Il fait partie des joueurs français qui ont marqué ces dernières années, et continue d’évoluer sur le circuit avec l’exigence d’un compétiteur. Déjà très investi au sein de la Fédération française de tennis, notamment auprès des jeunes, le Parisien voit aujourd’hui ses missions s’élargir avec sa nomination au poste de capitaine adjoint de l’équipe de France messieurs aux côtés de Pablo Ayma. Entretien complet.
« Je n’ai pas hésité une seconde »
Yann, comment as-tu appris ta nomination comme capitaine adjoint de l’équipe de France messieurs ? Est-ce une proposition de Pablo Ayma ? De la fédération ? As-tu hésité avant d’accepter ?
« Alexia Dechaume-Balleret (la Responsable du Haut Niveau) m’a partagé son souhait et ses raisons pour que je sois capitaine adjoint aux côtés du capitaine Pablo Ayma. Je n’ai pas hésité une seconde. Je voulais juste garder mon capitanat chez les jeunes, mais les deux “missions” peuvent être faites parallèlement donc ça ne pose aucun problème. Les dates des championnats ne sont pas en même temps. »
« Faire partie du staff, c’est contribuer à la performance collective »
Qu’est-ce que cela représente pour toi aujourd’hui d’intégrer le staff de l’équipe de France senior ?
« C’est un honneur pour moi, et c’est en même temps une grande responsabilité ! Faire partie du staff, c’est contribuer à la performance collective. Comme tu le sais, je suis déjà capitaine de l’équipe de France juniors garçons, mais j’ai le sentiment qu’avec les seniors, la pression sera (encore) plus grande. En tout cas, je suis très fier, et si la FFT et les joueurs me font confiance, c’est une preuve que mes compétences sont reconnues. »
« Pablo reste le boss »
Pablo Ayma conserve les rênes de l’équipe. Comment définis-tu votre complémentarité ?
« Avec Pablo, nous sommes sur la même longueur d’onde, et il reste “le boss”. Nous avons les mêmes idées, le même discours, pour faire progresser le groupe, et qu’on avance tous (joueurs et staff) dans la même direction avec des objectifs ambitieux ! »
« Pablo est le capitaine, donc c’est lui qui décide. Évidemment nous sommes en lien donc il me demande mon avis. »
Est-ce que la langue peut être, d’une certaine manière, une barrière entre vous ?
« Grâce à mon niveau d’espagnol les conversations sont très fluides… Non je rigole, nous parlons anglais tous les deux donc nous communiquons dans cette langue : il n’y a aucun problème de communication. »

« Un peu de tout ça »
Quel sera concrètement ton rôle comme capitaine adjoint ? Observation ? Analyse tactique ? Gestion du groupe ? Lien entre joueurs et staff ?
« Un peu de tout ça ! Mon rôle sera de gérer les joueurs en complément de Pablo, et pouvoir être un lien entre les joueurs et la FFT. Je vais également, tout au long de la saison, aller sur les FIP en France pour coacher, pour ceux qui ne viennent pas avec leur coach respectif, comme j’ai pu le faire au FIP Platinum de Marseille. Mais également pour prendre des notes, débriefer avec les joueurs, et débriefer à Pablo s’il n’est pas présent. »
Est-ce que tu te vois davantage comme un relais, un médiateur, un technicien, un stratège ?
« Je me vois vraiment comme une aide en plus pour Pablo et pour les joueurs. »
Pour combien de temps t’engages-tu dans cette mission ?
« Rien n’a été défini ! J’espère pouvoir aider l’équipe de France pour plusieurs campagnes. »
« Une continuité logique »
Ton expérience auprès des jeunes peut-elle apporter quelque chose de différent à l’équipe senior ?
« Oui en effet, je pense que mes compétences et mon expérience que j’ai pu acquérir avec les juniors peuvent servir au groupe des seniors. Même si c’est très différent de gérer des adultes, il y a quand même beaucoup de similitudes dans la gestion d’un groupe. »
Est-ce que cette nomination s’inscrit dans une continuité logique de ton parcours fédéral ?
« Je crois qu’en effet, ma nomination s’inscrit dans une continuité de mon travail quotidien et de mon parcours fédéral : dans mon rôle de Référent Sportif Fédéral, je fais aussi beaucoup de détections. Certains des jeunes que j’ai pu détecter dans les différentes ligues il y a quatre ans, quand j’étais à la “Mission Padel”, sont maintenant en équipe de France juniors, et à court ou moyen terme, certains seront en équipe de France seniors (c’était déjà le cas de Yoan Boronad et Timéo Fonteny en 2025). Donc oui, c’est assez logique que j’aie ce rôle-là aujourd’hui. »
« Porter le maillot bleu est une consécration »
À un moment donné, l’équipe de France joueur n’était pas si loin pour toi. Te voilà aujourd’hui dans le staff senior. Comment vis-tu ce “retour” sous une autre forme ?
« C’était il y a longtemps (sourire). Intégrer l’équipe de France est un rêve pour tout sportif dans n’importe quel sport. Porter le maillot bleu et représenter son pays est une consécration. Je n’ai pas réussi à le faire en tant que joueur, c’est chose faite en tant que capitaine adjoint. »
« Le championnat du monde est l’événement le plus important »
Les mondiaux dans le viseur…
« Cette année, le championnat du monde est l’événement le plus important pour l’équipe de France (novembre). Même si la compétition n’est pas “par équipe”, les Jeux Méditerranéens (août) sont une échéance importante pour nous également. “
“Et bien, comme pour tous les Championnats du Monde, l’équipe masculine peut être ambitieuse. Évidemment, notre médaille d’or à nous serait d’arriver 3ᵉ. L’Espagne et l’Argentine continuent de faire cavalier seul devant. Et pour l’instant, aucune nation n’a réellement réussi à les inquiéter, même lorsque ces deux pays se présentent avec des équipes bis. C’est dire l’écart qu’il existe entre ces deux nations et les autres.
En revanche, pour la place de 3ᵉ, le Portugal, l’Italie et la France se disputent cette position. Les forces sont plus ou moins équivalentes et, d’ailleurs, cela donne souvent lieu à des confrontations tendues et très intéressantes à suivre.
Mais il ne faut pas oublier la Suède et, évidemment, une nation que personne n’avait vue venir en raison de sa politique particulière de naturalisation : les Émirats arabes unis, qui pourraient même passer devant tout le monde si la dynamique actuelle se poursuit.”
Comment comptes-tu préparer ces rendez-vous ? Suivi des joueurs sur le circuit ? Stages ? Travail individualisé ?
« Comme chaque année, il y aura un stage équipe de France, et un suivi sur les FIP.
« Les vérités d’aujourd’hui ne seront pas forcément celles de demain »
Est-ce que tu penses déjà aux futures compositions d’équipe ? Quels critères seront déterminants ? Performance internationale ? Régularité ? Complémentarité ?
« Je crois que pour pouvoir battre des équipes qui ont des top 100 mondiaux, il faut pouvoir les jouer régulièrement sur les tournois internationaux. Et je pense aussi que “la forme du moment” est importante à l’approche d’un championnat du monde. Oui, ça m’arrive de penser à la composition des équipes, mais premièrement le championnat est dans huit ou neuf mois, les vérités d’aujourd’hui ne seront pas forcément celles de demain, et c’est Pablo qui aura la décision finale. »
As-tu un message à adresser aux joueurs français aujourd’hui ?
« Seulement leur dire qu’à l’image des très bons résultats de ces derniers mois (Blanqué / Guichard qui battent deux top 75 et qui prennent le premier set aux numéros 1 mondiaux, Bergeron / Fonteny qui battent 46 et 100, Maigret / Guy de Chamisso qui battent deux top 80 et Boronad / Robert qui gagnent contre 99 et 127), il faut que l’on soit ambitieux pour les prochaines années. Je suis persuadé que l’équipe de France a de beaux jours devant elle, si l’on est unis, et que l’on regarde tous dans la même direction ! »

« Certains joueurs ont franchi un cap »
Quel cap souhaitez-vous fixer avec Pablo pour les mois à venir ? Des objectifs de classement ?
« Je pense que certains joueurs ont franchi un cap, et qu’ils tirent toute l’équipe de France vers le haut. Je pense également que nous avons une force : c’est notre très bon niveau chez les jeunes, qui viendront renforcer l’équipe seniors à court et moyen terme. »
Penses-tu que la France a franchi un cap ces dernières saisons ?
« Oui, certains joueurs ont clairement franchi un cap. »
“Parmi les joueurs qui ont vraiment passé un cap, je pense surtout à Dylan Guichard. Entre les Championnats de France et son début de saison, il est en train de franchir un palier très intéressant. S’il continue dans cette dynamique et gagne encore en constance, il pourrait devenir l’un des piliers de l’équipe de France.
Et puis, même si c’est un autre sujet, on est obligé d’évoquer Thomas Leygue. Son retour a réellement surpris. D’abord parce qu’il semble rétabli, ou presque à 100 %. Ensuite parce qu’il parvient déjà à livrer de très gros matchs. Plus le temps passera, mieux ce sera.
On pourrait donc voir une équipe de France particulièrement armée, entre ces joueurs français qui confirment et le retour de Thomas aux affaires.”
« C’est très bien comme cela »
Robin a annoncé qu’il arrêtait avec la team France dames. As-tu pensé à proposer ta candidature pour prendre la suite chez les filles ?
« Je n’étais pas au courant que Robin arrêtait quand j’ai accepté d’être adjoint des hommes, et c’est très bien comme cela. »
« Je vais surtout espérer marquer quelques jeux »
Toi qui continues à très bien jouer sur le circuit… Est-ce que certains joueurs vont devoir te laisser gagner en tournoi pour espérer une sélection ?
« J’espère surtout continuer à leur prendre quelques jeux (rire). »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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