Delfi Brea et Gemma Triay poursuivent leur parcours au Kuwait Major 2026. Qualifiées pour les demi-finales, les deux joueuses restent engagées dans la course à la première place mondiale, alors que la saison entre dans sa dernière ligne droite. En conférence de presse, l’Argentine a évoqué ses ambitions, les récentes difficultés de sa paire et le prochain Championnat du monde de padel, où elle pourrait retrouver sa partenaire habituelle dans le camp adverse.

Entre la pression du classement, les exigences physiques de la fin de saison et les retrouvailles à venir avec la sélection argentine, Delfi Brea affiche une ligne de conduite claire : se concentrer sur le travail quotidien plutôt que sur les calculs.

« J’espère qu’on finira numéros 1 mondiales »

Question : Avec plusieurs paires encore en lutte pour la première place mondiale, comment abordes-tu cette fin de saison ?

Delfi Brea : « Personnellement, j’essaie surtout de faire de mon mieux et d’obtenir les meilleurs résultats possibles. Je sais que le classement est une addition de points qui dépend des résultats. »

« Plutôt que de me mettre la pression, je ne regarde pas beaucoup le classement. Si tu me demandes notre total, je n’en ai aucune idée, je suis complètement perdue ! »

« Je préfère me concentrer sur mon quotidien et mon équipe, sur ce qu’on peut améliorer. Cette fin d’année est difficile. Beaucoup de paires jouent très bien et il faut aussi reconnaître le mérite des autres. »

La joueuse argentine souligne notamment la densité du circuit féminin, où plusieurs associations sont désormais capables de remporter les plus grands tournois.

« Quand quatre paires gagnent des tournois, c’est que quatre paires jouent très bien. Cela fait progresser notre sport. »

Avant d’assumer son ambition :

« Égoïstement, bien sûr, j’espère qu’on finira numéros 1, qu’on terminera l’année comme on le souhaite. Mais sinon, ce sera quand même une grande année, car elle a été très difficile. »

Quatre demi-finales perdues : « On n’aime pas ça »

Question : Après plusieurs éliminations en demi-finales, envisagez-vous de changer quelque chose pour retrouver une finale ?

Delfi Brea : « Il y a toujours des choses à corriger. On reste sur trois demi-finales perdues, quatre avec Paris. On n’aime pas ça, on n’est pas satisfaites. »

« On veut toujours plus, aller chercher ce petit supplément que nous pouvons apporter. »

Pour l’Argentine, la solution passe notamment par une meilleure entame de match et une capacité à imposer leur jeu dès les premiers échanges.

« Demain, l’idée est de le faire dès le début. Je pense qu’on peut mieux le faire. Ce sera un match différent de ceux que nous avons disputés récemment. C’est une revanche que nous avons très envie de jouer. »

Une revanche attendue face aux meilleures paires du circuit

Question : Aurais-tu aimé retrouver Andrea Ustero pour prendre ta revanche après vos dernières défaites ?

Delfi Brea : « Je pense qu’il y a de la place pour tous les matchs. C’est bien aussi de renouveler un peu les demi-finales et d’avoir des affiches différentes. »

« Pour nous, peu importe, car notre objectif est de gagner demain, quelle que soit la paire en face. »

« C’est vrai que contre Ari et Andrea, on a perdu plusieurs fois récemment, donc ce match est particulièrement dans notre viseur. On sait très bien ce qu’il faut changer. Mais on préparera le match de demain pour faire mieux qu’à Paris. »

Mondial de padel : Delfi Brea pourrait retrouver le côté gauche

Question : Lors du précédent Mondial, tu avais joué à gauche. T’es-tu préparée à retrouver cette position avec l’Argentine ?

Delfi Brea : « En réalité, je me suis peu entraînée à gauche. Je le disais à l’équipe avant de venir : je me disais que j’aurais dû m’entraîner un peu plus. Mais on a fait ce qu’on a pu. »

La joueuse explique toutefois avoir anticipé cette éventualité en observant attentivement sa partenaire habituelle.

« J’ai suivi de près les corrections faites à Gemma. Je l’observe énormément, je l’ai étudiée dans les moindres détails, au cas où je devrais jouer à gauche. »

« La semaine est longue et c’est bien, car dès le début, je pourrai m’entraîner du côté dont l’équipe aura besoin. »

« J’essaierai de donner ma meilleure version, de retrouver mes sensations et de revoir des vidéos de l’année où je jouais beaucoup à gauche. C’était plus facile, car j’avais de bons automatismes. Maintenant, j’ai presque tout oublié et il faut que je retrouve ces repères si l’équipe le demande. »

Gemma Triay, partenaire au quotidien et adversaire au Mondial

Question : Avec Gemma Triay, parlez-vous déjà du Mondial, où vous pourriez vous retrouver adversaires ?

Delfi Brea : « Si, bien sûr, on en parle ! De tout, du quotidien, de nos équipes. Je la taquine un peu, elle me taquine aussi. C’est une situation drôle et amusante. »

« Après, à Dubaï, on reparlera de ce qui se sera passé au Mondial et on verra où on en est. Mais tout va bien. »

Malgré la rivalité sportive entre l’Argentine et l’Espagne, Delfi Brea assure vivre cette compétition comme un moment privilégié.

« On adore jouer en équipe, avec tout un groupe derrière nous. On profite énormément de toute cette semaine. Personnellement, c’est ma semaine préférée dans mon métier. »

Argentine – Espagne : « Que vienne celle qui doit venir ! »

Question : Quelle joueuse espagnole ne voudrais-tu surtout pas affronter au Mondial ?

Delfi Brea : « Ouf ! Je n’en ai pas une en particulier. Que vienne celle qui doit venir, il faudra se battre jusqu’au bout. »

« Je les affronte déjà toute l’année, alors si je dois en plus en choisir une, je vais mourir ! »

Au-delà de la rivalité entre les deux grandes nations du padel féminin, l’Argentine rappelle que d’autres sélections progressent.

« Il faut d’abord bien construire notre équipe et réussir une bonne semaine, car beaucoup de pays jouent très bien et disposent d’excellentes joueuses. »

« L’Italie a désormais une joueuse qui atteint souvent les quarts, voire les demi-finales. Caro aussi joue très bien. Beaucoup d’équipes vont nous donner du fil à retordre. Il faudra avancer jour après jour. »

Kuwait Major : Brea / Triay face à Jensen / Araújo en demi-finale

Question : Vous allez affronter Martina et Claudia, qui n’ont pas encore joué sur le court central. Vous considérez-vous comme les grandes favorites ?

Delfi Brea : « Non, je crois que tout peut changer très vite. Nous sommes toutes passées par là. »

« Il y a toujours ce handicap de ne pas avoir joué sur le central. Mais elles s’y entraîneront le matin et seront adaptées l’après-midi. »

« Ce sont de très bonnes joueuses, elles s’adapteront vite à toutes les conditions. Je pense que demain, ce sera un match très équilibré et très beau. On a vraiment hâte ! »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.