Dans quelques jours, les équipes de France vont défendre le drapeau bleu-blanc-rouge, au mondial de padel qui se déroule au Paraguay. L’occasion, pour cette nouvelle enquête du “couteau suisse”, de partager avec vous les secrets des meilleurs français et françaises.
Comment s’entraînent-ils ? Combien de fois par jour ou par mois ? Quel âge ont-ils ? Est-ce qu’ils peuvent vivre du padel ? Est-ce qu’ils sont sponsorisés ?
Nous avons récupéré toutes les informations auprès des joueurs. Merci à eux.
Les meilleurs sont de plus en plus jeunes
Premier constat, les meilleurs sont de plus en plus jeunes (si nous comparons à avant 2015) :
- 25% ont moins de 26 ans
- 30% ont entre 26 et 30 ans
- et si on prend les 19-35 ans, ils sont 90% en tout .
Concernant le top 10 hommes et femmes (classements padel Septembre 2018) :
70% ont moins de 36 ans et 20% moins de 26 ans.
Les joueurs s’entraînent toutes les semaines
Parmi tout ce beau monde, ils sont la moitié à s’entrainer avec un coach en prenant soit des cours collectifs, soit des cours particuliers, soit les deux.
Tous les expatriés en Espagne, s’entrainent quotidiennement bien-sûr. Quant aux autres cela varie.
Certains s’entrainent 2-3 fois/semaine, d’autres à l’approche de grosses échéances seulement ou lorsqu’ils sont au même endroit que leur coach fétiche.
Dans le top 10 féminin et masculin, 70% des joueurs (ses) s’entraînent plus ou moins régulièrement dans la semaine, mais ils s’entraînent et adaptent leurs entraînement par rapport au calendrier. Par exemple, ces derniers temps avec les championnats de France de padel et le mondial qui arrive, les joueurs ont tendance à augmenter la dose de padel par semaine ce qui est bien normal !
Des entraînements en diagonale
Il est intéressant de comparer ceux qui font des diagonales. On entend par « faire une diag » lorsqu’un joueur joue avec un autre dans une diagonale pour répéter des choses techniques ou tactiques. Ils sont 60% à m’avoir dit qu’ils le faisaient. Bien-sûr, la grosse majorité du top 10 en tête.
Pour l’entrainement physique, ils m’ont répondu à 53% par l’affirmative (16 joueurs sur 30). Encore une fois, pour ceux qui ont fait le pari d’aller en Espagne c’est du 100%… pas de secret. Bien que certains essayent de rivaliser en déménageant régulièrement ou en construisant leur maison ou en faisant des travaux pour garder la forme.
Par contre, à part de manière épisodique pour 3 joueurs, aucun n’est suivi par un coach mental… un domaine trop peu développé encore, à mon sens.
Le nombre de partie par semaine
Toujours en ce qui concerne le jeu, j’ai interrogé les meilleurs sur le nombre de parties qu’ils faisaient par semaine .
0 à 2 , 3 à 4 ou +4/semaine ?
- 50% entre 0 et 2 parties
Certaines réponses m’ont surprises. Ils sont 50% à faire entre 0 et 2 parties par semaine ! Les « espagnols » jouent peu de parties pour 75% d’entre eux. Pourquoi ? Ils font déjà énormément de tactique lors des entrainements et ont très souvent des tournois pour se tester les w-e…
- Seulement 13% font plus de 4 parties/semaine.
Pour résumer et schématiser, ceux qui s’entraînent déjà plusieurs fois par semaine font moins de parties que les autres. Mais certains, ni ne s’entrainent ni ne jouent ! Le talent, que voulez-vous !
Tous ces entraînements, ce temps passé en déplacements, en tournois loin de chez soi, prend beaucoup de temps dans l’année. En moyenne, les joueuses interrogées participent à 16 tournois/an, alors que chez les hommes ce chiffre monte à plus 20 .
Sont-ils sponsorisés ?
Mais tout ça prend du temps, coûte de l’argent… sont-ils tous rentiers ou gagnent-ils leur vie grâce au padel ?
60% travaillent (dont les ¾ dans le milieu du sport). Les autres sont soit étudiants (oui, c’est vrai, c’est du travail aussi…), soit en reconversion, soit en Espagne pour percer dans le padel, soit à la retraite… non, je plaisante.
Les 10 meilleurs joueurs/joueuses, à une exception près, sont totalement équipés, gratuitement par leurs sponsors respectifs : tenues, chaussures, raquettes et sacs. Quand on élargit aux 30 joueurs (ses), c’est 93% qui n’ont pas besoin d’acheter quoique ce soit pour leur année padel. Tous ne reçoivent pas la même quantité de dotation, mais en général le minimum est là pour permettre aux joueurs de couvrir une année.
NB : cela représente à priori un minimum de 1000€ d’équipements.
Le fait de ne pas payer son équipement, n’exclut malheureusement pas le fait qu’il faille se loger, payer ses entraînements ou parties, manger, se déplacer…
Plus d’1 joueur sur 2 reçoit de l’argent de sponsors et/ou mécènes. Mais attention, là encore existe de grandes disparités entre joueurs. Certains sont juste défrayés sur certains déplacements ou tournois, d’autres touchent des primes au classement ou résultats, d’autres encore vivent – en partie – de commissions reçues lors de projets professionnels, enfin, certains perçoivent une enveloppe annuelle… tout cela cumulable parfois.
La vie autour du padel
Quid de la vie privée des joueurs (ses) ? Plus de la moitié d’entre eux sont mariés ou « officiellement en couple » comme on dit. Il est intéressant de noter que, régulièrement les femmes des joueurs se déplacent avec eux sur des tournois ; alors que peu de femmes sont accompagnées par leur moitié… une étude sociologique est en cours, rassurez-vous.
Seulement 20% des sondés ont un ou plusieurs enfants. J’espère que la société ne compte pas sur le milieu du padel pour peupler la France !
Les joueurs proviennent-ils tous du tennis ? Si oui quel niveau ?
Si on rajoute le fait que, presque, 100% des joueurs de padel ont été 2ème série au tennis (et pour certains l’ont enseigné) ; et que les ¾ ont été numérotés ou négatifs, on peut comprendre tout l’investissement personnel et financier, imaginer les heures passées sur un court de padel ou de tennis à s’entraîner pour faire partie des meilleurs joueurs de padel en France… beaucoup de « sacrifices » (rappelons-nous que nous ne sommes obligés à… rien ) familiaux, professionnels et personnels.
Mais ça évolue
On assiste dans quelques clubs – précurseurs – (qui ont fait le pari du padel il y a quelques années déjà), à l’arrivée d’une nouvelle génération de joueurs qui commencent le padel sans passer systématiquement par le tennis.
Mais qu’en est-il de leur formation, de leur apprentissage ? Qu’en est-il de leurs championnats ou circuits de tournois leur étant réservés ? Qu’en est-il de leur classement ?
Cela fera l’objet d’une nouvelle enquête du couteau suisse, prochainement… Comptez sur moi !
Line Meites est l’une des meilleures joueuses françaises de padel. C’est la voix de vos live sur Padel Magazine. Mais pas seulement, elle anime également la chronique “Les enquêtes du couteau suisse”. Tous les mois, elle reviendra sur une polémique ou un thème qui lui tient à coeur.






















































































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