Réunis face aux Pays-Bas le 3 novembre, Fede Chingotto et Leo Augsburger ont apporté le troisième point de l’Argentine en dominant Nolten et Van Betuw 6/3 6/4. Une association qui intrigue : la puissance d’Augsburger offre des possibilités évidentes, mais la répartition des balles et le rythme de construction demandent encore des ajustements.

Deux semaines après leur opposition en demi-finale de Milan, les deux Argentins se sont retrouvés du même côté du filet. Augsburger avait alors pris le dessus avec Juan Lebrón sur la paire Galán–Chingotto. À Doha, leur victoire a contribué au succès 3–0 de l’Albiceleste contre les Néerlandais. Le Mondial offre ainsi l’occasion d’examiner ce que leurs qualités peuvent produire lorsqu’elles sont associées.

Augsburger veut peser jusque dans la moitié droite

L’une des impressions laissées par cette rencontre concerne la place prise par Augsburger dans le jeu aérien. Le joueur de gauche a semblé vouloir intervenir sur beaucoup de balles hautes, y compris lorsqu’elles arrivaient du côté de Chingotto. Sa puissance peut alors devenir un moyen de mettre la paire adverse sous pression sur une zone plus large du terrain.

Cette volonté d’intervenir pose une question intéressante. Sur une même balle, Augsburger peut envisager une accélération là où Chingotto aurait davantage tendance à prolonger la construction, maintenir le filet et attendre une occasion plus favorable. Leurs lectures ne sont pas nécessairement incompatibles, mais elles doivent se rejoindre suffisamment tôt pour que chacun sache comment accompagner le coup de son partenaire.

Pour exploiter cette puissance, la qualité du choix compte autant que celle de la frappe. Prendre une balle plus loin dans la moitié droite peut offrir une possibilité de finition. Cela demande aussi de prévoir la suite de l’échange si le smash revient.

Chingotto doit trouver sa place autour de ces interventions

Le jeu de Chingotto repose largement sur sa capacité à faire travailler l’adversaire, à maintenir la pression et à préparer une balle exploitable. Avec Augsburger, l’équilibre consiste à préserver cette construction tout en laissant au finisseur la possibilité d’intervenir dès qu’une occasion se présente.

Chingotto connaît déjà cette logique aux côtés d’Ale Galán. Il est habitué à évoluer avec un partenaire capable de prendre beaucoup de place dans les airs. Chaque association possède toutefois ses propres repères : les trajectoires sur lesquelles le joueur de gauche intervient, le moment de son déplacement et la manière de couvrir l’espace qu’il libère.

C’est précisément sur ce terrain que Chingotto / Augsburger a donné l’impression d’un duo encore en réglage. Deux excellents joueurs peuvent identifier une possibilité différente sur la même balle. Leur entente doit permettre de décider rapidement qui la joue, puis d’organiser le placement autour de cette décision. L’enjeu concerne autant la couverture après la frappe que le partage initial du terrain.

Tapia / Chingotto possède déjà des références communes

La comparaison avec Agustín Tapia et Chingotto vient naturellement. Leur association dispose de références en sélection, notamment lors du Mondial 2024. Ils avaient battu Diogo Jesus et Vasco Pascoal en demi-finale, avant de remporter un match majeur contre Juan Lebrón et Ale Galán en finale, 7/6 3/6 6/2.

Ces expériences communes donnent un point de comparaison utile. Tapia et Chingotto ont déjà traversé ensemble une rencontre où chaque choix pesait sur le titre mondial. Cela ne garantit pas une meilleure prestation à chaque apparition, mais leur association possède un vécu dans des situations de forte pression.

Augsburger et Chingotto doivent encore construire leurs propres références. Leur prestation contre les Pays-Bas laisse entrevoir des possibilités, sans permettre de placer immédiatement ce duo au même niveau de compréhension collective.

Une option à affiner pour l’Argentine

Le succès contre Nolten et Van Betuw constitue une première indication positive pour cette association dans le tournoi. Il faut néanmoins tenir compte du niveau d’opposition avant d’en tirer des conclusions sur son efficacité face aux meilleures paires.

L’intérêt de Chingotto / Augsburger réside dans l’accord à trouver entre la patience de l’un et la capacité d’accélération de l’autre. Une construction suffisamment solide peut donner à Augsburger de meilleures balles à attaquer ; ses interventions peuvent, en retour, empêcher les adversaires de s’installer dans l’échange.

Pour l’Argentine, la prochaine étape sera de voir si cette répartition devient plus naturelle lorsque la pression augmente. La puissance est déjà disponible. Les repères communs détermineront dans quelle mesure la paire pourra l’exploiter.

Antoine Tricolet

J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.