Finaliste du premier P2000 de la saison au 4Padel de Bordeaux, puis huitième de finale au FIP Silver de Caen, Clara Mansart attaque 2026 par les cornes. Plus régulière, plus patiente, mais toujours aussi puissante, la jeune kinésithérapeute semble avoir franchi un cap. Rencontre avec une joueuse en pleine évolution.

Un parcours génial à Bordeaux et de belles promesses à Caen

Difficile de mieux commencer l’année. En quelques semaines, Clara Mansart s’est révélée parmi les joueuses les plus en forme du circuit français. Sa finale au P2000 de Bordeaux, acquise en partant quinzième paire du tournoi aux côtés de sa fidèle partenaire Marie Rondot, de retour sur le circuit, a marqué un tournant. Quelques jours plus tard, sa présence en huitième de finale au FIP Silver de Caen vient confirmer que cette performance n’avait rien d’un coup isolé.

Sur les pistes normandes, Clara et Marie ont d’ailleurs dû s’employer dès le premier tour, au terme d’un combat de plus de deux heures trente face à une paire espagnole très solide, en allant chercher la victoire de manière héroïque.

« Je ne sais même pas comment on s’en sort. À 5-6, 0-40 sur mon service… c’est vraiment que du mental. »

Menées, sous pression, les Françaises s’accrochent.

« Je disais à Marie : point après point, on peut le faire. Et on revient. »

Un scénario révélateur de ce qui caractérise ce début de saison : une joueuse capable de rester lucide dans les moments clés, là où, auparavant, l’émotion prenait parfois le dessus.

Une approche du padel en pleine évolution

Si la puissance de Clara Mansart n’a jamais été un secret, son évolution actuelle se situe ailleurs. Depuis plusieurs mois, la 18e joueuse française travaille sur la patience, le choix des moments et la compréhension du jeu.

« J’ai tendance à m’exciter un peu vite, à taper quand il ne faut pas forcément taper. »

Au P2000 de Bordeaux, elle sent rapidement que quelque chose change.

« J’ai joué un des meilleurs padels que j’ai produits depuis longtemps. J’étais très agressive à la volée et au smash, mais avec plus de maîtrise. »

Cette progression ne vient pas uniquement du terrain.

« J’ai beaucoup regardé de matchs, travaillé la tactique. »

Un travail d’analyse qui lui permet d’exister davantage face à des joueuses au padel très construit, notamment les Espagnoles.

« Elles défendent très bien, jouent très padel. Quand je viens impacter à la volée, les bloquer, elles n’aiment pas du tout. »

Mais Clara le sait : pour que cette arme devienne pleinement efficace, elle doit être utilisée au bon moment.

« Je n’utilise pas encore toujours bien mon arme. Il faut que j’arrive à mieux gérer ça. »

Clara Mansart au service

Kinésithérapeute et joueuse de haut niveau : un équilibre fragile

Cette progression prend encore plus de valeur lorsqu’on observe le quotidien de la joueuse. Clara Mansart n’est pas professionnelle à plein temps. Elle exerce désormais son métier de kinésithérapeute, dans lequel elle s’épanouit pleinement, mais qui limite fortement son volume d’entraînement.

« J’ai du mal à jouer plus de deux fois par semaine. »

Une contrainte qu’elle compense autrement.

« J’apprends énormément en compétition. Quand on enchaîne cinq matchs sur un tournoi, j’ai l’impression que mon niveau monte au fil des tours. »

Le physique reste au cœur de ses priorités.

« Je sais que si je veux enchaîner les tournois sans me blesser, il faut que je sois prête physiquement. »

Quitte à parfois manquer de récupération.

« Je n’avais pas assez récupéré du week-end précédent. Là, je vais profiter un peu des kinés… pour une fois. »

Sans brûler les étapes, Clara avance avec prudence.

« J’essaie de ne pas trop me mettre la pression, de voir comment j’évolue déjà. »

Marie Rondot, une association naturelle mais en construction

Pour lancer sa saison, Clara Mansart a choisi de retrouver Marie Rondot, une partenaire avec qui elle partage bien plus qu’un simple projet sportif. Les deux joueuses se connaissent parfaitement pour avoir débuté le padel ensemble, et cette relation se ressent sur la piste. La communication est fluide, la confiance installée, et le plaisir de jouer ensemble bien réel.

« Sur la piste, on kiffe beaucoup ensemble. »

La paire fonctionne notamment grâce à une vraie complémentarité de profils. Mais Clara reste lucide : cette association doit encore progresser pour s’installer durablement au plus haut niveau français.

« On doit toutes les deux développer nos jeux là où on est un peu moins fortes. »

L’objectif est clair : mieux équilibrer la paire, notamment dans la gestion du filet et des phases défensives, afin d’éviter que certaines équipes n’exploitent trop facilement leurs différences. Pour autant, aucune pression inutile n’est posée sur la durée du projet.

« On ne s’est pas fixé qu’on allait jouer toute la saison ensemble. On essaie surtout de bien communiquer. »

Une approche saine, qui laisse la porte ouverte à d’autres expériences tout en conservant une base solide.

Mansart et Rondot tape dans la main

L’équipe de France en ligne de mire, sans brûler les étapes

Avec un tel début de saison, la question d’une sélection en équipe de France arrive naturellement sur la table. Clara Mansart en est consciente, d’autant que son profil offensif, très puissant à gauche, reste encore peu répandu sur le circuit féminin français.

« Avec mon profil très agressif et mon bras, c’est intéressant. »

La joueuse sait néanmoins que ce potentiel doit encore être mieux encadré pour devenir une véritable arme au plus haut niveau.

« Il faut que j’arrive à mieux gérer cette puissance, à l’utiliser au bon moment. »

Surtout, une telle ambition nécessiterait un investissement supplémentaire, difficile à concilier aujourd’hui avec son activité professionnelle.

« Si je veux vraiment y penser, il faudrait que je m’entraîne trois ou quatre fois par semaine. »

Le rêve est là, assumé, mais abordé avec lucidité. Pour Clara Mansart, l’objectif reste avant tout de continuer à progresser, de confirmer sur les grands rendez-vous, et de laisser les performances parler avant toute projection.

En ce début d’année, Clara Mansart ne se contente pas d’aligner les résultats. Elle construit un padel plus réfléchi, plus complet, tout en conservant ce qui fait sa singularité : la puissance et l’impact.
Finaliste du premier P2000 de l’année, déjà solide sur la scène internationale, la kinésithérapeute avance avec méthode.
Sans discours excessif, sans projection prématurée, mais avec une trajectoire désormais claire : celle d’une joueuse qui s’installe durablement parmi les références du padel français.

Interview complète :

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 au Domaine De Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet son antoushiasme et sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !