Arturo Coello et Agustín Tapia ont remporté le Milano Premier Padel P1 2026 en battant Juan Lebrón et Leo Augsburger en trois sets (4/6 6/3 6/2). Un douzième titre cette saison, le quatrième consécutif après Paris, Rotterdam et Düsseldorf. Mais en conférence de presse, les numéros 1 mondiaux ont surtout évoqué les difficultés rencontrées face à une paire qui les a longtemps dominés.

Menés d’un set, puis confrontés à trois balles de break à 1/1 dans la deuxième manche, les deux joueurs sont revenus sur ce moment décisif, leur état de fatigue et leur relation avec leurs adversaires.

Tapia : « Il me manquait beaucoup de choses pour être au niveau d’une finale »

Interrogé sur leur début de match, Agustín Tapia n’a pas cherché à minimiser les difficultés de sa paire.

« Nous n’avons pas bien commencé. Pour ma part, je pense qu’il me manquait beaucoup de choses pour être au niveau d’une finale. Ils avaient beaucoup plus d’envie que nous et sont venus chercher le match. »

Lebrón et Augsburger avaient remporté le premier set 6/4, mettant fin à une série de dix manches consécutives perdues face aux numéros 1 mondiaux.

La situation est devenue particulièrement compliquée dans le troisième jeu du deuxième set, lorsque les Espagnols et Argentins se sont retrouvés menés 0-40 sur leur service, à 1/1.

« Mon pire moment, je crois, c’était à 0-40, après avoir raté une ou deux volées. Je me suis senti un peu dépassé. »

« Arturo m’a beaucoup aidé à ce moment du match »

Ce jeu a constitué le tournant de la finale. Coello et Tapia ont sauvé trois balles de break, avant de prendre le service de leurs adversaires dans le jeu suivant.

« Ce jeu a énormément compté, vraiment énormément, parce que nous l’avons remporté ensemble, en équipe. Arturo m’a beaucoup aidé à ce moment du match. »

Tapia a ensuite reconnu le rôle majeur de son partenaire dans cette période délicate.

« Ensuite, c’était à moi de l’aider, car lui jouait presque tout seul. »

Sur l’une des balles de break, Leo Augsburger a notamment manqué un smash qui aurait pu donner un avantage important à sa paire.

Après avoir remporté ce jeu, Coello et Tapia ont progressivement pris le contrôle de la rencontre pour s’imposer en 1 h 57.

« Arturo jouait presque tout seul » : Tapia raconte comment Coello a sauvé leur finale à Milan

Coello reconnaît la supériorité de Lebrón et Augsburger en début de match

De son côté, Arturo Coello a également souligné la qualité du jeu proposé par leurs adversaires.

« Nous n’avons pas joué à notre meilleur niveau dans le premier set, en partie aussi à cause du niveau qu’ils ont montré. Juan et Leo ont commencé avec davantage de rythme, peut-être aussi plus de confiance. Leur premier set a été meilleur. »

Le numéro 1 mondial estime que son équipe a mis du temps à trouver les solutions.

« Dans le deuxième set, la dynamique était un peu la même. Mais à un moment où nous aurions pu subir un autre coup dur, nous avons réussi à nous en sortir. »

« Cela nous a donné le supplément de motivation et d’envie nécessaire pour aller chercher ce match. À partir de là, nous avons vraiment élevé notre niveau. »

Coello ne considère toutefois pas cette finale comme leur meilleure prestation.

« Nous n’étions peut-être pas à notre meilleur niveau historique, mais nous avons donné le maximum de ce que nous pouvions produire aujourd’hui. »

Coello sur Lebrón : « C’est l’un des meilleurs joueurs de droite du circuit »

Interrogé sur l’évolution de Juan Lebrón, qu’il affronte depuis plusieurs saisons, Arturo Coello a tenu à souligner les qualités de l’ancien numéro 1 mondial.

« C’est difficile à dire, car il y a eu des périodes où mon niveau était bien inférieur et Juan me dominait. Nous avons joué énormément de matchs. »

« C’est évidemment l’un des meilleurs joueurs de droite du circuit mondial. Il le prouve depuis longtemps, pas seulement avec ses années de numéro 1, mais aussi parce qu’il reste au sommet, quel que soit son partenaire. »

Coello insiste notamment sur les qualités physiques et la lecture du jeu de son adversaire.

« Il prend de l’âge, mais reste très en forme. Il se déplace très bien et possède une excellente vision du terrain. »

Avant de conclure avec humour :

« Pour moi, c’est un plaisir d’affronter des joueurs comme Juan, Chingo ou Jon, qui me poussent à devenir meilleur chaque jour. Et si je peux les battre, c’est encore mieux ! »

Les balles envoyées sur l’adversaire ? « Cela fait partie du jeu »

La finale a également été marquée par plusieurs échanges tendus, notamment des balles frappées en direction des adversaires.

Un journaliste a interrogé les vainqueurs sur leur discussion avec Juan Lebrón et Leo Augsburger au moment de se saluer après la rencontre.

La réponse a été claire :

« Je comprends très bien cet aspect du jeu. Cela fait partie des situations de match. Je n’ai pas l’impression de mal agir quand j’envoie une balle sur quelqu’un, et je ne le prends pas mal quand j’en reçois. »

« Bien sûr, il y a des situations et des impacts différents. Mais aujourd’hui, c’étaient simplement des balles normales dans le jeu. »

Le joueur a également précisé que les échanges après la rencontre ne concernaient pas un éventuel incident.

« Nous parlions simplement de certaines situations du match. Tout va bien. Cela a été une bataille très dure, mentalement et physiquement. Nous reconnaissions mutuellement le mérite des quatre joueurs pour le match que nous avions livré. »

« Je ne sais pas si nous pourrions jouer une semaine de plus »

Malgré leur quatrième titre consécutif, Coello et Tapia terminent cette tournée européenne particulièrement éprouvés.

Interrogé sur leur état physique et mental après trois semaines de compétition, l’un des deux champions n’a pas caché sa fatigue.

« À la limite, je dirais. Nous avons très bien préparé ces trois semaines. Notre équipe a été présente pour nous aider, non seulement sur le terrain, mais aussi psychologiquement. »

« Trois semaines loin de chez soi, c’est très long. Je suis heureux d’avoir terminé ce match en étant encore entier. »

La suite de sa réponse résume l’état de fatigue de la paire :

« Je ne sais pas si nous pourrions jouer une semaine de plus. Nous sommes épuisés mentalement, physiquement, et même par le padel. »

Une pause bienvenue avant la prochaine échéance du calendrier.

« Cette petite semaine va nous faire du bien pour nous changer les idées et nous reposer. Ce qui arrive ensuite est très important. Il y a énormément de points en jeu et nous voulons faire aussi bien, voire mieux, que pendant cette tournée. »

Une bague de champion à Milan, comme en NBA

Autre particularité de cette édition du Milano P1 : les vainqueurs ont reçu une bague commémorative inspirée des récompenses attribuées dans les sports américains.

Interrogés sur cette initiative, les champions ont apprécié le geste tout en rappelant la différence avec un titre NBA.

« En NBA, la bague signifie que l’on a gagné le championnat. Dans notre cas, nous avons remporté l’un des nombreux tournois de l’année. »

« C’est une belle attention, un souvenir que nous garderons sûrement. Nous sommes surtout heureux de l’avoir gagnée lors de cette première édition. »

Douze titres en 2026 et une quatrième année au sommet en ligne de mire

Avec cette victoire à Milan, Coello et Tapia portent leur total à douze titres en 2026 et remportent leur deuxième trophée dans la capitale lombarde après celui de 2024.

Leur série de quatre titres consécutifs leur permet également de creuser l’écart avec Alejandro Galán et Federico Chingotto dans la course à la première place mondiale.

Le prochain rendez-vous du circuit est prévu au Koweït, du 26 au 31 octobre. Un tournoi important dans la course au classement et à la qualification pour les Premier Padel Finals.

Pour les numéros 1 mondiaux, l’objectif est désormais de récupérer physiquement avant de défendre leur place au sommet pour une quatrième saison consécutive.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.