Le smash reste l’un des coups les plus spectaculaires et les plus débattus du padel professionnel. Longtemps évalué à travers le prisme des sensations ou de la réputation, il fait désormais l’objet d’analyses statistiques précises, notamment grâce aux données collectées par Padel Intelligence. Et pour la saison Premier Padel 2025, les chiffres racontent une histoire plus nuancée que prévu.

Contrairement aux idées reçues, ni Arturo Coello, ni Alejandro Galán, ni Leo Augsburger, ni Agustín Tapia ne dominent tous les indicateurs liés au smash. Plusieurs joueurs, parfois moins médiatisés pour leur puissance brute, se distinguent par leur volume, leur efficacité ou leur gestion du risque.

Javi Leal, le smash le plus productif de la saison

Sur le critère du nombre de smashes tentés par match, Javi Leal s’impose comme la référence en 2025. Le joueur espagnol tente en moyenne 21,57 smashes par rencontre, devant Juanlu Esbrí (20,71) et Alejandro Galán (20,09).
Un volume qui traduit un rôle offensif assumé et une liberté importante dans le jeu aérien.

Mais c’est surtout sur le critère des points gagnants générés par le smash que Javi Leal creuse l’écart. Avec 12,36 points gagnants par match, il devance Juanlu Esbrí (11,86) et Galán (11,47). En clair, aucun joueur ne transforme autant de smashes en points directs cette saison sur le circuit Premier Padel.

Pas loin du pétage de plomb pour Leal après l’élimination
Crédit Premier Padel

Efficacité : Momo González en tête

La puissance ne fait cependant pas tout. L’un des indicateurs clés analysés par Padel Intelligence concerne l’efficacité, c’est-à-dire le pourcentage de smashes qui se concluent par un point gagnant.

Dans ce domaine, la hiérarchie change. Momo González affiche le meilleur rendement de la saison avec 66,3 % de réussite, devant Agustín Tapia (64,7 %) et Alejandro Galán (64,6 %).
Un chiffre d’autant plus significatif que seuls les joueurs dépassant 10 tentatives par match ont été retenus dans ce classement, ce qui renforce la pertinence de la comparaison.

Rendement global : limiter les pertes, un enjeu majeur

Autre indicateur analysé : le rendement global, qui met en balance les points gagnés et les points perdus après un smash. Ici encore, Momo González se distingue avec 54,4 %, devant Álex Ruiz (53,9 %) et Agustín Tapia (52,4 %).
Ces données soulignent l’importance de la prise de décision, parfois plus déterminante que la seule puissance d’exécution.

À l’inverse, l’indicateur de perte directe (% de smashes menant à un point perdu) met en avant les profils les plus sécurisés. Coki Nieto affiche le taux le plus bas avec 10,6 %, juste devant Álex Ruiz (10,7 %) et Javi Garrido (11,7 %).

Le smash, un outil aux multiples visages

Les données de la saison 2025 confirment une réalité souvent observée sur le terrain : il n’existe pas un seul modèle de smash dominant, mais plusieurs approches complémentaires.
Javi Leal s’impose par le volume et la production brute de winners. Momo González excelle par son efficacité et sa lecture du jeu. Tapia et Galán restent des références par leur régularité et leur polyvalence, sans dominer tous les indicateurs.

À l’heure où le padel professionnel se professionnalise toujours davantage, ces statistiques apportent un éclairage précieux : le smash ne se juge plus seulement à la puissance, mais à l’impact réel sur le score. Une évolution qui reflète parfaitement la maturité tactique atteinte par le circuit Premier Padel.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.