Ancien joueur de tennis classé –15, acteur de la construction de terrains depuis la fin des années 1980 et fondateur de Padel Court, Pascal Aucouturier fait partie des pionniers qui ont accompagné l’essor du padel en France. Présent pour la première édition du Salon du Padel qui se tiendra les 28 et 29 mars 2026, au club Padel Horizon à Sucy-en-Brie, il revient sur son parcours, sa transition du tennis vers le padel, la création de son entreprise et sa vision du développement des infrastructures dans les années à venir.

Un parcours ancré dans le tennis de haut niveau

Avant de s’imposer comme un acteur reconnu du padel, Pascal Aucouturier a d’abord construit son parcours sur les courts de tennis. Ancien joueur classé –15, il évoluait à une époque où ce niveau correspondait à un rang national particulièrement élevé, proche du top 30 français.

« J’étais classé -15, ce qui représentait à l’époque un très bon niveau. »

Il poursuit sa carrière sportive jusqu’à l’âge de 27 ans, avant d’orienter son avenir professionnel vers le monde de l’entreprise. Après des études commerciales, il prend la direction de sociétés spécialisées dans la construction de courts de tennis, un secteur dans lequel il évolue sans interruption depuis 1988.

Cette longévité lui permet de connaître en profondeur les réalités des clubs, des collectivités et des infrastructures sportives.

La naissance de Padel Court et l’intuition du virage padel

C’est en 2018 que Pascal Aucouturier lance officiellement Padel Court, même si la réflexion autour du padel est bien antérieure. Dès le milieu des années 2010, il pressent qu’un changement majeur est en train de s’opérer.

« J’avais senti qu’il y aurait un mouvement important autour du padel, et je voulais m’y inscrire. »

Son intuition repose sur plusieurs éléments : un sport convivial, accessible, joué à quatre, favorisant la proximité et l’échange entre les joueurs. Ancien tennisman, il perçoit également immédiatement la différence culturelle entre les deux disciplines.

« Pour un joueur de tennis, ce n’est pas simple au début, parce qu’il faut accepter de laisser passer la balle. »

Malgré cette adaptation technique, il identifie rapidement un potentiel bien plus large que le seul public issu du tennis.

Un sport capable de rassembler bien au-delà du tennis

Très tôt, Pascal Aucouturier observe que le padel attire des profils variés. Footballeurs, rugbymen, volleyeurs, pratiquants de sports collectifs ou individuels : la discipline séduit par son aspect ludique et social.

« J’ai vu que ce sport pouvait plaire à tout le monde, pas uniquement aux joueurs de tennis. »

Son regard est aussi façonné par son expérience du tennis français. Après avoir vu se multiplier des infrastructures parfois isolées, sans véritable vie de club, il perçoit progressivement une perte de vitesse du modèle traditionnel.

« J’ai ressenti une forme de désaffection pour le club et pour la pratique compétitive. »

Des débuts contrastés mais portés par la confiance

Lorsque Padel Court entre réellement sur le marché, la dynamique est encourageante… avant d’être brutalement freinée par la crise sanitaire.

« Les débuts ont été à la fois simples et chaotiques. »

Malgré ce contexte, plusieurs clubs décident de lui faire confiance rapidement, portés par une relation construite sur des années dans le tennis. Les premiers projets voient le jour autour de Bordeaux, territoire historiquement lié à son activité.

« Des clubs m’ont dit : si tu penses que c’est une bonne chose, on te suit. »

Son réseau, son passé de joueur et sa connaissance fine du terrain facilitent cette transition. Dès 2018, les premières pistes sont livrées, marquant le véritable point de départ de Padel Court dans le padel français.

Une philosophie fondée sur l’accompagnement

Aujourd’hui, Padel Court est presque exclusivement tournée vers le padel, même si Pascal Aucouturier continue d’intervenir ponctuellement sur des projets tennis pour des clients historiques.

Ce qui distingue avant tout son entreprise, selon lui, n’est pas uniquement le produit, mais la méthode de travail.

« On accompagne les projets avant, pendant et après les travaux. »

Conseil en amont, échanges avec les architectes, suivi du chantier, vérification du dallage et des réseaux : l’entreprise intervient bien au-delà de la simple installation de la piste.

Cette exigence implique parfois un coût supérieur à certains concurrents, mais elle s’inscrit dans une logique assumée de qualité et de durabilité.

« On est parfois un peu plus chers, mais on est présents de A à Z. »

Un développement encore loin d’être arrivé à maturité

Pour Pascal Aucouturier, le padel français se trouve toujours dans une phase de croissance active. Le nombre de pistes a fortement progressé, mais le marché n’a pas encore atteint son équilibre.

« Plus il y a de padel, plus il y a de joueurs. Et plus il y a de joueurs, plus il y a besoin de padel. »

Il estime que les clubs privés disposent encore de plusieurs années de développement devant eux, avant un ralentissement progressif. À plus long terme, les clubs affiliés FFT poursuivront leur équipement, à un rythme plus lent, mais sur une période bien plus longue.

« Ils n’ont pas les mêmes moyens, ni le même modèle économique. »

Enfin, il anticipe l’émergence future d’un marché plus confidentiel : celui des installations privées chez les particuliers, appelé à se développer plus tardivement.

Avec plus de trente ans passés dans la construction d’infrastructures sportives, Pascal Aucouturier incarne une génération d’acteurs qui ont vu le padel naître, grandir et s’installer durablement en France. À travers Padel Court, son approche repose sur une idée simple : accompagner les projets dans la durée, avec exigence et méthode. Alors que le padel poursuit sa structuration, son regard d’homme de terrain rappelle une chose essentielle : le développement ne se mesure pas uniquement au nombre de pistes, mais à la qualité des projets qui les font vivre.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 au Domaine De Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet son antoushiasme et sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !