Ari Sánchez et Andrea Ustero ont remporté le Milano Premier Padel P1 2026 en dominant Paula Josemaría et Bea González en finale (7/6 6/3). Une victoire qui leur offre un cinquième titre cette saison, le troisième lors des quatre derniers tournois, et permet à Ari Sánchez d’égaler un record historique du padel féminin.

En conférence de presse, les deux Espagnoles sont revenues sur leur remontée en finale, leur association et leurs ambitions pour la fin de saison.

58 titres : Ari Sánchez rejoint Triay et Salazar

Avec son sacre à Milan, Ari Sánchez atteint les 58 titres sur le circuit professionnel, égalant ainsi Gemma Triay et Alejandra Salazar au sommet du classement historique féminin.

Ari Sánchez : « C’est un plaisir de partager cette place avec Gemma et Alejandra, deux immenses joueuses. Cela signifie que je fais bien les choses, que je travaille dur et que je fais confiance à mon équipe. »

L’Espagnole insiste sur l’importance de la stabilité dans ses choix sportifs.

« J’ai toujours cru aux projets à long terme. Je pense que c’est l’une des clés de ma carrière. Cette année, j’ai encore fait ce choix et cela fonctionne très bien. »

Un record qu’elle a souhaité dédier à ses parents.

« Petite, ils m’emmenaient en voiture aux tournois. Ils ont toujours été là pour me soutenir. Ils sont les premiers à me prendre dans leurs bras quand je gagne, mais aussi dans les moments les plus difficiles. »

Menées 5/2 en finale : le déclic expliqué par Sánchez

La finale aurait pourtant pu prendre une autre tournure. Josemaría et González menaient 5/2 dans la première manche avant de subir le retour de Sánchez et Ustero, finalement victorieuses au tie-break (7 points à 3).

Interrogée sur les consignes de leur entraîneur Ángel González, Ari Sánchez reconnaît avoir eu du mal à entrer dans son match.

Ari Sánchez : « Dans le premier set, c’était surtout à moi d’élever mon niveau. J’ai commencé de manière très passive. Je n’étais pas très à l’aise dans mes coups. »

« Ángel nous demandait de nous concentrer davantage sur la tactique et sur mes jambes. Quand je suis plus active, je vais davantage chercher la balle et je suis plus vive sur la piste. Je crois que c’était la clé. »

La paire espagnole a ensuite conservé cette dynamique pour s’imposer 7/6 6/3, après 1 h 49 de jeu.

La première place mondiale ? « Maintenant, on nous présente comme des candidates »

Les résultats des dernières semaines ont replacé Sánchez et Ustero dans la course au sommet.

Après leurs titres au Paris Major et au Rotterdam P2, leur finale à Düsseldorf et leur victoire à Milan, elles comptent quatre finales consécutives et trois titres en quatre tournois.

Au moment de la conférence de presse, l’écart annoncé avec Gemma Triay et Delfi Brea, leaders de la Race FIP, n’était plus que de 1 980 points.

Andrea Ustero : « Avant, on parlait de la deuxième place, maintenant on nous présente comme des candidates à la première. »

Mais la jeune joueuse refuse de se laisser distraire par les calculs.

« Il faut garder le cap, ne pas y penser et jouer pour nous-mêmes. Continuer à progresser chaque jour, tournoi après tournoi. Il n’y a pas d’autre secret que de travailler, de faire des sacrifices et de rester engagées. »

« Nous devons continuer à travailler, à nous faire confiance mutuellement et surtout à profiter de cette aventure. »

Ustero : « La plupart de mes smashs viennent des rulos et des bandejas d’Ari »

La complémentarité entre les deux joueuses constitue l’une des forces de leur association. Interrogée sur l’importance du travail de construction de Sánchez, Andrea Ustero a tenu à souligner le rôle de sa partenaire dans ses propres coups gagnants.

Andrea Ustero : « La plupart de mes smashs viennent de ses rulos et de ses bandejas. Elle me répète souvent que lorsqu’elle joue ces coups, je dois être très attentive, car j’aurai beaucoup de balles à attaquer. »

« Ari, avec sa maîtrise du jeu du fond, fait des choses incroyables. J’essaie toujours d’apprendre de toute sa maîtrise technique. C’est elle qui construit le jeu depuis le fond. »

Une déclaration intéressante de la part d’une joueuse dont la puissance offensive attire régulièrement l’attention.

Ángel González, un entraîneur qui sait lire ses joueuses

Autre élément évoqué pendant la conférence de presse : l’importance d’Ángel González, présent sur le banc de la paire espagnole.

Ari Sánchez : « Ángel travaille avec moi depuis de nombreuses années. C’est un entraîneur qui a beaucoup de tact et qui sait comprendre les joueuses. Il me connaît parfaitement. Il sait immédiatement si je suis énervée, si je vais bien ou si quelque chose ne va pas. »

Son travail auprès d’Andrea Ustero est également mis en avant.

« Il apprend à la connaître de mieux en mieux. Il sait quoi lui dire lorsqu’elle est un peu bloquée ou trop passive. Il est essentiel de repérer rapidement les moments clés d’un match. »

« La première et la deuxième année, j’ai été numéro un. Il y est sûrement pour quelque chose. Et avec Andrea, il fait aussi un excellent travail. On voit tous ses progrès. »

« Nous nous battons jusqu’à la dernière balle » : leur réponse aux critiques sur le padel féminin

Interrogées sur les critiques de certains spectateurs qui jugent le padel féminin moins spectaculaire que le masculin, les deux championnes ont défendu le niveau de leur circuit.

« Chez les hommes, les joueurs ont davantage de force. Ils peuvent smasher de presque n’importe où et réaliser des coups que nous ne réussissons pas forcément. »

Mais les différences physiques ne résument pas le spectacle proposé.

« Aujourd’hui, dans le padel féminin, les cinq meilleures paires sont toujours là, à se battre. Nous jouons chaque match comme si c’était le dernier. Nous nous battons jusqu’à la dernière balle. »

« Nous sommes très heureuses du niveau actuel du padel féminin et nous espérons que cela durera longtemps. »

Une bague de championnes pour terminer la semaine

À Milan, les vainqueurs ont reçu une bague de champion, une initiative inspirée notamment des sports américains.

Une récompense qui a particulièrement amusé Andrea Ustero.

« Une grosse séance photo ! »

Ari Sánchez a confirmé avec humour que sa partenaire avait déjà prévu de nombreuses photos.

« C’est une belle initiative. C’est différent et cela fait plaisir de recevoir quelque chose qu’on gardera toujours en souvenir. Nous avons la chance d’être les premières à recevoir ces bagues. »

Avec cinq titres en 2026 et une place de numéro un à la Race désormais à portée, Sánchez et Ustero abordent la fin de saison avec de nouvelles ambitions. Le prochain grand rendez-vous du circuit sera le Kuwait Premier Padel Major, avant les Championnats du monde au Qatar.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.