Depuis plusieurs saisons, les Émirats arabes unis avancent avec constance dans leur volonté de s’imposer comme une nation crédible du padel mondial. Cette progression ne repose pas uniquement sur le développement local, mais aussi sur une politique assumée de naturalisation de joueurs espagnols, une stratégie qui, si elle est légale, interroge de plus en plus le milieu du padel international.
Une montée en puissance confirmée sur le terrain
Lors des Championnats du monde de padel 2024, disputés au Qatar, la sélection émiratie a signé la meilleure performance de son histoire. Placés dans un groupe relevé comprenant notamment l’Espagne, les Émirats arabes unis ont atteint les quarts de finale, terminant à une cinquième place mondiale. Un résultat loin d’être anecdotique, qui confirme leur statut de sélection émergente.

Ce classement s’est appuyé sur un effectif largement composé de joueurs formés en Espagne : Sergio Icardo, Francisco Jurado, Iñigo Jofre, Arnau Ayats, rejoints plus récemment par Enri Goenaga et Ignacio Vilariño.
Une ossature solide, compétitive, qui permet aujourd’hui aux Émirats d’exister face à des nations historiquement installées.
Pour la petite histoire Enri Goenaga jouait encore pour l’Espagne en février dernier justement et remportera avec une équipe bis, la World Padel League, une compétition certes non officielle. Mais symbolique de la confusion et des questions qui se posent autour de ce mercato entre nations.

Une stratégie légale, mais de plus en plus questionnée
Sur le plan réglementaire, rien n’interdit formellement ces naturalisations. La Fédération Internationale de Padel (FIP) encadre l’éligibilité des joueurs selon des critères administratifs précis, respectés dans ces dossiers. Pourtant, la question dépasse le cadre juridique.
Car les Championnats du monde ne sont pas une compétition par clubs ou par franchises. Ils sont, par essence, une vitrine du niveau réel d’un pays, de sa formation, de sa culture padel et de sa capacité à développer ses propres talents.
En coulisses, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une forme de “marché des joueurs”, principalement tourné vers l’Espagne et l’Argentine, réservoirs historiques du padel mondial.
Pablo Ayma : une réflexion de fond sur l’esprit des Mondiaux
Cette problématique n’est pas nouvelle. Pablo Ayma, capitaine de l’équipe de France messieurs, s’était déjà interrogé publiquement sur cette tendance.
Sans viser un pays en particulier, le technicien espagnol posait une question de fond :
les Championnats du monde doivent-ils devenir une compétition où certains pays compensent leur retard structurel en recrutant massivement à l’étranger, ou doivent-ils rester un reflet fidèle du niveau national ?
L’argument revient souvent chez les nations qui « jouent le jeu » de la formation locale :
en s’appuyant sur des joueurs naturalisés de haut niveau, certaines sélections modifient artificiellement l’équilibre sportif, au détriment de pays qui investissent depuis des années dans leurs jeunes, leurs entraîneurs et leurs structures.
Un paradoxe autour du rôle de la FIP
Le débat renvoie inévitablement au rôle de la FIP. Ces derniers mois, l’instance internationale a multiplié les initiatives structurantes, comme le lancement de la FIP Academy, destinée à encadrer la formation des entraîneurs, arbitres et acteurs du padel mondial.
Un projet ambitieux, salué pour sa volonté d’harmonisation et de professionnalisation.
Mais dans le même temps, l’absence de réflexion claire sur les limites des naturalisations en sélection interroge. En interne, beaucoup s’étonnent de voir la FIP intervenir sur des domaines parfois périphériques, tout en laissant prospérer des pratiques qui touchent directement à l’ADN des compétitions internationales.
Faut-il encadrer, limiter ou interdire ?
La question est désormais posée ouvertement :
faut-il limiter le nombre de joueurs naturalisés par sélection ?
imposer une durée minimale de résidence ou de formation dans le pays représenté ?
ou, à terme, interdire certaines pratiques jugées contraires à l’esprit des Mondiaux ?
Dans d’autres sports, des règles strictes existent déjà, précisément pour préserver l’équité et l’identité des compétitions internationales. Le padel, encore jeune à l’échelle mondiale, se trouve à un tournant de sa structuration.
Un enjeu majeur pour l’avenir du padel mondial
La réussite sportive des Émirats arabes unis est indéniable. Leur cinquième place mondiale témoigne d’un projet ambitieux et cohérent. Mais elle agit aussi comme un révélateur d’un débat plus large, qui dépasse largement le cas émirati.
À mesure que le padel se mondialise, la FIP devra trancher :
soit accepter pleinement cette logique de circulation des talents,
soit poser un cadre plus strict pour préserver l’équilibre et la crédibilité des Championnats du monde.
Une chose est sûre : la question n’est plus marginale. Elle est désormais au cœur des discussions du padel international.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































P1500 Padel Campus Arena – Wagner et Pillon ont tremblé pour rejoindre Perez Le Tiec / Guy de Chamisso en finale
P1000 dames Esprit Padel Lyon – Les têtes de séries 1 et 2 tiennent leur rang pour se retrouver en finale
Quand Vincent / Bayard s’arrêtent pour applaudir le coup de génie de Tom Couturier
Juan Martín Díaz explique sa séparation avec Belasteguín : « Bela a fait le bon choix »
Tapia : « Avant d’être numéro un, mon rêve était de vivre avec mes parents »
Chingotto : “Je prendrais ma retraite avec Galán”
Pol Hernández : “Le padel moderne cherche des joueurs capables de frapper de partout”
P1500 dames Esprit Padel Lyon – Lefevre et Senjean sortent la TS4 et filent en demies
Godallier et Marchetti déroulent pour se hisser en finale du FIP Silver Dubaï
Les P1500 Padel Campus Arena et Esprit Padel Lyon entrent dans le vif du sujet avec les quarts
FIP Bronze Agadir – Raichman / Muesser stoppés, Guichard et Geens prennent leur revanche sur Boronad / Robert et filent en quarts
Pablo Lijó change de marque et rejoint Ocean Air
La Colombie, nouveau moteur du padel latino-américain
Nouvelle signature chez OnlyFans : Osoro ouvre les coulisses de sa carrière
Ouvrir un club de padel : combien ça coûte ?
À Liverpool, le padel s’invite sur le front de mer et change le paysage sportif
Augsburger, le smash comme signature : entre génie et précipitation
Tennis vs Padel : quelles différences ?
Formation et filière de haut niveau : Espagne et France, deux dynamiques différentes
Christophe, quand un joueur amateur s’inscrit dans un vrai processus d’apprentissage
Air padel : pourquoi les pros répètent “dans le vide” (et comment l’utiliser sans tomber dans le gadget)
La vibora décomposée : transfert, plan de frappe et sensations
Et Ducati créa la pala la plus rapide du monde !
Une pédagogie du padel centrée sur le geste
L’analyse tactique de Mario Cordero sur un match de Léo – Meilleur sportif
Joueurs de droite : le choc des approches générationnelles
Quand le padel se synchronise : pourquoi on tombe parfois dans le rythme de l’adversaire
Les règles du service au padel en 2026 : ça évolue à la FIP !
Mario Débriefe : l’émission revient en direct ce jeudi
Nuisance sonore padel : que dit la loi ?
Yanguas : d’immenses qualités au service d’un mental encore fragile
Ale Galán : une main meutrie mais qui ne l’arrête pas !
Prévenir les blessures au padel : les méthodes qui permettent de jouer plus longtemps
Échauffement, étirements, récupération : les clés pour durer
Vacances de février : des stages tennis et padel au club Les Pyramides
Barcelone, capitale européenne du padel : cap sur l’expertise avec OSS Barcelone