La croissance du padel en France est l’une des plus rapides du paysage sportif européen. En quelques années, les terrains se sont multipliés dans les clubs privés, les complexes sportifs municipaux et les nouvelles infrastructures dédiées. Mais une étude scientifique nationale publiée en 2026 révèle un phénomène encore peu documenté : une part importante des installations de padel est située trop près des habitations, ce qui pourrait exposer les riverains à des nuisances sonores.
Cette recherche, menée à l’échelle nationale, constitue la première analyse scientifique détaillée de la proximité entre les terrains de padel et les logements en France.
Avec l’aide d’EchoPadel et ScienceDirect, zoom sur un sujet qui fait parfois du bruit…
878 sites de padel analysés à l’échelle nationale
Les chercheurs ont construit une base de données exhaustive à partir de plusieurs sources officielles :
- recensement national des équipements sportifs
- annuaires spécialisés des clubs de padel
- données géographiques et cadastrales
- bases statistiques de l’INSEE.
Au total, 878 sites de padel ont été recensés et analysés dans toute la France métropolitaine.
Chaque site a fait l’objet d’une analyse spatiale précise à l’aide d’outils de systèmes d’information géographique (SIG) afin de mesurer :
- la distance entre les pistes et les bâtiments résidentiels
- la visibilité directe entre les terrains et les habitations
- la densité urbaine des communes concernées.
271 sites identifiés comme potentiellement problématiques
Parmi ces 878 installations, les chercheurs ont identifié 271 sites classés dans une catégorie à risque, appelée “Class 1”, correspondant aux situations où au moins un bâtiment résidentiel se trouve à moins de 100 mètres d’un terrain avec visibilité directe.
Cela représente :
- 271 sites sur 878
- soit 30,87 % des installations étudiées.
Autrement dit, près d’un terrain de padel sur trois en France pourrait être implanté dans une configuration susceptible de générer des nuisances sonores pour les habitants voisins.
Les chercheurs soulignent que ces situations ne signifient pas nécessairement qu’un conflit existe déjà, mais qu’elles constituent des configurations de risque potentiel.
17 116 habitants vivent à moins de 100 mètres d’un terrain
L’étude ne s’est pas arrêtée à la localisation des terrains. Les chercheurs ont également estimé le nombre de personnes vivant à proximité directe des installations.
En utilisant les bases démographiques de l’INSEE et la surface habitable des bâtiments, ils ont estimé que :
- 17 116 personnes vivent dans un rayon de 100 mètres d’un terrain de padel
- soit environ 7 821 ménages.
La distance moyenne entre les habitations et les terrains concernés est de 71,9 mètres, avec une variation moyenne d’environ ±21 mètres.
Cette distance correspond à une proximité suffisante pour que les sons impulsifs du padel puissent être clairement perceptibles.
7 471 bâtiments situés dans le périmètre de proximité
Pour mesurer cette exposition, les chercheurs ont identifié 7 471 bâtiments situés à moins de 100 mètres des 271 sites étudiés.
Parmi eux :
- 3 097 bâtiments sont des habitations
- 4 374 bâtiments sont non résidentiels (commerces, équipements, bureaux).
Les analyses démographiques détaillées ont finalement été réalisées sur 3 037 bâtiments résidentiels disposant de données complètes.
Ces bâtiments ont ensuite été analysés selon leur visibilité directe vers les terrains.
La visibilité directe augmente fortement l’exposition
Un élément déterminant mis en évidence par l’étude est la visibilité directe entre le terrain et les habitations.
Parmi les logements analysés :
- 44,4 % disposent d’une visibilité directe sur le terrain
- 55,6 % sont partiellement masqués par des obstacles (bâtiments, végétation, relief).
Cette distinction est importante car la visibilité directe favorise :
- la propagation du bruit
- la perception des impacts de balle
- la sensation de nuisance sonore.
Les habitants disposant d’une visibilité directe vivent également en moyenne plus près des terrains, avec une distance moyenne de 65,8 mètres, contre 76,8 mètres pour les logements masqués.
Des habitants parfois très proches des terrains
L’étude révèle également que certains logements sont situés à des distances extrêmement faibles.
La proportion de bâtiments situés entre 0 et 50 mètres des terrains est significativement plus élevée lorsque les habitations sont en visibilité directe.
- 11,1 % des logements visibles se trouvent à moins de 50 mètres
- contre 5,6 % lorsque la visibilité est masquée.
Au total, 4 370 habitants vivent dans cette zone très proche, et environ 75 % d’entre eux disposent d’une visibilité directe sur les terrains.
Ces situations représentent les configurations les plus sensibles en matière de nuisances sonores.
Les petites villes particulièrement concernées
L’étude montre également que la répartition des terrains à risque varie selon la densité des communes.
Les terrains situés dans les petites villes apparaissent particulièrement concernés.
Par exemple :
- 79 sites sont situés dans la catégorie “petites villes”
- parmi eux 34 sont classés à risque, soit 43,04 % des installations de cette catégorie.
Ce taux est nettement supérieur à la moyenne nationale.
À titre de comparaison :
- dans les grands centres urbains, seulement 26,09 % des sites sont classés à risque.
Cette différence s’explique notamment par l’implantation plus fréquente des équipements sportifs au cœur des zones résidentielles dans les petites communes.
Une répartition géographique inégale
L’étude révèle également que la distribution des terrains à risque varie selon les régions françaises.
Certaines régions présentent une surreprésentation des configurations potentiellement problématiques.
Par exemple :
- la région Provence-Alpes-Côte d’Azur représente 14,24 % des sites nationaux, mais 22,88 % des sites à risque.
À l’inverse, certaines régions comme :
- le Grand Est
- le Centre-Val de Loire
présentent une proportion plus faible de terrains dans cette catégorie.
Une croissance rapide du padel qui interroge l’urbanisme
Les auteurs soulignent que ces résultats doivent être replacés dans le contexte d’une croissance extrêmement rapide du padel.
Dans plusieurs pays européens, la multiplication des terrains s’est parfois faite plus vite que la mise en place de cadres d’urbanisme adaptés.
Les recommandations techniques existantes suggèrent généralement une distance minimale d’environ 100 mètres entre les terrains et les habitations, afin de limiter l’impact du bruit impulsif généré par ce sport.
Lorsque cette distance n’est pas respectée, les impacts sonores – notamment les rebonds de balle contre les vitres et les grillages – peuvent devenir perceptibles pour les riverains.
Un enjeu pour l’avenir du padel
Cette étude constitue la première quantification nationale de l’exposition des habitants aux terrains de padel.
Elle ne conclut pas à l’existence systématique de nuisances, mais met en évidence des configurations d’implantation susceptibles de générer des tensions avec les riverains.
Pour les auteurs, ces résultats doivent servir de base à :
- une meilleure planification des infrastructures
- une prise en compte plus systématique des études acoustiques
- l’intégration de critères d’implantation dans les politiques sportives locales.
Dans un contexte où le padel continue de se développer rapidement, la question de l’intégration des terrains dans l’environnement urbain devient un enjeu central pour l’avenir du sport.
Source
Dufour J-C., Bonnet C. (2026)
Managing padel-court siting near housing: guideline adherence shortfalls and populations at risk – national evidence from France
City and Environment Interactions.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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