incertitude empêche de dormir.
Par exemple, avant de connaître la sélection, j’étais un peu nerveux.
Mais finalement, le travail porte ses fruits. Je l’ai prouvé et j’ai très envie de continuer à progresser. »
Le jeune Espagnol a également été interrogé sur les débats entourant sa sélection en équipe nationale.
« Je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup en dehors du terrain.
Je pense que c’est ce qu’il faut le moins faire. C’est sur le terrain qu’on montre son niveau.
Nous avons traversé des moments difficiles, mais j’ai montré un niveau qui mérite une place en sélection, avec des matchs comme celui d’aujourd’hui.
Je n’ai rien d’autre à ajouter. »
Goñi et le Mondial : « Quand on porte le maillot de son pays, on devient un joueur différent »
Question : Tu as déjà battu Franco Stupaczuk à Asunción avec Mike Yanguas, et tu viens de le battre à nouveau. Ces victoires peuvent-elles te donner un avantage si tu le retrouves au Mondial ?
Aimar Goñi : « Dans le cas où cette confrontation aurait lieu, je pense qu’un peu, oui.
Mais il est clair que les Espagnols comme les Argentins, quand nous portons le maillot de notre pays, nous devenons des joueurs différents.
Nous nous battons pour notre pays, pas seulement pour nous-mêmes et notre équipe habituelle.
Et je pense qu’à ce niveau, la tactique et la technique passent au second plan. Le pays compte bien davantage.
Je ne crois donc pas que cela m’avantagerait complètement.
Mais Franco a évidemment eu une carrière extraordinaire, qui continue, et c’est un joueur incroyable. »
Avec qui Aimar Goñi aimerait-il jouer en équipe d’Espagne ?
Question : Edu Alonso possède un profil de joueur de droite assez classique. Avec quel autre joueur espagnol penses-tu être le plus complémentaire pour le Mondial ?
Aimar Goñi : « En termes de style de jeu, je pense qu’avec Mike Yanguas ou avec le Lobo, Juan Lebrón, c’est avec eux que je pourrais le mieux m’entendre.
Mais les deux autres options sont Arturo Coello et Jon Sanz.
Alors cela m’est complètement égal. Je suis absolument certain qu’avec n’importe lequel, celui qui sera à mes côtés jouera très bien.
Ce sera à moi d’apporter quelque chose au partenaire qui m’accompagnera. »
Edu Alonso : « Je veux rester dans le top 8 »
Question : Aimar attire souvent les regards grâce à son jeu spectaculaire. Quelle importance accordes-tu à ton propre travail, parfois moins visible pour le public ?
Edu Alonso : « J’apprécie beaucoup les avis positifs, sur Aimar comme sur moi.
Mais je ne m’attarde pas sur le fait que les gens disent du bien ou du mal de moi, car au fond, cela ne m’aide pas à progresser.
Ce qui m’importe le plus, c’est de bien jouer.
Au-delà de la victoire, je veux pouvoir montrer tout ce que je travaille à l’entraînement.
Je me considère comme un joueur qui s’entraîne beaucoup, mais dans les moments importants, j’ai parfois du mal à montrer le jeu dont je suis capable.
J’aimerais vraiment rester dans le top 8 et afficher régulièrement ce niveau.
Je crois que notre façon de travailler est ce qui me donne le plus confiance pour continuer à gagner. »
Alonso souligne également l’importance de la reconnaissance dont bénéficie son partenaire.
« Je suis très content pour Aimar que les gens l’apprécient autant. Je pense que ça l’aide beaucoup, et si ça l’aide, ça aide notre paire. »
Goñi / Alonso face à Tello / Arce pour une place en finale du Kuwait Major
Cette victoire face à Franco Stupaczuk et Jon Sanz (6/1 6/2) confirme la progression d’Aimar Goñi et Edu Alonso, têtes de série numéro 11 du tournoi.
Les deux Espagnols retrouveront en demi-finale Juan Tello et Maxi Arce, têtes de série numéro 9, également auteurs d’un très beau parcours au Koweït.
La rencontre est programmée vendredi 30 octobre, pas avant 16 heures au Koweït, soit 14 heures en France métropolitaine.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.





































































































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