La finale du Riyadh P1 entre Coello / Tapia et Chingotto / Galán ne s’est pas seulement jouée sur le score. Les statistiques individuelles mettent en évidence un élément central : la difficulté inhabituelle de Fede Chingotto, pourtant réputé pour sa constance et sa lucidité dans les grands rendez-vous même si le tournoi se jouait en outdoor.
Comme souvent, les statistiques de Padel Intelligence sont toujours très intéressantes à analyser.
Un volume d’erreurs inhabituel
Dans ce match, Chingotto termine avec :
- 8 points gagnats
- 13 fautes directes
- 2 fautes provoquées
- 2 smashs gagnants sur 5
Le chiffre qui interpelle immédiatement reste les 13 fautes directes, soit le total le plus élevé des quatre joueurs. Pour un joueur dont le jeu repose sur la régularité, la construction et la maîtrise des échanges longs, cette donnée change totalement la physionomie d’une finale.
Son ratio winners / fautes directes est négatif, ce qui est rare à ce niveau pour lui. Habituellement capable d’imposer un rythme stable et de pousser ses adversaires à la faute, Chingotto a cette fois subi la pression.

Un impact limité dans les moments clés
Autre indicateur révélateur : son KPoints à -1,11, signe d’une influence réduite dans les points déterminants. Là où Coello affiche un +4,7 et pèse directement sur l’issue des jeux importants, Chingotto n’a pas réussi à inverser les séquences défavorables.
La pression constante exercée par Coello dans le jeu aérien et la capacité de Tapia à accélérer au bon moment ont contraint l’Argentin à jouer plus vite que prévu. Résultat : moins de contrôle, davantage de précipitation.
Un contraste marqué avec Coello
La comparaison est éclairante. Arturo Coello boucle la finale avec :
- 16 points gagnants
- 6 fautes directes
- 4 smashs gagnants sur 7
- KPoints +4,7
Là où Coello affiche un différentiel offensif très positif, Chingotto se retrouve en difficulté dans la gestion des échanges décisifs. Cette asymétrie explique en grande partie le scénario du match.
Galán solide mais isolé par moments
Alejandro Galán a tenté de maintenir l’équilibre avec 12 points gagnats pour 12 fautes directes et une belle efficacité au smash (7/8). Mais sans la régularité habituelle de son partenaire côté droit, la paire n’a pas pu installer son schéma défensif et transitionnel habituel.
Chingotto et Galán construisent leur force sur la complémentarité : stabilité à droite, projection offensive à gauche. Lorsque la première pièce se dérègle, l’ensemble perd en fluidité.
Une finale révélatrice, mais pas définitive
Il serait excessif d’y voir une rupture structurelle. La saison est longue et la 2e paire mondiale a déjà montré sa capacité d’adaptation. Mais cette finale du Premier Padel 2026 souligne un point clé : face à des numéros un capables de maintenir une intensité constante, la moindre baisse de précision se paie immédiatement.
Pour Chingotto, cette rencontre restera comme un match compliqué, marqué par un volume d’erreurs inhabituel et une difficulté à imposer son tempo mental. La revanche pourrait intervenir rapidement lors des prochaines étapes du circuit, où l’Argentin cherchera à retrouver ce qui fait sa force : clarté, patience et solidité sous pression.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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