L’hiver au padel, ce n’est pas juste une question de courage ou de mental. Ce n’est pas “tenir” le froid. C’est comprendre que le jeu change. Le corps aussi. Les muscles mettent plus de temps à répondre, les tendons sont plus raides, la balle sort moins vite, et la moindre approximation se paye cash. Ceux qui jouent comme en plein mois de juillet passent souvent à côté de leur match… ou finissent avec un pépin physique.

En hiver, le padel devient un sport de préparation et d’adaptation. Et ça commence bien avant le premier smash.

Plus lent, plus long, plus sérieux : l’échauffement d’hiver

S’il y a une chose à ne pas bâcler quand les températures baissent, c’est l’échauffement. Quinze minutes réelles, pas cinq échanges à moitié endormi. Monter progressivement en température, activer les jambes, réveiller les chevilles, les hanches, puis les épaules. Le bras doit être chaud avant d’accélérer. Pas l’inverse.

Les premières volées doivent se jouer à 60–70 %, en cherchant la stabilité, les appuis, la raquette bien devant soi. L’hiver ne pardonne pas les départs à froid : coude, épaule, tendon d’Achille sont les premiers à grincer. Prendre son temps, c’est déjà gagner des points plus tard dans le match.

padel à la montagne

Matériel et tactique : accepter que tout va moins vite

En hiver, le matériel compte double. Les balles perdent de la pression, la pala devient plus dure, les vibrations remontent davantage dans l’avant-bras. Un overgrip en plus, des balles gardées au chaud jusqu’au début du match, et parfois une pala un peu plus tolérante font une vraie différence.

Sur la piste, même logique : patience. La balle sort moins, les points se construisent davantage. Les deux premiers jeux servent aussi à laisser le corps entrer dans le match. Trajectoires plus hautes, moins de précipitation au smash, plus de jeu placé. En défense, le premier pas est souvent plus lent : mieux vaut anticiper, fléchir et jouer simple que forcer un coup impossible.

Boire, manger, bouger… même quand on n’en a pas envie

Le piège de l’hiver, c’est qu’on ne ressent ni la soif ni la fatigue de la même façon. Pourtant, on se déshydrate tout autant, parfois plus, surtout en indoor. Boire régulièrement, même par petites gorgées, est essentiel. Les boissons tièdes, légèrement salées, passent souvent mieux.

Entre les jeux, on ne se fige pas. On bouge, on garde la veste, on entretient la chaleur. Après le match, même combat : se couvrir rapidement, marcher quelques minutes, boire chaud et recharger le corps. L’hiver récompense ceux qui prennent soin des détails.

Au final, le froid n’est pas un ennemi. C’est un filtre. Il révèle les joueurs préparés, patients et intelligents dans leur gestion du match. En hiver, on gagne moins par la puissance que par la lucidité. Et souvent, c’est au troisième set que la différence se fait.