Présent au FIP Promises Paris by WME en tant que coach du My Center, Benjamin Tison a pris le temps de répondre aux questions de Padel Magazine. L’ancien numéro 1 français évoque son nouveau rôle d’entraîneur, l’évolution de la jeune génération, le niveau du padel tricolore et la déception des derniers Championnats d’Europe. Un échange sincère et lucide sur sa vision du padel français.
Une nouvelle vie de coach épanouie
On a beaucoup de jeunes de My Center présents sur ce FIP Promises, et je suis venu les accompagner. Franchement, je suis super épanoui dans mes nouvelles fonctions. Tout se passe très bien avec Yannick Maurel, le PDG de My Center. L’Académie se porte bien, on a Yoann, Timéo et 21 jeunes qui progressent énormément. Les résultats suivent, donc je me sens vraiment bien dans ce rôle.
Les plus connus sont Sacha Huard de La Marre et Nathan Perrault, même si Sacha a dû déclarer forfait à cause d’une maladie. Gabriel Bessière est en quart de finale, Victor Caby a perdu au super tie-break contre de bons Espagnols, et on a aussi une jeune Malgache, Robinson Andrianafetra Fitia, qui joue très bien. Chez les plus grands, Timéo et Yoann poursuivent leur développement sur les FIP, même s’ils ne participent pas à ce FIP Promises.
Transmettre une philosophie
J’essaie de leur apporter mon expérience de joueur, mes années passées en Espagne, mes entraîneurs de haut niveau, mais aussi ma philosophie. Je veux que le joueur soit le plus complet possible, capable de s’adapter à toute situation. Et surtout, je leur transmets les valeurs essentielles : l’humilité, le travail et la persévérance. Sans travail, c’est impossible de réussir. On étudie aussi beaucoup la vidéo, on observe les meilleurs mondiaux, et franchement, les jeunes Français n’ont rien à envier aux autres nations chez les garçons.
Chez les garçons, oui, on rivalise. On a terminé 3e aux Mondiaux et 2e aux Europe l’an dernier. Le réservoir est là. Chez les filles, c’est plus compliqué : on a fini 7e. Il y a moins de joueuses, donc moins de niveau global, mais ça va venir. Il faut maintenant des structures complètes, un suivi physique, mental, technique. C’est ça la clé pour rivaliser avec ceux qui s’entraînent à plein temps.

Les Championnats d’Europe : “J’ai voulu trop bien faire”
On aurait pu faire un débrief de cinq heures… mais pour parler de moi, je dirais que j’ai mal géré mes émotions. Ce n’est pas un problème de préparation, je jouais bien avant le tournoi. Mais j’ai voulu trop bien faire. Timéo est tombé malade avant le tournoi, on perd contre les Pays-Bas dans des conditions compliquées, et contre l’Italie, on joue le match de la dernière chance. J’ai mal géré la pression, et au haut niveau, ça se joue à des détails. Avant, je travaillais avec un préparateur mental, cette fois non, et je pense que ça m’a manqué.
“Ce n’est pas un adieu à l’équipe de France”
Mon message n’était pas un adieu. Si on estime que j’ai le niveau, je répondrai toujours présent. Mais j’espère qu’il y aura plus fort que moi ! Mon objectif, c’est de former des joueurs capables d’aller encore plus haut. Si je ne suis plus sélectionné parce que la relève me dépasse, j’en serai le premier heureux.
On n’est pas plus faibles que l’an passé. On a simplement manqué d’un peu de réussite. Si on gagne contre les Pays-Bas, on va en demi et personne ne parle d’échec. Le groupe a été super uni, très solidaire. Et il faut rappeler qu’on a joué sans Thomas Leygue, notre numéro un, blessé. Les Italiens, eux, avaient deux Argentins. Le contexte compte. Mais on va rebondir.
La relève : “Yoann et Timéo incarnent l’avenir”
C’est le futur de l’équipe de France. Il faut du temps, de l’expérience, mais ils sont sur la bonne voie. Aujourd’hui, on a des joueurs comme Thomas Leygue, encore jeune mais déjà expérimenté, ou Jo Bergeron et Bastien Blanqué, qui ne comptent pas s’arrêter. Chez les filles, il y avait un adjoint avec le sélectionneur ; chez les hommes, non. Je pense que ça va changer. Toutes les grandes nations ont plusieurs coachs : nous aussi, on doit structurer davantage.
C’est une super association. Ils ont grandi ensemble, atteint l’équipe de France, et ont même gagné à un très bon niveau (70-80 mondial). Mais ils arrivaient en fin de cycle. Une séparation peut être bénéfique, ça ne veut pas dire définitive. Regarde Stupa et Di Nenno : c’est leur version 3 ! L’important, c’est que chacun continue à progresser.
De nouvelles paires et de nouveaux objectifs
Les deux paires sont intéressantes. Bergeron / Blanqué, c’est ponctuel. Fonteny / Bergeron, c’est plus durable : ils partent en Asie pour deux FIP à Hong Kong. C’est une combinaison expérience / jeunesse qui peut bien fonctionner. Pour moi, Timéo a tout pour devenir le premier Français top 50 mondial avec Thomas Leygue. Et Yoann, quel que soit son partenaire, fera toujours bien jouer l’autre. Il progresse énormément.
Timéo / Leygue, le rêve bleu ?
Sur le papier, oui, ce serait une paire excitante. Mais il faut respecter les étapes. Thomas vise le top 70 mondial, Timéo est vers 200, mais il joue déjà mieux que son classement. S’ils progressent chacun à leur rythme, on pourrait un jour les voir ensemble, et là, ça fera rêver beaucoup de monde.
“Continuer à tout donner pour le padel”
Simplement d’être heureux, en bonne santé, et que mes joueurs continuent à progresser. Je veux rendre au padel ce qu’il m’a apporté. J’ai arrêté ma carrière pour former la nouvelle génération. Tant qu’il me reste de l’énergie, je donnerai tout pour ce sport.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.
























































































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