Alors que les sélectionneurs Pablo Ayma, Robin Haziza et Benjamin Tison travaillent à constituer la liste des huit joueurs et huit joueuses qui représenteront l’équipe de France en 2024, l’ancien numéro 1 français partage ses réflexions sur le processus de sélection. Il aborde les critères essentiels, souligne l’importance de l’engagement et du professionnalisme, et discute donne ses incontournables.
Les incontournables en équipe de France
Il y a des incontournables chez les hommes comme chez les femmes. Je ne vais mentir : Alix Collombon, hormis blessure, est certaine d’être en équipe de France. Ce serait mentir aux gens que de ne pas le dire. On est transparent avec les joueurs et les joueuses, aujourd’hui, après le stage d’équipe de France, tout le monde sait qui a de grandes chances d’y être, qui a moins de chance d’y être et qui est encore dans le game parce que ce n’est pas fini, il reste des tournois et on doit donner la liste à la FIP seulement le 25 juin. On a encore du temps et toutes les places ne sont pas attribuées. Les joueurs et joueuses en sont conscients.

Léa Godallier, à moins qu’elle soit hors de forme au vu de sa maternité, et je ne pense pas que ça soit le cas parce que je l’ai vu au stage et elle était déjà à un niveau intéressant, même si elle était loin de son niveau qu’on connaît, qui est exceptionnel. On parle d’une top joueuse. Bien sûr qu’une Carla Touly, qui vient de faire son entrée dans le top 100, devrait faire partie de la liste pour les Championnats d’Europe hors gros tremblement de terre. Jess Ginier, qui a de l’expérience, qui joue bien et est plus investie que par le passé sur les tournois, part aussi avec de l’avance.
Chez les hommes, il y a Thomas Leygue et Bastien Blanqué, qui sont Champions de France en titre, qui ont de l’avance au classement. Thomas est 103e aujourd’hui, il était top 100 il n’y a encore pas longtemps et est jeune. Thomas, hors accident, sera en équipe de France. C’est un de nos leaders, comme Bastien. On l’a vu au stage de l’équipe de France, tout le monde loue ses qualités leaders.

Mais j’ai envie de te dire, regarde Thomas Vanbauce et Maxime Joris, il y a quatre mois, tu m’aurais posé la question, je t’aurais dit, qu’ils ne peuvent pas être en équipe de France, ils sont trop loin. Aujourd’hui et en quatre mois, ils ont eu des résultats qui font qu’on pense à les intégrer en équipe de France. La vérité, c’est que c’est le terrain qui décide tout le temps. J’ai envie de te dire que ce sont les résultats qui dictent toujours nos décisions. On n’a pas d’a priori positif ou négatif.
Adrien Maigret ne peut pas être considéré comme incontournable, il le sait. Il n’a pas le projet aujourd’hui pour être sûr de venir, ni l’implication en termes de tournoi, même s’il a fait 3 ou 4 FIP avec Julien Seurin. Max Moreau, pour moi, il est numéro 2 français, il est presque indispensable à l’équipe de France parce qu’il est dans le groupe depuis longtemps. Ce serait une grosse surprise que Max ne soit pas présent.
Johan Bergeron a de l’expérience, il a arrêté un an, mais il a repris la forme, il a perdu du poids, il est affûté comme on dit, il est revenu à un niveau très intéressant. Je suis ses résultats, il part avec de l’avance. Après, la vérité du terrain est toujours importante. Aujourd’hui, j’ai envie de dire qu’un Dylan Guichard part aussi avec de l’avance parce qu’il est jeune, parce qu’il joue bien, parce qu’il est en paire avec Bastien Blanqué au niveau international. C’est un peu la paire 100 % française qui marche le mieux en termes de purs résultats. Donc tout ça fait qu’ils ont de l’avance.
Encore une fois, tu m’aurais posé la question il y a quatre mois, je t’aurais dit, Thomas, Vanbauce, Maxime, Joris, ils ont beaucoup de retard, ils ont du potentiel, ils sont intéressants, mais il faut prouver. Aujourd’hui, ils sont en train de prouver. Après, je suis quelqu’un de très exigeant, ils savent qu’ils doivent continuer à prouver et ne pas juste avoir prouvé.
L’importance du stage en équipe de France
Le stage d’équipe de France fait partie de la réflexion. Les résultats depuis janvier font partie de la réflexion, comme le projet ou le niveau. Il y a aussi un esprit d’équipe à trouver, un équilibre et on essaie de prendre en compte tous ces paramètres. Ce qui est sûr, c’est qu’on mènera une réflexion complète un peu avant. On a déjà commencé, mais pour être complètement honnête, on n’est pas décidé sur toutes les places, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes.
Pour moi, c’est compliqué quand on ne participe pas au stage, hors blessure bien sûr, ou problèmes familiaux, enfin quelque chose de dernière minute. J’assume et elles le savent que par exemple une Alix Collombon, si demain elle me dit qu’elle ne fait pas le stage alors qu’elle n’a pas de raison valable, aussi forte soit elle, pour moi, elle ne peut pas être en équipe de France. Même si ce serait nous tirer une balle dans le pied dans le sens où bien sûr que sans Alix on sera moins fort. Mais je trouve que ça amène du professionnalisme. Et Alix est prévenue, Léa est prévenue, les mecs sont prévenus, il n’y a pas de passe-droit là-dessus. C’est pour ça que d’ailleurs tout le monde était présent chez les hommes et chez les femmes, hormis Tiffany que j’ai eue au téléphone : on a pu s’expliquer et elle sait ce qu’il en est.
On veut apporter de plus en plus de professionnalisme. Pour la première fois dans ce stage d’équipe de France, il y a eu des entraînements réalisés le matin. C’est pour tendre justement aussi vers ça. C’est un honneur pour les joueurs et les joueuses de pouvoir être sélectionnés.
Les choix sont rudes. Autant chez les filles, il n’y a pas de gros changements par rapport à l’année dernière, il n’y a pas eu de prise de retraite ou de gros arrêts; mais chez les hommes, on a quand même perdu Jérémy Scatena qui était numéro 2 français et moi pour le coup, numéro un français. C’est un gros changement.
Les paramètres pris en compte pour la sélection des joueurs
On est très clair avec les joueurs sur l’investissement qu’on attend, sur le projet. Il y a aussi forcément l’expérience qui est prise en compte. Aujourd’hui, à niveau égal un Adrien Maigret, son projet na va pas parler pour lui, par rapport à un jeune qui va arriver avec un projet, mais en revanche, il a l’expérience, le fait d’avoir répondu présent, d’avoir décroché une médaille de bronze avec l’équipe de France. Tout ça, ça joue, c’est pour ça qu’il y a tous les paramètres qui rentrent en compte et que ce n’est pas juste l’état de forme sur les deux derniers mois.

C’est super que des jeunes comme Thomas Vanbauce et Maxime Joris poussent et fassent des super résultats, mais trois mois de bons résultats n’effacent pas non plus tout. Tout rentre en compte et on parlait tout à l’heure encore de la présence sur les stages. Encore une fois, rien n’est éliminatoire, ce n’est pas parce qu’une joueuse ou un joueur loupera un stage qu’à vie il ou elle ne sera plus sélectionné(e) en équipe de France. En revanche, on peut dire qu’ils se tirent une balle dans le pied pour être sélectionnés sur la compétition qui arrive juste derrière le stage, ça c’est sûr.
On essaie d’apporter des règles, du professionnalisme et ceux qui ont pu assister au stage ont pu voir l’implication des joueurs et des joueuses. C’est une garantie que le message passe et que c’est important.
Il y a de la concurrence, il ne faut pas se mentir, les choix sont difficiles que ce soit chez les femmes ou chez les hommes. A nous de construire la meilleure équipe possible pour essayer de relever les objectifs qu’on s’est fixés qui sont élevés et le niveau ne fait qu’augmenter chez les Suédois, Belges, Italiens, Hollandais et les Portugais sont toujours là, donc c’est de plus en plus dur.
Nouvel adepte du padel, je suis fasciné par ce sport dynamique qui allie stratégie et agilité. Je trouve dans le padel une nouvelle passion à explorer et à partager avec vous sur Padel Magazine.

























































































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