Ari Sánchez et Andrea Ustero ont dû batailler pour rejoindre les demi-finales du Kuwait Major 2026. Menées d’un set face à Tamara Icardo et Claudia Jensen, les Espagnoles ont finalement renversé la rencontre pour s’imposer 3/6 6/4 7/5. Une victoire difficile, marquée par les problèmes rencontrés par Andrea Ustero, le rôle décisif de sa partenaire et un geste de fair-play en plein troisième set.

En conférence de presse, les deux joueuses ont livré une analyse sans détour de leur prestation, avant leur demi-finale face à Paula Josemaría et Bea González, programmée ce vendredi 30 octobre à 13h, heure française.

Andrea Ustero : « Aujourd’hui, je n’ai pas fait mon match »

Malgré la qualification, Andrea Ustero n’a pas cherché à masquer ses difficultés.

« Aujourd’hui, je n’ai pas fait mon match. »

La jeune Espagnole estime que le problème était avant tout mental.

« Je devais être beaucoup plus concentrée sur chacun de mes coups. »

Elle reconnaît également avoir perdu le fil de la rencontre à certains moments.

« Au début et au milieu du deuxième set, je faisais un peu ce que je voulais, et ça ne pouvait pas continuer. »

Le discours de son entraîneur Ángel González lui a alors permis de réagir.

« Le petit coup de colère d’Ángel nous a fait du bien. Personnellement, il m’a aidée à passer à la vitesse supérieure. »

« C’est Ari qui a tenu le match »

Andrea Ustero a surtout tenu à souligner le rôle déterminant de sa partenaire dans cette remontée.

« C’est Ari qui a tenu le match. Dans ces situations, elle sait très bien me guider et m’aider à retrouver mon meilleur niveau. »

Une déclaration révélatrice de la complémentarité de cette association. Lorsque Ustero traverse une période compliquée, Sánchez apporte son expérience et sa stabilité.

« On l’a montré à la fin du match. Je suis très heureuse qu’on ait réussi à renverser la situation. »

Ari Sánchez : « Il y a des jours où rien ne fonctionne »

Pour Ari Sánchez, cette victoire ne s’explique pas uniquement par les ajustements tactiques effectués pendant la rencontre.

« Andrea n’était pas à l’aise, quelle que soit la situation, donc nous devions trouver des changements. »

Les Espagnoles ont notamment cherché à solliciter davantage Tamara Icardo pour modifier la dynamique des échanges.

Mais l’ancienne numéro 1 mondiale insiste surtout sur l’aspect mental.

« Aujourd’hui, je crois que ce n’était pas surtout une question de tactique, plutôt une question de mental : continuer à se battre, à souffrir. »

Avant de livrer une réflexion particulièrement intéressante sur la gestion des mauvais jours.

« Je dis toujours à Andrea qu’il y a des jours où les sensations ne viennent pas, où l’on n’est pas à l’aise, où l’on est de mauvaise humeur sans trop savoir pourquoi. Nous sommes humaines. »

« Gagner en souffrant ces jours-là est très important. Même quand rien ne fonctionne, il faut garder la bonne attitude et tout donner pour s’en sortir. »

Un geste de fair-play en plein troisième set

L’autre moment marquant de cette rencontre concerne un geste de fair-play d’Ari Sánchez et Andrea Ustero.

Dans le troisième set, une décision arbitrale concernant une balle sortie par la porte a suscité une discussion. Malgré l’enjeu, les Espagnoles ont accepté que le point soit attribué à leurs adversaires.

Pour Ari Sánchez, cette décision était évidente.

« Je crois que c’est une question de justice. Au bout du compte, elles avaient gagné ce point. »

« Avec Andrea, nous sommes toujours d’accord pour agir ainsi. Nous sommes deux personnes humbles et justes dans ce genre de situation. »

Un geste particulièrement apprécié dans une rencontre aussi disputée, alors que chaque victoire compte dans la dernière ligne droite de la saison.

Une demi-finale face à Josemaría et González

Après leur victoire 3/6 6/4 7/5 contre Icardo et Jensen, Ari Sánchez et Andrea Ustero retrouveront Paula Josemaría et Bea González en demi-finale.

Ces dernières se sont qualifiées en dominant Lorena Rufo et Victoria Iglesias 6/2 6/4.

Cette confrontation entre les têtes de série 2 et 3 du tournoi s’annonce particulièrement importante dans la course aux premières places du classement mondial.

Mais Ari Sánchez refuse de se laisser distraire par cet enjeu.

« Aucune des deux paires ne doit penser à la première place mondiale : ce serait une erreur. »

« Nous devons nous concentrer sur notre jeu, sur nous-mêmes, pour donner notre meilleure version. »

L’Espagnole reconnaît néanmoins que cette concurrence est bénéfique pour le padel féminin.

« C’est très bon pour le padel qu’il y ait trois ou quatre paires dans la course en fin d’année. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.