Au mois de février dernier, Padel Mag s’était entretenu avec Alexise Duchêne et Charlyne Tonda. Passée en deux ans de la 100e place au top 14 du classement français, la paire évoquait alors son histoire avec le padel, ses axes de progression et son avenir. Où en est-elle actuellement, alors que Charlyne pointe à la 10e place du classement national et qu’Alexise la talonne au 12e rang ? Nous avons voulu en savoir plus sur ces deux joueuses à la fraîcheur contagieuse, et qui parviennent à conjuguer exigences du haut niveau, vie professionnelle et vie personnelle.

Quel est le bilan que vous faites de la saison ?
Alexise : Répondre à cette question est compliqué car je n’ai jamais l’impression que notre saison se termine (rires) ! En fait, nous jouons des tournois tout au long de l’année, avec des échéances en permanence. Hormis l’été où nous faisons un break avec Charlyne, nous sommes toujours en mouvement… De ce fait, nous faisons rarement des bilans, sauf lorsque nous avons des défaites marquantes. Dans ces moments-là, on se pose, on cherche ce qui n’a pas fonctionné et on essaie de voir ce qu’on pourrait faire pour s’améliorer.
Charlyne : Nous avons tout de même eu de beaux résultats cette année. Au P1500 de Bordeaux nous avons battu Mélissa Martin et Amélie Detriviere en quarts de finale. L’an dernier, sur un P2000, nous avions battu Fiona Ligi et sa partenaire espagnole… Nous savons que nous pouvons faire mal à des paires bien classées, même si au niveau national les filles qui sont au-dessus de nous sont très fortes. Quand on sait que nous évoluons sans entraîneur, sans coach physique et sans préparateur mental, je me dis que ce n’est pas si mal.
Alexise : Tu as aussi gagné un P1000 cette année, Charlyne…
Charlyne : Exact, avec Jennifer Denecheau : une infidélité… Auparavant, j’avais demandé l’autorisation à Alexise.
Alexise : Autorisation accordée ! (rires)

Travailler avec un entraîneur régulier, est-ce dans vos objectifs ?
Alexise : Pendant quelque temps, nous avons travaillé avec Aurélien Rambaud, au Forest-Hill de Marnes-la-Coquette. Mais cela avait un coût et ce n’était pas toujours évident. Avoir un entraîneur serait quand même idéal. Depuis le mois de septembre, nous sommes aidées par Hugo Jean. Il est venu le week-end du 19/20 octobre au P2000 de Casa Padel, où nous perdons en 1/8e de finale face à Camille Sireix et Justine Pysson (6/3 5/7 6/1).
Charlyne : Avoir un entraîneur régulier, ça nous permettrait de mieux voir ce qui peut être amélioré chez l’une comme chez l’autre. Cela nous permettrait également de nous faire avancer comme une équipe, en nous faisant travailler des séquences de jeu, des coups…
En quoi vos identités de jeu ont-elles évolué, notamment ces derniers mois ?
Alexise : Je me suis améliorée en défense… mais je partais de loin (rires) ! Il faut dire que, venant du tennis, j’ai des ancrages. Les faire évoluer prend nécessairement du temps.
Charlyne : De mon côté, je suis un peu plus agressive sur le terrain. Avec Alexise, nous avons longtemps déployé une stratégie assez classique : en joueuse de gauche qu’elle est, il lui revenait de terminer le point. Quant à moi, j’essayais d’être la plus régulière possible. Depuis quelque temps, nous avons essayé de progresser dans nos points faibles : Alexise en défense et moi en attaque…
Alexise : Ça me soulage bien ! Charlyne peut terminer certains points, alors que moi, je ralentis un peu plus le jeu. Tous les points ne sont pas forcément bons à finir !
Charlyne : Nous avions en effet des difficultés face à certaines paires. Maintenant, nous laissons passer les balles, nous adaptons les zones. Nous avons également évolué stratégiquement, par exemple en jouant plus en profondeur, en enchaînant avec des chiquitas… C’est aussi cela que nous travaillons avec Hugo Jean. Le fait qu’il soit sur le banc, à nos côtés, permet d’aller au-delà des encouragements que nous recevons. À notre niveau, les filles ont toutes un coach qui peut leur dire ce qu’il se passe. Nous n’avons jamais eu cela et je pense que ça peut débloquer des trucs chez nous. Hugo a une position de neutralité, c’est très aidant et permet d’éviter tout stress inutile !

De quelle manière conciliez-vous vie sportive, vie professionnelle et vie familiale ?
Alexise : Cela ne peut se faire qu’avec beaucoup d’organisation. D’abord, il faut savoir que Charlyne et moi avons toutes deux un emploi : nous travaillons donc cinq jours sur sept. Pour ma part, j’ai un compagnon qui a des enfants, que nous accueillons une semaine sur deux. Ensuite, il y a les tournois, les entraînements, les échéances… Nous avons pour objectif de jouer un tournoi par mois en moyenne, parfois un petit peu plus.
Charlyne : Il est vrai que gérer des emplois du temps complexes n’est pas facile. Outre les entraînements, les obligations professionnelles, nos familles, nos conjoints, nous essayons de travailler et de progresser. Nous faisons pas mal de parties sous la forme de jeu libre, et parfois quelques mini-stages lorsque nous parvenons à les caser. Cela peut faire beaucoup : il n’est pas rare que le week-end arrive et que l’on se sente crevée… C’est là qu’il faut partir en tournoi !
Alexise : C’est vrai que parfois, je ressens de la fatigue. Une semaine sur deux, la vie à la maison est assez pleine, avec les enfants de mon compagnon à la maison. Ecole, devoirs, dîners à heures fixes… sans compter quelques entraînements en soirée, avec un coucher tardif à la clé. En fait, on bosse jusqu’à 19h, et ensuite on peut jouer au padel, lorsque l’on n’a pas les enfants !

Quels sont vos objectifs ?
Alexise : Le jeu et le plaisir….
Charlyne : S’améliorer sans cesse ! Nous avons encore beaucoup de choses à apprendre. Moi, j’aime cette idée que je progresse sur moi-même. J’ai plutôt un objectif en termes de niveau de jeu. Le classement n’est pas une finalité, même si le fait d’être 10e actuellement est très satisfaisant.
Alexise : Je suis d’accord. Avec Charlyne, nous passons vraiment de supers moments ensemble. J’ai eu la chance d’être sollicitée pour le stage de l’équipe de France, en mai dernier : c’était génial, mais j’ai culpabilisé d’y aller seule, sans Charlyne. C’est elle qui m’a encouragée, soutenue. L’équipe de France, le maillot, c’est un truc de fou… Après, est-ce que nous en avons les capacités ? Les filles devant nous sont très fortes, avec les quatre premières intouchables. C’est pour cela que nous vivons pour la passion du jeu. Être ensemble avec Charlyne, c’est génial. Nous travaillons dans le quotidien, on s’éclate à jouer et on veut être fières de nous après avoir joué.
Charlyne : C’est vrai que lorsque l’on entre sur le terrain, on donne tout par respect et amitié pour l’autre. Nous sommes des compétitrices, nous ne lâchons rien, mais notre complicité joue très positivement sur les résultats de l’équipe, avec une très forte exigence.
Alexise : Notre lien d’amitié nous permet aussi de relativiser les choses. Je me souviens d’un match pour la 3e place, au P1500 de Toulon cette année. Nous sommes menées 6/2 2/1 et mon niveau de jeu est catastrophique. Je dis alors à Charlyne : « tu sais, il reste 10 minutes à jouer : ça va être long ! » Là, elle éclate de rire et me dit juste de mettre la balle dans le terrain. Nous avons fini par gagner ce match ! Ce résultat est le fruit d’un sourire, d’une réaction qui m’a permis de relativiser, ça m’a clairement enlevé la pression. Vous savez, pour nous le sport reste quelque chose de ludique. Nous avons une vie professionnelle pleine, et c’est là que nous avons la pression. Après, il nous reste le week-end et les tournois : là, c’est détente et plaisir ! Et c’est tant mieux si nous parvenons à avoir d’excellents résultats de cette manière.
Avez-vous quelques messages à passer ?
Alexise : Je voudrais une nouvelle fois remercier Steeve, mon compagnon. Il est passionné comme moi de padel et c’est grâce à lui que je peux m’adonner à ma passion. Je me dois aussi de remercier mon sponsor, Wilson, car c’est une aide précieuse pour une joueuse comme moi.
Charlyne : Pour ma part, je voudrais remercier mes amis, toute la petite bande de proches qui nous suit à l’année : Mélanie, Laura, Steeve… et bien entendu Mathilde. Sur les tournois, nous ne sommes pas seules avec Alexise, et quand nous gagnons, nous allons vite étreindre ceux qui nous soutiennent. Je trouve que c’est une belle image : partager ces moments avec les gens qu’on aime, c’est tout simplement génial.
Pas un jour sans une ligne… de pista de padel ! Depuis quelques années, Frédéric a pris le parti de se consacrer à sa passion de toujours : la petite balle jaune et son univers impitoyable. Addict, vous avez dit addict ?

























































































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