Depuis le début de saison, Juan Lebrón affiche clairement son ambition : revenir tout en haut du padel mondial. Et avec Leo Augsburger, le message est souvent le même. L’Argentin ne s’en cache pas : son objectif est d’aider le “Lobo” à retrouver la première place mondiale.

Sur le papier, le projet a du sens. Lebrón apporte l’expérience, le vécu des grands rendez-vous, tandis que Leo Augsburger incarne l’une des plus grosses montées en puissance du circuit. À seulement 21 ans, l’Argentin a déjà gagné une vraie dimension et s’est imposé comme l’un des joueurs les plus dangereux du moment.

Mais si l’on regarde les chiffres de plus près, la réalité du classement est bien moins flatteuse.

Un duo encore trop loin du sommet

Aujourd’hui, dans la Race, Tapia / Coello dominent avec 2 560 points, juste devant Galán / Chingotto, qui pointent à 2 290 points.

Derrière, le fossé est déjà très net.
Lebrón / Augsburger ne comptent que 1 170 points.

Autrement dit, la paire hispano-argentine possède moins de la moitié du total des leaders. Et c’est bien là tout le problème : à l’heure actuelle, ils ne luttent pas encore réellement pour la place de n°1, mais plutôt pour rester solidement installés dans le wagon des meilleures paires derrière les deux intouchables du moment.

Avant de regarder vers le haut, attention à ne pas regarder derrière

Car pendant que Lebrón et Augsburger tentent de réduire l’écart avec les deux paires dominantes, la pression vient aussi de l’arrière.

Des nouvelles associations qui vont chercher de gros points, restent en embuscade. Et dans une saison où les écarts peuvent vite bouger sur deux ou trois gros tournois, une élimination prématurée peut coûter très cher.

En clair, Lebrón n’a pas seulement un problème de sommet à aller chercher, il a aussi un classement à sécuriser dans une zone très compétitive.

Pour viser la première place, il faudrait presque une saison parfaite

Et c’est là que le vrai problème apparaît. Si Lebrón et Augsburger veulent réellement croire à la première place mondiale d’ici la fin de saison, leur deuxième partie d’année devrait être tout simplement exceptionnelle.

D’abord, ils devraient quasiment monopoliser les grands rendez-vous, et notamment les Majors. En clair, il leur faudrait probablement en remporter au moins deux sur les trois restants pour injecter 4000 points et recoller sérieusement au sommet.

Ensuite, ils ne peuvent plus se permettre la moindre irrégularité. Sortir en quart de finale d’un P1 ou d’un P2 ne suffira pas. Tant que Tapia / Coello et Galán / Chingotto jouent les finales le dimanche pendant que Lebrón et Leo quittent le tournoi dès le vendredi, l’écart continue mécaniquement de se creuser.

Enfin, il ne suffira pas seulement de gagner des matchs et d’accumuler des points. Ils devront aussi battre directement les paires qui les dominent aujourd’hui. Et si possible avant la finale, pour empêcher les leaders de continuer à prendre de l’avance. Car dans cette course, prendre des points ne suffit plus : il faut aussi en faire perdre aux autres.

Une ambition logique, mais une réalité bien plus dure

L’ambition de Juan Lebrón n’a rien d’absurde. Un joueur de son calibre se doit de viser le plus haut. Et avec Leo Augsburger, il a choisi un partenaire capable de faire exploser un match à tout moment.

Mais aujourd’hui, la course au n°1 ressemble davantage à un objectif de très long terme qu’à une menace immédiate.

Pour espérer y croire, Lebrón et Augsburger devront enchaîner presque sans faute pendant plusieurs mois, tout en espérant un vrai coup d’arrêt des deux paires qui dominent actuellement le circuit.

Et pour l’instant, c’est bien là tout le problème : Tapia / Coello et Galán / Chingotto ne laissent presque rien à personne.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !