À Rome comme au Koweït, Paula Josemaría et Bea González ont remporté la première manche. Dans les deux rencontres, elles ont ensuite obtenu plusieurs occasions de conclure. Le résultat demeure pourtant le même : deux tie-breaks gagnés par Ari Sánchez et Andrea Ustero, puis une qualification qui leur échappe.

Les scores ne sont pas parfaitement identiques. Sánchez–Ustero se sont imposées 5/7 7/6 7/6 à l’Italy Major, puis 4/6 7/6 7/6 au Kuwait Major. Mais la répétition du scénario pose une question : comment Josemaría–González peuvent-elles prendre autant d’avance sans parvenir à fermer ces rencontres ?

À Rome, quatre balles de match ne suffisent pas

La demi-finale de l’Italy Major dure 4 h 12, un record sur le circuit Premier Padel. Josemaría et González remportent le premier set 7/5 puis obtiennent quatre balles de match : deux à 6-5 dans la deuxième manche, une à 8-7 dans le tie-break suivant et une dernière à 6-5 dans le tie-break décisif.

Aucune n’est convertie. Sánchez et Ustero remportent les deux jeux décisifs, 10-8 puis 8-6.

L’écart statistique est presque aussi réduit que le score. Sánchez–Ustero gagnent 129 points contre 123. Elles remportent 58 % des points joués derrière leur service, contre 55 % pour leurs adversaires, et 45 % des points au retour, contre 42 % pour Josemaría–González.

Sur plus de quatre heures, six points séparent donc les deux paires. La rencontre ne révèle pas une domination générale de Sánchez–Ustero. Elle montre surtout leur capacité à rester en vie lorsque le match aurait pu leur échapper à plusieurs reprises.

Au Koweït, une avance encore plus nette

Quatre mois plus tard, Josemaría–González semblent avoir construit une victoire plus confortable.

Elles mènent 5-1 dans le premier set avant de le conclure 6/4. Elles prennent ensuite une avance de 3-0 dans la deuxième manche, avec deux breaks. Même après le retour de Sánchez–Ustero, elles retrouvent une occasion de conclure en servant pour le match à 5-4.

Le jeu de service est perdu. Le tie-break commence pourtant par trois points consécutifs en leur faveur. Là encore, cet avantage ne résiste pas : Sánchez–Ustero gagnent le jeu décisif 7-5.

La troisième manche reproduit la même instabilité. Josemaría / González parviennent notamment à mener 4-2, mais ne conservent pas leur break. Le match rejoint un nouveau tie-break. Sánchez / Ustero prennent cette fois une avance de 4-1. Leurs adversaires reviennent à 4-4, avant de perdre les trois derniers points.

Après 3 h 44, Ari Sánchez et Andrea Ustero s’imposent 4/6 7/6 7/6. Josemaría–González n’ont pas obtenu de balle de match comme à Rome, mais elles ont successivement laissé disparaître un double break, un jeu de service pour conclure et une avance de 3-0 dans le tie-break.

Cinq tie-breaks, tous remportés par Sánchez / Ustero

La tendance dépasse ces deux demi-finales.

Les deux paires se sont affrontées neuf fois en 2026. Sánchez / Ustero mènent désormais cinq victoires à quatre. Surtout, elles ont remporté les cinq tie-breaks disputés dans ce face-à-face : deux à Rome, un lors de la finale de Milan et deux au Koweït.

Cette série ne prouve pas l’existence d’un plan tactique unique. Un tie-break concentre peu de points et laisse davantage de place à la qualité d’une décision, à une faute directe ou à une bonne première volée. Mais un bilan de cinq jeux décisifs à zéro finit par constituer une tendance.

Sánchez–Ustero n’ont pas nécessairement besoin de contrôler l’ensemble du match. Elles parviennent à rester suffisamment proches pour replacer leurs adversaires dans une situation où chaque choix compte davantage.

C’est précisément dans cette zone que le rapport de force s’inverse.

Le plan initial de Josemaría / González fonctionne

Ces deux défaites ne montrent pas une paire sans solution. Au contraire, Josemaría et González ont remporté la première manche lors des deux matchs. À Rome, elles se sont procuré quatre balles de match. Au Koweït, elles ont mené 6/4 3-0 avec deux breaks.

Leur problème apparaît après la réaction adverse.

Lorsque Sánchez et Ustero réduisent l’écart, Josemaría / González ne parviennent plus à recréer durablement les conditions qui avaient produit leur avance. Les séquences à comparer sont claires : les jeux disputés à 6-5 dans le deuxième set à Rome, le service pour le match à 5-4 au Koweït, puis les cinq tie-breaks de leur saison.

Un problème mental ou une question de choix ?

La répétition peut inviter à parler de blocage mental. Cette conclusion serait trop rapide.

Après la défaite de Rome, Josemaría / González avaient battu Sánchez / Ustero 6/4 6/2 en finale à Valladolid. Elles ont donc déjà montré qu’elles pouvaient répondre à cette paire après avoir perdu quatre balles de match.

La dynamique récente est toutefois différente. Sánchez / Ustero ont remporté leurs trois dernières confrontations : 6/4 6/4 à Rotterdam, 7/6 6/3 à Milan, puis cette nouvelle victoire en trois sets au Koweït.

Le problème de Josemaría / González ne réside probablement pas dans leur capacité à construire un plan efficace. Elles l’ont fait pendant une grande partie des deux matchs étudiés. Leur prochain chantier consiste à conserver la même précision lorsque Sánchez / Ustero survivent aux premières occasions et les obligent à gagner une nouvelle fois la rencontre.

À Rome, quatre balles de match n’avaient pas suffi. Au Koweït, un double break et un service pour conclure n’ont pas davantage permis de fermer la porte.

Sánchez et Ustero ne dominent pas nécessairement chaque confrontation. Mais lorsqu’elles parviennent à rester dans le match jusqu’aux derniers points, ce sont encore elles qui prennent les décisions décisives, et surtout qui jouent selon l’essence même du padel : ne pas craquer et en remettre une de plus.

Antoine Tricolet

J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.