Bea González a décidé de se livrer à cœur ouvert. Après sa défaite particulièrement difficile en demi-finale du Kuwait Major aux côtés de Paula Josemaría, l’Espagnole a publié un long message sur ses réseaux sociaux. Entre frustration, fatigue, pression du classement et sacrifices personnels, elle revient sur une période compliquée, alors que sa paire n’a plus remporté de titre depuis le Valladolid P2, fin juin.

Une prise de parole sincère, dans laquelle la joueuse de Málaga rappelle que la quête de la première place mondiale ne doit pas prendre le dessus sur le plaisir de jouer et de vivre.

« J’ai toujours peur de montrer mes sentiments en public »

C’est avec ces mots que Bea González débute sa publication :

« J’ai toujours peur de montrer mes sentiments en public, mais je pense que, parfois, c’est bien de le faire. De toute façon, les gens parleront quand même… »

Un message publié après une demi-finale particulièrement douloureuse face à Ari Sánchez et Andrea Ustero, perdue 6/4 6/7 6/7 après près de 3h45 de jeu.

Une défaite difficile à accepter, d’autant que González et Josemaría ont longtemps semblé avoir le match en main.

Mais au-delà du résultat, c’est surtout l’accumulation des désillusions qui commence à peser sur l’Espagnole.

Une demi-finale qui laisse énormément de regrets

Face à Sánchez / Ustero, la paire Josemaría / González avait pourtant parfaitement commencé.

Avec un premier set remporté 6/4, les deux Espagnoles avaient réussi à imposer leur plan de jeu, notamment en faisant travailler Andrea Ustero et en limitant l’influence d’Ari Sánchez.

Dans la deuxième manche, elles prennent même deux breaks d’avance pour mener 3/0.

À ce moment-là, la qualification pour la finale semble se rapprocher.

Mais Ustero élève progressivement son niveau, commence à prendre le dessus dans sa diagonale face à Paula Josemaría et permet à sa paire de revenir dans la rencontre.

Sánchez et Ustero arrachent finalement la deuxième manche au tie-break.

Le troisième set devient alors un véritable combat, avec des breaks, des débreaks et des retournements de situation.

Malgré leurs occasions, Josemaría et González ne parviennent pas à conclure et s’inclinent dans un nouveau jeu décisif.

Une défaite qui fait particulièrement mal, après avoir été si proches de rejoindre la finale d’un Major.

« Cette année, nous avons perdu trois grands tournois avec des balles de match »

Dans son message, Bea González rappelle que ce scénario n’est malheureusement pas nouveau pour sa paire.

« Ce n’est pas la première fois que cela nous arrive. Cette année, nous avons perdu dans les trois tournois les plus importants en ayant eu des balles de match. »

Une statistique particulièrement frustrante, qui résume les difficultés rencontrées par González / Josemaría dans les grands rendez-vous.

Pour autant, l’Espagnole ne remet pas en cause l’investissement de son équipe.

« Nous avons absolument tout donné, couru et lutté sur chaque point comme si c’était le dernier de notre vie. »

Avant d’ajouter :

« Je suis très fière de mon équipe. Des personnes avec lesquelles je partage mon quotidien. »

Des mots qui témoignent de sa volonté de retenir le travail accompli, malgré les résultats décevants.

Plus aucun titre depuis juin pour González / Josemaría

Cette élimination intervient dans une période délicate pour Bea González et Paula Josemaría.

Après un début de saison particulièrement réussi, les deux joueuses avaient enchaîné les titres pour s’installer parmi les principales prétendantes à la première place mondiale.

Elles avaient notamment remporté six tournois lors de la première moitié de saison, dont cinq consécutivement.

Leur dernier sacre remonte au 28 juin 2026, lors du Valladolid P2, où elles avaient dominé Sánchez / Ustero 6/4 6/2 en finale.

Depuis, les deux Espagnoles ne parviennent plus à retrouver le chemin de la victoire.

Elles ont atteint plusieurs derniers carrés et finales, mais les matchs importants tournent régulièrement en faveur de leurs principales concurrentes.

Ces dernières semaines, Sánchez / Ustero ont notamment pris le dessus sur elles en finale du Rotterdam P2, puis du Milan P1, avant cette nouvelle victoire en demi-finale au Koweït.

Trois défaites consécutives face à la même paire, qui illustrent les difficultés actuelles de González et Josemaría à faire basculer les rencontres serrées.

« Le numéro un est là, mais mon véritable objectif est ailleurs »

Dans sa publication, Bea González évoque également un sujet qui revient régulièrement dans ses interviews : la quête de la première place mondiale.

Un objectif forcément important pour une joueuse qui n’a encore jamais terminé une saison au sommet du classement.

Mais l’Espagnole souhaite relativiser cette ambition.

« Quand on me demande encore et encore, dans des milliers d’interviews, ce que représente la première place mondiale, ce que j’ai sincèrement envie de répondre, c’est que mon seul objectif est d’avoir profité de ma vie et de l’avoir aimée. »

Elle poursuit :

« Me coucher chaque soir en sachant que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour bien faire mon travail. »

Avant de livrer une réflexion particulièrement marquante :

« Oui, la première place mondiale est là. Ce sera un soulagement si j’y parviens un jour. Mais mon véritable objectif est de prendre ma retraite tout aussi heureuse si je n’y arrive pas. »

Un message fort, qui rappelle que derrière les résultats et les classements se trouvent des joueuses soumises à une pression permanente.

« Certains jours, je me demande si tout cela en vaut vraiment la peine »

L’autre partie importante de cette publication concerne les sacrifices liés à la vie de joueuse professionnelle.

Déplacements permanents, compétitions qui s’enchaînent, éloignement familial : Bea González reconnaît traverser une période de fatigue émotionnelle.

« Cela fait des mois que nous sommes en compétition, loin de chez nous. Cela fait des semaines que je n’ai pas vu ma famille. »

Elle évoque également sa tristesse liée aux événements survenus récemment en Espagne, notamment à un accident dont elle adresse un message de soutien aux personnes touchées.

« Je ressens beaucoup de tristesse et de nostalgie. Et je ne vais pas vous mentir : certains jours, je me demande vraiment si tout cela en vaut la peine. »

Mais malgré ces interrogations, la joueuse de Málaga reste déterminée à poursuivre son parcours.

« Mais bien sûr que oui. Je continuerai à faire des efforts chaque jour pour devenir une meilleure joueuse et une meilleure personne. »

Un message pour sa famille avant les Mondiaux

Bea González termine sa publication en remerciant ceux qui l’accompagnent au quotidien, malgré la distance.

« Merci à ma famille d’avoir une fille, une cousine, une nièce, une petite-fille et une petite amie sportive qu’ils ne voient presque jamais, et de l’aimer et de prendre soin d’elle de toutes leurs forces. »

Avant de conclure :

« Je me sens chanceuse dans la vie. »

Désormais, l’Espagnole doit rapidement tourner la page du Kuwait Major.

Elle retrouvera dès cette semaine les Championnats du monde de padel à Doha, où elle défendra les couleurs de l’Espagne.

« On se retrouve demain à Doha pour représenter notre pays au Mondial. Avec envie et enthousiasme. »

Une fin de saison pour retrouver confiance

Malgré les difficultés récentes, Bea González et Paula Josemaría ont déjà prouvé cette saison qu’elles pouvaient dominer le circuit.

Avec six titres en 2026, leur bilan reste important, même si leur dynamique actuelle est moins favorable que celle de Triay / Brea ou de Sánchez / Ustero.

La course à la première place mondiale s’est compliquée, mais il reste encore plusieurs rendez-vous pour tenter de retrouver la confiance et le chemin de la victoire.

Pour Bea González, l’enjeu semble aujourd’hui dépasser le seul classement.

Retrouver le plaisir de jouer, continuer à progresser et pouvoir regarder sa carrière sans regret : c’est le message qu’elle a souhaité partager après l’une des défaites les plus difficiles de sa saison.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !