Que réservera la saison 2021 au plus grand joueur de tous les temps, l’Argentin Fernando Belasteguin ? Après une saison et demie aux côtés d’Agustin Tapia (21 ans), couronnée par une superbe victoire en décembre dernier au Master final de Minorque, celui qui fut n°1 mondial pendant seize ans s’associe à un autre ex-numéro 1, Sanyo Gutierrez.
Ce dernier étant un joueur de droite – le meilleur de l’avis de beaucoup – Bela devrait donc logiquement retrouver à temps plein sa position de prédilection, côté gauche.
En 2020, Bela et Tapia ont brouillé les cartes
Pourtant, l’association avec Tapia a fait évoluer le jeu de Bela pendant plus d’un an. Entre août 2019 et juillet 2020, le quadragénaire, pas suffisamment remis d’une blessure au tendon d’achille, a été contraint de jouer à droite pour la première fois de sa carrière, laissant son jeune partenaire exprimer sa puissance en smash, sa rapidité de déplacement et sa couverture de terrain supérieure.
Mais Bela n’était pas complétement à l’aise du côté « drive ». Après le confinement, qui lui a permis de recouvrer sa plénitude physique, “la légende de Pehuajo” a retrouvé son côté de prédilection, du moins en défense… En effet, très rapidement, les deux joueurs ont commencé à brouiller les cartes par moments, permutant leurs positions en attaque comme l’avaient fait Paquito Navarro et Juan Lebron en 2019, puis Lebron et Galan en 2020.

Une organisation « façon tennis » qui a bien marché notamment lors de la finale du Master Final 2020 : au retour, Bela était à gauche et Tapia à droite ; au service, le volleyeur se plaçait à gauche quand le serveur engageait sur le joueur de droite, et à droite lors de l’engagement sur le revers. Un pari gagnant puisque le « boss » et le « Mozart de Catamarca » ont livré une partie extraordinaire, l’emportant 6-3 7-6 face à la paire qui avait dominé toute la saison 2020 !
Que va-t-il se passer en 2021 pour la paire Belasteguin-Gutierrez ?
En retour, il est évident que Bela restera à gauche et Sanyo à droite. Au service, il serait surprenant que Gutierrez passe à gauche, lui qui est un pur joueur de droite, d’où il maîtrise parfaitement le jeu et la géométrie du terrain. Pourtant, lorsqu’il doit permuter durant l’échange, “El Mago” est souvent très à l’aise côté revers. On se dit donc qu’il pourrait parfois soulager un peu son compatriote, comme le faisait Tapia…
Pour le moment, aucun indice ne laisse penser que Gutierrez puisse parfois passer à gauche en attaque. Il est en revanche assez probable qu’il empiète fréquemment vers le centre ou la gauche pour y décocher des smashes gagnants, sur des balles où Belasteguin se contenterait de coups d’attente.

Mais si ces deux joueurs restent dans un schéma « classique », Belasteguin risque de sentir le poids des années. Aussi entraîné et affuté soit-il, le quadragénaire argentin n’est plus aussi mobile et aussi puissant que ceux qui seront dans sa diagonale. Le jeu a en effet beaucoup évolué depuis 2018, les meilleurs joueurs étant de plus en plus grands, athlétiques et entraînés physiquement.
En défense, la fantastique vision du jeu de Bela, la précision de ses retours et de ses lobs lui permettent toujours de rivaliser avec les meilleurs, voire de les dompter. Un bémol toutefois, il n’a plus une détente verticale comparable à celles de Galan, Lebron ou Tapia, capables d’aller récupérer des balles à près de 3,50 m, à l’aplomb du filet.
Le smash lifté, l’arme qui manque à Bela
En attaque, Bela peut toujours compter sur sa volée tranchante, ses bajadas surpuissantes, ses réflexes intacts et ses bandejas rebondissant très bas. Côté puissance, son smash à plat reste efficace quand il le frappe en position idéale, mais il lui manque une arme fatale : le smash lifté qui remonte très haut.
Réalisé avec un impact très proche de la paroi opposée, il fait en sorte – grâce à l’effet lifté amplifié par la proximité de la vitre- que la balle gicle très haut vers le camp du smasheur, lobant au passage les meilleurs défenseurs. Dans le top 10, ceux qui arrivent à le réaliser le mieux depuis le fond de la piste sont certainement Jebron Lebron, Agustin Tapia et… Sanyo Gutierrez !
Parfaitement conscient de cette lacune, Belasteguin cherche des solutions. Comme nous le disions récemment, l’Argentin a annoncé sur Facebook qu’il travaille ce coup tous les jours, dans l’espoir de réussir à faire remonter la balle très haut. Y parvenir implique d’adopter d’abord la bonne prise de raquette, puis de réaliser une cambrure du dos très importante et de brosser la balle derrière sa tête, tout en insufflant une forte poussée venue des jambes. Le meilleur exemple en la matière est assurément Juan Lebron, capable de réussir ce coup depuis les derniers centimètres de la piste !

Est-il possible que Belasteguin se dote de cette arme à 42 ans ? C’est tout ce qu’on lui souhaite, afin que le « roi » continue encore longtemps à nous surprendre. Et s’il n’y arrive pas, il pourra toujours compter sur le bras de son partenaire…et sur les pistes plus rapides ?
Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.























































































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