Pour saisir la profondeur et la singularité de l’expertise de Stéphane Penso, il est indispensable de retracer son parcours sportif. Loin d’être linéaire, sa trajectoire, jalonnée de rencontres et de révélations, a forgé une méthode d’analyse et une vision du padel uniques en leur genre. C’est dans cette histoire, entre les courts de tennis marseillais et l’élite mondiale du squash, que se trouvent les racines de sa crédibilité.

Stéphane Penso est, depuis 2018, une figure incontournable dans l’univers du padel en France et au-delà de nos frontières. Fort d’un parcours sportif riche, d’abord dans le tennis durant sa jeunesse, puis pendant plus de 35 ans dans le squash (qu’il continue de pratiquer), il a développé une expertise pointue dans l’univers des sports de raquette.

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Grâce à une base de données méticuleusement compilée au fil des années, il analyse pour Padel Magazine, avec une précision remarquable, tout le matériel qui passe entre ses mains. Que ce soit des raquettes, des chaussures, des balles ou des accessoires, ses articles se distinguent par leur impartialité, leur rigueur et leur attention aux détails.

À travers cet entretien en 3 parties, nous revenons sur son parcours, sa méthodologie et sa vision de l’avenir du padel.

PARTIE 1 : L’HOMME, LE PARCOURS ET LES NOUVEAUX DÉFIS

Du tennis au squash, puis au padel : une trajectoire sportive atypique

Padel Magazine : Bonjour Stéphane. Avant de parler de ton expertise actuelle, revenons aux sources. Quel a été ton premier rapport aux sports de raquettes avant le padel ?

Stéphane Penso : Tout a commencé très tôt, raquette de tennis en main. J’ai grandi à la résidence La Grognarde à Marseille, où nous avions la chance d’avoir deux terrains. C’était mon jardin ! J’y ai fait mes gammes jusqu’à passer mon monitorat à 18 ans.

Mais le véritable tournant s’est joué sur un coup du sort… ou plutôt un coup de froid ! Un jour, il s’est mis à neiger sur Marseille — ce qui est un événement en soi ! Je devais donner un cours en outdoor, et, avec l’autre prof, au lieu de rentrer s’enfermer, on a décidé de tester le squash. En 45 minutes, j’ai eu une révélation absolue. J’ai découvert un sport ultra-complet : technique, tactique et surtout physique… à mon sens encore plus que le tennis.

J’ai eu l’immense privilège de graviter autour de l’élite mondiale, car le “gratin” du squash français vivait entre Aix et Marseille. J’ai noué des amitiés solides avec des légendes comme Thierry Lincou et Greg Gaultier (tous deux anciens numéros 1 mondiaux et Champions du Monde), mais aussi Renan Lavigne, Greg Marche ou Mathieu Castagnet. C’était l’équipe de France à la maison !

Set Squad
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Une aventure incroyable concrétisée par deux titres de champion de France par équipes sous les couleurs du Set Squash Marseille. J’ai eu l’immense fierté de partager ces victoires avec ces légendes, même si, en toute humilité, je n’ai pas disputé l’intégralité des rencontres !

Le padel est arrivé bien plus tard, en 2017, par le plus grand des hasards. C’est un autre “Grognard” comme moi, Régis Dauzincourt — un ancien joueur négatif au tennis qui était mon idole de jeunesse — qui m’a proposé une partie en plein mois d’août. Sur la piste, sous le cagnard marseillais, les trois autres joueurs ont fini complètement carbonisés… mais pas moi, merci le cardio du squash ! Jean Souid, qui gérait le club de Luminy à l’époque, m’a alors repéré et m’a proposé de m’inscrire à son tournoi de rentrée en septembre avec Caroline, ma partenaire du jour. J’ai dit oui, et ça a été mon deuxième grand coup de foudre.

Cap7Padel : le nouveau laboratoire marseillais

Padel Magazine : Tu as récemment pris de nouvelles fonctions qui influencent ta façon de tester. Peux-tu nous en dire plus ?

Stéphane Penso : Depuis avril 2025, j’ai relevé un nouveau défi passionnant : je suis devenu le Directeur Sportif du Cap7Padel. C’est un magnifique complexe avec 7 terrains indoor situé en plein cœur de Marseille. Avec les fondateurs, nous avons voulu combler un manque cruel dans la deuxième ville de France en créant un club résolument moderne, raffiné et premium.

Si cette nouvelle responsabilité est chronophage, elle a paradoxalement révolutionné ma méthodologie de test. Auparavant, dépendant des créneaux de 90 minutes lors de parties amicales, je devais tester dans l’urgence pour ne pas pénaliser mes partenaires, tout en devant multiplier les sessions pour garantir un avis objectif. Aujourd’hui, c’est le jour et la nuit : j’ai accès aux pistes à ma convenance, ce qui transforme le club en véritable centre d’essais.

À cela s’ajoute un atout majeur : le canon à balles fourni par mes partenaires d’Esprit Padel Shop. C’est un véritable game changer. Si je décide de disséquer le comportement d’une pala sur la Vibora, je peux en enchaîner 80 en 5 minutes chrono ! Ce volume de répétition, impossible à obtenir en match classique, couplé à la disponibilité totale des terrains, me permet désormais de pousser l’analyse beaucoup plus loin et de gagner en précision dans mes verdicts.

Le FIP Platinum de Marseille : l’aventure événementielle

Padel Magazine : Ton évolution te mène aussi vers l’événementiel international avec le FIP Platinum de Marseille… (du 2 au 8 février 2026)

Stéphane Penso : Tout a commencé grâce à l’entremise de Vincent Malmejac, un célèbre entrepreneur marseillais. C’est lui qui a fait le lien avec Julien Nazarian, le créateur de cet événement.

Pour être tout à fait franc, au début, j’étais sceptique. Mais en creusant un peu le profil du bonhomme, j’ai vite compris à qui j’avais affaire : un pro de l’événementiel qui avait déjà tout prouvé dans le golf et qui cherchait un nouveau défi à sa mesure. Le fait qu’il soit lui-même joueur et propriétaire de terrains sur son site professionnel a fini de me convaincre.

Après le premier déjeuner à Cassis, je me suis aperçu que c’était un homme intègre, passionné, et que mon expérience pouvait lui être très bénéfique. J’ai donc pris le téléphone pour appeler mon ami David Matéo. Je voulais savoir s’il était prêt à endosser le costume de directeur du tournoi. Ni une ni deux, son emploi du temps le permettait, il a accepté, d’autant que c’est le tout premier Platinum qu’il aura à piloter.

De mon côté, j’endosse la casquette de co-directeur. Pour une première édition, c’est un saut dans l’inconnu et il faut savoir s’entourer. Mon rôle sera de l’épauler, de le seconder, et surtout de lui donner le “mode d’emploi” local : le fonctionnement marseillais a ses subtilités que les Perpignanais ne maîtrisent pas forcément (rires) ! Je serai son renfort officiel pour répondre à toutes les demandes et lui faciliter la tâche afin qu’il se concentre sur l’essentiel.

Bien évidemment, Padel Magazine sera présent avec l’artillerie lourde, ce qui laisse présager des moments professionnels intenses mais, une fois le rideau tiré, des moments amicaux tout aussi intenses !

Padel Magazine : Après avoir découvert le parcours, place à la pratique. Le prochain volet nous plongera au cœur de la méthodologie Penso : nous décortiquerons ensemble le protocole et l’expertise de Stéphane. Du “Quoi” au “Pourquoi”, en passant par le “Comment”, vous saurez tout sur la genèse d’un test.

Team Padel Mag

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