Focus sur deux joueuses plutôt discrètes et qui pourtant sur les terrains réussissent de très belles prestations : Marie Lefevre et Mélanie Ros. Respectivement 8e et 10e joueuses française, elles reviennent sur leur parcours et leurs espoirs.
Le padel : un début en compétition
Franck Binisti : avant de parler du futur, pouvez-vous dire, pour ceux qui ne vous connaissent pas, comment vous vous êtes lancées dans le padel ?
Marie Lefevre : J’ai démarré à la National Padel Cup. D’ailleurs, c’était avec toi Franck, à l’époque tu lançais et organisais la NPC avec la National Tennis Cup. On avait fait notre premier tournoi de padel et j’ai adoré l’ambiance.
Si ma mémoire est bonne, le second match était face à Géraldine Sorel et Sandy Godard. D’ailleurs, ce sont elles qui m’ont dit de jouer à droite car lorsque j’ai commencé je m’étais mise à tord à gauche (je suis gauchère).
Au début, j’ai eu beaucoup de problèmes avec les vitres. Et avec le Covid, au tennis c’était compliqué. Du coup, je me suis mise à jouer au padel qui était autorisé dehors. J’ai beaucoup joué et j’ai progressé.
Après, chez les dames, nous ne sommes pas si nombreuses à jouer, et on rentre assez vite dans le top 20/30.
Mélanie Ros : Comme beaucoup de joueurs, je viens du tennis où j’ai été 2/6. J’ai ensuite fait pas mal de beach-tennis jusqu’à ce que l’on me fasse découvrir le padel grâce à la Setteo. J’ai donc presque découvert le padel sur la compétition par équipes à Malaga : il y a pire ! Maintenant je ne touche plus d’autres raquettes !

Discrètes mais top 10 !
FB : Vous êtes respectivement 8e et 10e joueuses françaises. Et pourtant, vous vous faites très discrètes. Un choix, un hasard ?
Marie Lefevre : Ce n’est pas un choix particulier d’être discrète. Cela fait un an qu’on a des résultats. Quand on nous voit dans les tableaux, on n’est jamais attendues, mais au final on fait notre bout de chemin et nous sommes dans le top 10.
Mélanie Ros : Nous sommes discrètes c’est vrai. C’est dû à notre caractère mais aussi probablement à nos résultats. Nous ne sommes pour l’instant pas arrivées à battre l’une des paires favorites malgré des matchs très accrochés. Cela aurait participé à nous faire connaître davantage
FB : Quelles sont selon vous vos plus grosses victoires, vos meilleurs résultats ?
ML : L’année dernière au P2000 des Pyramides, nous accrochons Géraldine Sorel et Elodie Invernon. On fait 3 sets face à elles.
On fait aussi neuvièmes aux championnats de France en prenant dès le second tour Vandaele / Invernon, ce qui n’est pas un tirage très favorable pour un second tour. Et derrière nous remportons tous nos matchs.
Nous avons battu la paire Detrivière / Ligi l’année dernière. Et lors du dernier P2000 des Pyramides, on a eu deux balles de match face à Fiona Ligi et Laura Clergue, qui font finale derrière. On est un peu en-dessous mais on n’est pas loin.
Cette défaite est dommage car la victoire aurait pu nous aider à obtenir ce précieux sésame pour le stage de l’équipe de France élargie à Barcelone.
MR : Ce match a en tout cas montré notre régularité de jeu sur tous les tournois et nous encourage à faire encore mieux.


“Concrétiser nos gros matchs”
FB : En parlant de l’équipe de France, vous espérez faire partie de l’équipe de France élargie ?
ML : Pour moi, il y a une très grosse paire devant, et puis il y a 4 équipes à mon sens devant nous. Pour une place dans l’équipe de France élargie, je pense donc que pour les 8e et 10e joueuses françaises, il y a une opportunité de partir à Barcelone. Ce serait déjà une première étape avant espérer d’aller plus loin. Mais cela voudrait dire un engagement très important de la part de Mélanie et moi, car la concurrence est très rude.
On espère que le capitaine nous sollicitera pour nous tester au moins.
On sait qu’il nous reste beaucoup de travail technique et tactique pour passer les paliers. On est parfaitement lucides sur le fait qu’il reste tout à faire. C’est pourquoi, nous essayons de nous entraîner le plus possible et de participer aux plus grandes compétitions françaises.
MR : Nous savons qu’il y a de très bonnes joueuses devant nous mais nous avons beaucoup progressé en un an et nous savons que nous avons encore une marge de progression importante. Notre classement et nos résultats lors des P2000 nous permettent forcément d’y penser. Ce serait une récompense pour nous d’y participer et surtout l’occasion de progresser encore plus.
Robin Haziza nous donne quelques conseils de temps en temps pour nous améliorer. Nous nous concentrons pour l’instant sur nos matchs, nos victoires et nos défaites pour nous perfectionner. L’objectif est pour nous de concrétiser enfin tous ces matchs accrochés face aux paires favorites.
Pour ma part cela va passer par le fait de jouer plus (malheureusement je n’ai pas de piste de padel à moins d’une heure de chez moi. Autant dire que jouer est très compliqué…) mais aussi de me faire coacher lors des matchs. On a perçu l’importance de ce rôle grâce à Fred Pommier qui nous a coachées sur le P2000.
Aujourd’hui il faut que l’on s’améliore techniquement. Il faut que l’on se rapproche d’un coach et qu’on commence vraiment à parler padel. Il n’y a pas de secret, il va falloir s’entraîner si l’on veut rivaliser contre des filles qui s’entraînent ! Mais on est prêtes pour ça !
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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