Dans le padel professionnel, la défaite fait partie du quotidien. Si les projecteurs sont souvent braqués sur les vainqueurs, la grande majorité des joueurs termine chaque tournoi sur une défaite. Le Belge Clément Geens, partenaire du Français Dylan Guichard, partage une réflexion sur cette réalité du haut niveau : comment accepter de perdre sans perdre l’envie de gagner ?
Dans le padel professionnel, presque tout le monde perd chaque semaine
« On n’aime pas perdre. Et heureusement. »
C’est par ces mots que Clément Geens, le joueur estampillé Kuikma, introduit une réflexion sur un aspect incontournable du sport de haut niveau : la gestion de la défaite.
Le joueur belge rappelle une réalité simple, mais pas toujours mise en avant dans les analyses sportives.
« À part la meilleure paire mondiale, tout le monde perd chaque semaine. »
La formule est volontairement frappante. Dans un tournoi à élimination directe, une seule paire termine la compétition en soulevant le trophée. Toutes les autres quittent le tableau après une défaite.
Même les joueurs qui réalisent de belles semaines, atteignent les quarts de finale ou se hissent dans le dernier carré finissent généralement leur parcours sur un revers.
Les numéros un mondiaux eux-mêmes n’échappent pas à cette réalité. Arturo Coello et Agustín Tapia, malgré leur domination sur le circuit Premier Padel, ne remportent pas tous les tournois auxquels ils participent.
Pour les autres joueurs, la défaite constitue donc une expérience régulière, parfois même hebdomadaire.
Accepter de perdre ne signifie pas se satisfaire d’une défaite
Pour Clément Geens, il ne s’agit surtout pas de banaliser l’échec ou de diminuer son ambition.
« Une défaite peut faire mal, frustrer et laisser beaucoup de regrets. »
Cette réaction est naturelle chez des compétiteurs qui consacrent une grande partie de leur quotidien à l’entraînement, aux déplacements et à la recherche de performance.
Mais le Belge insiste sur la nécessité de dépasser cette première réaction émotionnelle.
« Qu’est-ce que j’aurais pu mieux faire ? Qu’est-ce que je dois travailler ? Qu’est-ce que je peux apprendre de ce match ? »
Ces interrogations constituent le cœur de son message.
Une défaite ne doit pas uniquement être vécue comme un résultat négatif. Elle peut aussi permettre d’identifier les éléments à améliorer pour les prochaines échéances.
L’objectif n’est pas de trouver des excuses, mais de comprendre pourquoi un match a basculé et comment mieux aborder une situation similaire à l’avenir.

Avec Dylan Guichard, Geens connaît les exigences du circuit
Cette réflexion prend un sens particulier au regard du parcours de Clément Geens, qui évolue sur le circuit international aux côtés du Français Dylan Guichard.
Le duo franco-belge a notamment signé des performances intéressantes face à des joueurs expérimentés.
Lors du FIP Platinum de Lyon 2026, Guichard et Geens ont notamment réussi à faire tomber Sanyo Gutiérrez, ancien numéro un mondial, et son partenaire.
Plus récemment, au Milan P1, ils ont réussi leur entrée en compétition en dominant Fernández / Del Castillo.
Ces résultats illustrent la progression d’une paire capable de rivaliser avec des adversaires de haut niveau, sans pour autant pouvoir espérer remporter chaque tournoi.
Sur le circuit international, les différences se jouent parfois sur quelques points, une mauvaise décision ou une période de moins bien.
La difficulté consiste alors à conserver de la confiance et de l’ambition malgré l’accumulation inévitable des défaites.

Ce que la psychologie du sport nous apprend sur l’échec
La réflexion de Clément Geens rejoint plusieurs travaux menés dans le domaine de la psychologie du sport, notamment autour de la résilience et de la gestion des émotions.
Des recherches publiées dans la revue scientifique Frontiers in Psychology ont étudié la manière dont les athlètes réagissent à leurs contre-performances.
Elles suggèrent qu’une attitude moins sévère envers soi-même après un échec peut favoriser des réactions émotionnelles et comportementales plus constructives.
Cela ne signifie pas qu’il faille minimiser une défaite ou renoncer à l’exigence sportive.
L’enjeu consiste plutôt à éviter qu’un mauvais résultat ne se transforme en remise en question permanente.
Dans le padel, cette capacité peut notamment se traduire par une analyse plus précise des rencontres : gestion des points importants, choix tactiques, déplacements, communication avec le partenaire ou efficacité dans les moments décisifs.
Une défaite peut ainsi révéler des axes de progression qui ne sont pas toujours visibles après une victoire.
Le classement ne raconte pas toute l’histoire d’un joueur
Sur le circuit professionnel, les performances sont principalement évaluées à travers les résultats et les points au classement FIP.
Une victoire permet de poursuivre son parcours et d’accumuler des points, tandis qu’une élimination précoce peut peser sur la progression au classement.
Mais le résultat brut ne reflète pas nécessairement l’ensemble du travail réalisé.
Une paire peut améliorer son niveau de jeu, se rapprocher des meilleures équipes mondiales et devenir plus compétitive sans que cette progression se traduise immédiatement par un titre.
À l’inverse, un succès peut parfois masquer des difficultés tactiques ou techniques.
C’est toute la nuance défendue par Geens : continuer à chercher la victoire, tout en accordant de l’importance à ce que chaque rencontre permet d’apprendre.


« On ne peut pas gagner chaque semaine, mais on peut apprendre chaque semaine »
Le joueur belge termine son message par une phrase qui résume sa philosophie :
« On ne peut pas gagner chaque semaine. Mais on peut essayer d’apprendre chaque semaine. »
Une réflexion qui concerne aussi bien les professionnels que les jeunes joueurs et les compétiteurs amateurs.
La défaite restera toujours frustrante, particulièrement lorsqu’un match semblait à portée de main. Mais la manière d’y réagir peut influencer la suite d’une saison.
Pour Clément Geens, l’essentiel est de conserver cette envie de travailler, de progresser et de revenir sur la piste avec de nouvelles ambitions.
Car dans un sport où presque tout le monde finit par perdre, la différence peut aussi se faire dans la capacité à rebondir.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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