Capitaine emblématique de l’équipe de France féminine, Robin Haziza revient sur une semaine intense et réussie lors des Championnats d’Europe 2025, marquée par la médaille d’argent décrochée par les Bleues. Entre satisfaction collective, évolution du groupe et perspectives d’avenir, il partage son regard lucide et passionné sur cette campagne européenne.
Une semaine parfaite ?
« Oui, une semaine parfaite… et même dix jours ! »
Nous avons commencé notre campagne au FIP de Lyon, avec des sessions d’entraînement et des moments de vie de groupe essentiels avant une compétition internationale. Dans notre groupe, l’Italie était clairement la grande favorite. Après deux rencontres sérieuses face à l’Angleterre et l’Allemagne, nous avons enfin conjuré le sort en remportant ce troisième match décisif qui, par le passé, nous avait souvent été fatal.
Nous avions très bien préparé cette rencontre et je savais que c’était possible si tout le monde y croyait. C’est un beau symbole que ce match ait été gagné par Lucile, qui avait perdu au match décisif lors du dernier championnat d’Europe, associée à Louise, la “rookie” du groupe, qui a réalisé un très gros match.
Le plus dur ensuite, c’était de se remobiliser rapidement : battre l’Italie ne nous offrait pas de médaille, seulement une place en demi-finale, avec la possibilité d’une finale de rêve. Nous étions cette fois favoris face à une équipe belge dangereuse, auteure d’une superbe campagne après être sortie des qualifications. Nous avons tenu notre rang.
Et puis, la finale, c’était du bonus. Notre championnat d’Europe était déjà réussi. Nous avons mis le cœur pour embêter au maximum les meilleures joueuses du monde. On n’a pas à rougir, simplement à continuer à travailler encore davantage pour s’en rapprocher.
As-tu aujourd’hui la meilleure équipe que tu aies jamais eue ?
« Une équipe qui arrive sans pépins physiques et bien mentalement, ça change tout ! »
Nous avions terminé médaillées de bronze lors du dernier Euro, et la dynamique avait été un peu “gâchée” par un match perdu à trois points près au mondial. Sans ces difficultés, je suis persuadé que nous aurions battu le Portugal pour aller chercher une demi-finale mondiale.
Cette équipe est forte, oui ! Et l’apport de Louise Bahurel, qui évolue à son rythme et grandit chaque jour, nous a beaucoup aidés, notamment dans des conditions de jeu favorables à ses qualités : la chaleur et sa capacité à smasher. À elle désormais d’avoir envie d’aller plus haut, en se donnant les moyens de progresser chaque jour. Le potentiel est là.
Je l’ai dit avant de partir : toutes les joueuses jouent davantage sur le circuit et cela se ressent. C’est un passage obligatoire pour progresser et affronter les meilleures d’Europe.
Les filles qui se sont le plus investies cette année méritent leur médaille : elles sont allées la chercher avec le cœur, avec une vraie unité. Une compétition internationale, ce n’est pas un FIP ou un tournoi Premier Padel : il y a une âme d’équipe, une dimension collective, un supplément d’audace.
Les Belges en sont la preuve : elles réalisent des performances incroyables sans forcément jouer le circuit, portées par l’esprit de groupe. C’est une dimension qu’il faut garder à l’esprit dans ces compétitions.

Les conditions de jeu et le nouveau format t’ont-ils convaincu ?
« Les conditions étaient top, il faut le souligner. »
Les trois terrains dans l’arène étaient parfaits, avec une chaleur qui nous a aidés contre l’Italie, mais qui a pu nous mettre en difficulté face à la Belgique. Tout dépend des qualités adverses et de notre capacité à adapter le jeu.
Sur le nouveau format, je trouve cela plutôt très bien. Un Final 8 favorise les gros matchs et permet aux meilleures équipes, comme l’Espagne, de jouer moins de rencontres sans enjeu. Cela ajoute du piquant. Il ne manque plus que le No-Ad, et on vibrera encore plus !
Le fait que seules les demi-finales soient disputées apporte un enjeu supplémentaire. C’est vrai que c’est parfois désavantageux pour les garçons, mais cela rend la compétition plus lisible et plus spectaculaire. Les tribunes étaient pleines en finale, et c’était une expérience incroyable pour toutes les joueuses, pas toujours habituées à ce type d’ambiance.

Quelles sont tes plus grandes satisfactions dans ce groupe ?
« Je ne souhaite pas sortir une joueuse en particulier. »
Toutes ont eu un rôle important : Alix Collombon, titulaire indiscutable, mais aussi Camille(Sireix) et Sousou (Charlotte Soubrié), qui ont été irréprochables malgré un temps de jeu plus réduit. C’est sans doute la fin d’une ère, et il faudra bientôt préparer la relève, mais cette équipe était magnifique à voir jouer et géniale à accompagner toute la semaine.
Une petite revanche personnelle ?
« Le passé ? On peut en parler. »
Trois Championnats d’Europe comme capitaine : deux médailles d’argent et une de bronze. C’est déjà un très bon bilan. Certes, il y a eu un mondial raté à Dubaï, une demi-finale perdue au dernier match contre l’Italie, et ce fameux duel contre le Portugal au dernier mondial où Léa (Godallier) et Carla (Touly) étaient à trois points d’une médaille. Ce match a beaucoup fait parler…
Mais je vais vous dire quelque chose : on finit deuxièmes cette année, et pourtant on est à des années-lumière d’être les meilleures.
Il y a une trentaine de filles espagnoles qui jouent mieux que nous. Et en même temps, on est loin d’être les plus faibles quand on perd contre le Portugal au Mondial 2024.
Il faut simplement remettre un peu de mesure dans les résultats et dans la manière.
La FFT travaille, le projet est à long terme, et l’ouverture du CNE (Centre National d’Entraînement) va, j’en suis sûr, permettre de belles ambitions. Aujourd’hui, notre équipe reste à 80 % composée d’amatrices, qui donnent tout, parfois avec réussite, parfois moins.
Après le mondial, nous avons beaucoup échangé avec les filles et avec Alexia Déchaume, que je remercie pour sa confiance. L’arrivée de Baptiste (Bénétoux), cette année, a aussi été précieuse : elle a permis un meilleur suivi des joueuses et m’a apporté une expertise complémentaire tout au long de la compétition.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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