Interview Instagram de Patrick Tauma, ancien coach de la joueuse de tennis Naomi Osaka et joueur de l’équipe de France de padel, qui a son académie de tennis à Miami, où il vit depuis 16 ans.
- Concernant sa collaboration avec Naomi Osaka
J’ai rencontré Naomi et sa sœur Marie dans une académie où elles étaient invitées. A l’époque elles n’étaient pas assez fortes pour faire partie de cette académie donc j’ai proposé à leur père de les prendre toutes les deux dans mon académie gratuitement entre guillemets, en échange d’un contrat. Leur père était très intéressé, j’avais la chance d’avoir trois autres joueuses que j’entraînais en même temps et qui me rémunéraient. J’ai entraîné les sœurs Osaka pendant un an et Naomi est devenue la meilleure junior, devant Bencic, que tous les sponsors s’arrachaient. Elle a même battu Bencic (6/2 6/3). Je l’entraînais matin et soir.
Au bout d’un an, ses parents m’ont dit “on va signer le contrat mais tu dois nous trouver de l’argent”. Pendant 48h, des agents, des sponsors sont venus, Wilson leur a fait une proposition. Ils se sont tous rués sur elle pendant 2-3 jours, lui ont proposé de l’argent. Et puis finalement son père m’a dit “on ne signe pas de contrat”. Donc je leur ai demandé de partir.
On est toujours un peu en contact mais son père essaye de bloquer toute communication entre elle et moi pour ne pas que je révèle la vérité. Je dépensais 4000 ou 5000$ par mois entre les terrains, le fitness, les sparings, les kinés etc. Au final, les parents m’ont fait miroiter une signature de contrat qui n’a jamais eu lieu, ils me disaient que je faisais partie de la famille, j’ai peut-être été naïf, j’étais passionné, je savais que j’avais une pépite entre les mains, je rêvais qu’elle soit numéro un mondiale. Christophe Jean, qui l’a entraînée deux ans avant moi, à vécu la même chose.
Ils m’ont appelé après sa victoire à l’Open d’Australie, ils m’ont dit “Patrick on ne te donnera pas d’argent mais tu as tout notre amour, par contre tu nous oublies…” . J’espère qu’un jour elle reprendra contact avec moi car j’ai de très bons souvenirs de Naomi.
- Concernant sa découverte du padel
J’ai connu le padel en 1993, certains m’appelleraient le dinosaure du padel ! En 1993 j’ai décidé de passer mon Brevet d’Etat de tennis. J’étais à l’UCPA de Lacanau pour passer un des tests et deux joueurs : Franck et Bernard Frances, numéros un français de padel sont venus me voir pour m’initier au padel. Je ne connaissais pas ce sport, cela ne m’intéressait pas. J’ai fini par essayer et j’ai adoré. De fil en aiguille ils m’ont présenté Claude Baigts, président de la fédération de padel à l’époque, et ils m’ont invité à des évènements avec les meilleurs français, Laurent Imbert, Brice Bernard, Alexis Salles etc.
- Son expérience en tant que joueur de padel
Au tout début, il y avait essentiellement des joueurs qui n’avaient pas de passé de tennis. Souvent les gens jouaient très bien en défense, mais pas très bien à la volée.
A l’époque c’était la règle argentine : retour-volée. On n’avait pas le droit de faire service-volée, c’était un jeu beaucoup plus défensif. Le padel avait été créé pour faire un sport avec plus d’échanges, moins agressif, avec plus de défense. Cela permettait d’apprendre à jouer avec les murs, travailler la défense.
Moi je préfère bien sûr le jeu vers l’avant, la volée, mais l’ancienne règle m’a fait du bien.
Franck et Bernard Frances avaient un bon niveau, qui leur permettait de jouer contre les meilleurs espagnols. Je suis parti en Espagne aussi pour faire des tournois, grâce à Claude Baigts notamment.
- Concernant l’évolution de la compétition au padel
Aujourd’hui c’est beaucoup plus facile pour les tennismen. Avant on pouvait s’en sortir sans avoir joué au tennis, mais maintenant il faut être très fort à la volée, avec de gros réflexes.
Les joueurs qui ont été très bons au tennis, ont l’habitude de s’entraîner dur, une technique, une discipline qu’ils ont eu étant jeunes au tennis, qu’ils transposent aujourd’hui au padel, c’est ce qui leur permet de performer aussi vite.
Tout va plus vite. Il faut avoir confiance en son partenaire, et sentir qu’il n’y a pas trop de différence de niveau entre les deux joueurs. A l’époque il y avait peu de joueurs qui jouaient bien donc il y avait parfois une grande différence de niveau dans un binôme.
Avant on était un petit noyau de joueurs donc il fallait être soudés. Aujourd’hui il y a tellement de bons joueurs que c’est beaucoup plus facile de changer de partenaire.
- Concernant les débuts du padel en Ile de France
Prenant beaucoup de plaisir comme joueur, j’ai décidé de promouvoir le padel. En 1994-1995, j’étais sur Paris et j’ai acheté un terrain de padel démontable, pour faire des démonstrations. Le Paris Country Club a tout de suite adoré l’idée, ils m’ont donné un emplacement, on a monté le court là-bas avec mon père, mon frère et des amis. J’y étais tous les jours pour faire des exhibitions, des initiations.
Tout le monde était à fond tennis, j’étais un précurseur. J’ai ensuite mis mon court au Stade Français, mais je me sentais un peu seul, à l’époque il n’y avait pas trop d’engouement. J’ai contacté tous les clubs en Ile de France, je proposais mon court gratuitement mais les gens n’étaient pas intéressés. C’était trop tôt, les gens n’étaient pas prêts.
Ensuite, en 1998, Claude Baigts a mis un court à Rueuil-Malmaison. Il proposait des clubs de padel gratuits aux mairies, en l’échange d’emplacements publicitaires.
- La montée du padel aux Etats-Unis et particulièrement en Floride
Cela fait environ 15 ans que le padel est connu à Miami et Ford Lauderdale, avec Nalé Grinda, précurseur du padel aux États-Unis, qui a mis en place un club à Wynwood avec 8 pistes. On a un projet pour faire des cours couverts, vers Boca Raton,en Floride.
En Floride, il y a une forte communauté sud-américaine, qui joue beaucoup. On essaie d’intéresser les Américains mais ça va monter. Tous les clubs sont pleins, maintenant il faut trouver des investisseurs pour créer des clubs.
On ne veut pas faire des clubs purement padel mais faire des “racket clubs”, où l’on va mettre du padel et du pickleball, qui un sport qui suscite un gros engouement aux USA. L’objectif c’est de faire découvrir le padel aux joueurs de pickleball.
- Sur le fonctionnement administratif du padel aux USA
Ce n’est pas encore aussi structuré qu’en France. C’est plus des tournois internes, dans les clubs. On est plus sur des compétitions à titre privée. Par exemple, Nalé organise des tournois où il fait venir des joueurs qui font partie des meilleurs du monde dans son club.
Retrouvez les + / Les questions des internautes / les INSIDE dans le podcast ici : https://www.youtube.com/watch?v=dsFjAG17vYo

Xan est un fan de padel. Mais aussi de rugby ! Et ses posts sont tout aussi punchy. Entraîneur physique de plusieurs joueurs de padel, il déniche des posts atypiques ou traite de sujets d’actualité. Il vous donne également quelques conseils pour développer votre physique pour le padel. Clairement, il impose son style offensif comme sur le terrain de padel !

























































































P1000 PadelShot Rennes : Couturier et Filho renversent Marie / Forcin au bout d’une finale irrespirable
P1000 Olympia Sports : les gauchers Courrin / Potel dominent la finale et s’offrent le titre
P1000 Pneu Cash Réunion Padel Club – Navarro et Candelo s’imposent au bout du suspense face à la TS3 pour rejoindre Britos / Garcia en finale
Momo González : “J’ai appris à changer mon grip il y a seulement 2 ans”
Rodri Ovide : “On avait la séparation tous les deux en tête avec Gemma, sans en avoir parlé”
Quand la présentation de l’association Nieto / Sanz vire au cauchemar
Yann Auradou nommé capitaine adjoint de l’équipe de France messieurs : « C’est un honneur et une grande responsabilité »
Où voir les demi-finales des P1000 Overstims PadelShot Rennes, Pneu Cash Réunion Padel Club et Olympia Sports ?
P1000 Olympia Sports – Groll et Garcia au bout de deux énormes combats se hissent en demi-finale
P1000 Pneu Cash Réunion Padel Club – Moreau et Maitre font tomber Grenier / Théard pour rejoindre les favoris en demi-finale
FIP Bronze Agrigento : fin de parcours pour les Français en huitièmes
Osoro se blesse à l’entraînement et déclare forfait pour le Gijón P2
La FIP s’associe à Led Light Projects pour un meilleur éclairage sur le circuit
Premier Padel x Bullpadel présente sa nouvelle collection 2026 : innovation, puissance et design au plus haut niveau
STAR : le padel réinventé entre sport, élégance et networking
La Colombie, nouveau moteur du padel latino-américain
Nouvelle signature chez OnlyFans : Osoro ouvre les coulisses de sa carrière
Ouvrir un club de padel : combien ça coûte ?
Le padel en simple est-il autorisé en compétition officielle ?
Les règles litigieuses au padel : ce que dit vraiment le règlement
Service au padel : à quelle hauteur exacte faut-il frapper la balle selon la FIP ?
Le padel des enfants : une culture installée en Espagne, un modèle inspirant pour la France
Comprendre les effets pour mieux jouer au padel
Air padel : pourquoi les pros répètent “dans le vide” (et comment l’utiliser sans tomber dans le gadget)
La vibora décomposée : transfert, plan de frappe et sensations
Et Ducati créa la pala la plus rapide du monde !
Augsburger, le smash comme signature : entre génie et précipitation
L’analyse tactique de Mario Cordero sur un match de Léo – Meilleur sportif
Joueurs de droite : le choc des approches générationnelles
Quand le padel se synchronise : pourquoi on tombe parfois dans le rythme de l’adversaire
Tennis vs Padel : quelles différences ?
Yanguas : d’immenses qualités au service d’un mental encore fragile
Ale Galán : une main meutrie mais qui ne l’arrête pas !
Prévenir les blessures au padel : les méthodes qui permettent de jouer plus longtemps
Échauffement, étirements, récupération : les clés pour durer
Formation et filière de haut niveau : Espagne et France, deux dynamiques différentes
Christophe, quand un joueur amateur s’inscrit dans un vrai processus d’apprentissage
Vacances de février : des stages tennis et padel au club Les Pyramides