59 minutes, deux sets et une nouvelle démonstration. Arturo Coello et Agustín Tapia n’ont laissé aucune chance à Fran Guerrero et Javi Leal en quart de finale du Premier Padel Milan P1 2026, s’imposant 6/2 6/2 pour rejoindre les demi-finales.

En conférence de presse après cette victoire, les numéros 1 mondiaux sont revenus sur leur niveau de jeu, leur domination actuelle et leur rivalité avec Alejandro Galán et Federico Chingotto. Ils ont également évoqué leurs choix de partenaires pour le Mondial et le talent de Juani de Pascual.

Une domination impressionnante, mais pas définitive

La question leur a été directement posée : assistons-nous à la meilleure version de la paire Coello / Tapia ? Leur supériorité face à des adversaires pourtant capables de les inquiéter est devenue l’un des grands sujets du circuit.

La réponse des numéros 1 reste mesurée.

« Une année connaît beaucoup de phases. Les saisons ont leurs bons et leurs mauvais moments. Nous traversons actuellement une bonne période, avec de bons tournois. Cela ne veut pas dire que demain nous jouerons de la même manière. »

Les deux joueurs mettent notamment en avant la confiance accumulée grâce aux victoires successives. Remporter plusieurs tournois, multiplier les matchs et retrouver régulièrement les mêmes sensations leur permet d’évoluer avec davantage de sérénité.

Mais ils connaissent aussi la fragilité de cet équilibre.

« Nous essayons de prolonger ces sensations et ce niveau le plus longtemps possible. »

Un discours qui contraste avec l’impression de facilité qu’ils peuvent parfois dégager sur la piste.

Le véritable secret : savoir gagner même sans être à 100 %

Au-delà de leur niveau de jeu, une autre question se pose : comment tenir un tel rythme, aussi bien physiquement que mentalement ?

Avec l’enchaînement des tournois, des demi-finales et des finales, Coello et Tapia doivent gérer une accumulation de matchs particulièrement exigeante.

Ils insistent sur le rôle essentiel de leur entourage.

« Quand on manque un peu de ressources physiques, notre équipe est là. Quand on manque un peu de ressources psychologiques, elle est là aussi. »

Mais c’est surtout une autre déclaration qui résume leur force actuelle.

« Nous avons su gagner des matchs sans forcément nous sentir au mieux. Et ça, ça vaut vraiment le double. »

Voilà peut-être ce qui distingue aujourd’hui les numéros 1 de leurs poursuivants : leur capacité à gagner même lorsqu’ils ne produisent pas leur meilleur padel.

Galán / Chingotto : Coello et Tapia ne croient pas à une bataille terminée

La rivalité avec Alejandro Galán et Federico Chingotto reste évidemment au centre des discussions.

Interrogés sur les déclarations de Galán, qui estimait voir la première place à la Race très loin, les leaders du classement ont refusé de considérer la bataille comme terminée.

Ils envisagent même que ces propos puissent correspondre à une manière de gérer la pression.

« Cela peut aussi être une stratégie. Il l’a peut-être dit pour relâcher une pression dont il avait besoin de se libérer. »

Avant de revenir à un élément plus concret :

« Moi, je crois aux chiffres. Les chiffres montrent qu’ils sont toujours dans la lutte, et sérieusement. »

Un message clair : malgré leur dynamique actuelle, Coello et Tapia ne sous-estiment absolument pas Galán et Chingotto.

Leur priorité reste de maintenir leur niveau et de continuer à remporter les matchs qui se présentent à eux.

Mondial : Tapia choisirait Chingotto ou Maxi Arce, Coello pense à Coqui ou Galán

La conférence de presse a également offert un échange plus original autour du championnat du monde de padel.

Le scénario proposé est simple : une finale entre l’Espagne et l’Argentine, un match partout, et une dernière rencontre décisive à disputer.

Agustín Tapia, sous les couleurs argentines, et Arturo Coello, avec l’Espagne, devraient alors choisir leur partenaire.

Du côté argentin, Tapia cite deux possibilités :

« Chingo ou Maxi Arce, s’il n’a pas encore joué. »

Coello répond de son côté :

« Coki (Nieto) ou Galán. »

Des réponses qui offrent un aperçu intéressant de leur regard sur les joueurs capables de répondre présent dans une rencontre à très haute pression.

Et surtout, une perspective assez savoureuse : voir les deux partenaires habituels devenir adversaires lors d’un match décisif entre leurs sélections nationales.

Tapia : « Sans travail, tu ne peux pas arriver au sommet et y rester »

Souvent présenté comme l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération, Agustín Tapia a également été interrogé sur la place du talent naturel dans sa réussite.

Sa réponse rappelle que le très haut niveau ne repose pas uniquement sur les qualités techniques.

« Le talent peut t’aider à atteindre des endroits que tu n’atteindrais pas autrement. Mais sans travail, tu ne peux pas arriver au sommet et y rester plusieurs années. »

L’Argentin reconnaît sa chance, tout en soulignant l’importance de sa détermination quotidienne.

« Je remercie Dieu pour le talent qu’il m’a donné, mais aussi pour l’envie de travailler chaque jour pour réaliser mes rêves. »

Une manière de rappeler que derrière les coups spectaculaires et la facilité apparente se cache une exigence permanente.

Juani de Pascual, un talent qui impressionne Tapia

Autre sujet abordé : la progression de Juani de Pascual, associé à Javi Garrido.

Après leur victoire face à Paquito Navarro et Martín Di Nenno, cette paire a attiré l’attention des observateurs.

Tapia ne cache pas son admiration pour le jeune Argentin.

« Juani est un garçon jeune, avec un talent incroyable. Je crois que nous aimons tous sa façon de jouer. »

Il souligne également la complémentarité de cette association, estimant que Juani a redonné à Garrido l’envie de se battre et de rivaliser avec les meilleures paires.

Et lorsqu’on lui demande si l’association d’un droitier et d’un gaucher constitue désormais une clé du padel moderne, Tapia nuance.

Pour lui, l’essentiel n’est pas nécessairement la main dominante des joueurs, mais leur capacité à s’adapter aux différentes conditions de jeu et à rivaliser avec tous les adversaires.

Concernant Juani de Pascual, il conclut avec une conviction forte :

« Il possède un talent incroyable et peut aller aussi loin qu’il le veut. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.