Présent au Padel 33 de Bordeaux à l’occasion de l’événement All Star organisé par Padel Référence, Jules Marie s’est confié à Padel Magazine sur ses premiers mois sur le circuit international. L’ancien tennisman professionnel, désormais pleinement investi dans le padel, revient sur ses débuts avec Clément Filho, ses confrontations avec les meilleurs joueurs mondiaux, notamment Tolito Aguirre, et sa progression depuis près de deux ans. Entre ambitions sportives, plaisir de jouer et amitié avec son partenaire, Jules Marie raconte son apprentissage d’un sport dans lequel il prend de plus en plus de plaisir.

Du circuit français aux tournois FIP, le déclic de Jules Marie

C’est dans une ambiance détendue que nous avons retrouvé Jules Marie au Padel 33 de Bordeaux, à l’occasion de l’événement All Star 2026 de Padel Référence. Arrivé de Paris dans la matinée, l’ancien tennisman a participé aux différentes animations organisées au club.

Mais derrière cette journée conviviale, Jules Marie poursuit depuis plusieurs mois un projet bien plus sérieux : faire sa place sur le circuit international de padel. Une aventure qui a débuté en janvier 2026, lorsqu’il a disputé son premier FIP Silver à Caen, aux côtés de Clément Filho, son partenaire et ami.

« Avec Clément, on a fait un premier FIP pour se faire plaisir à Caen, chez moi. On était en qualifications parce qu’on n’avait pas de points. On a gagné deux matchs pour se qualifier et on a adoré l’ambiance. »

Les deux Français avaient alors réussi à intégrer le tableau principal avant de se mesurer à une paire néerlandaise composée de joueurs proches de la 120e place mondiale. Malgré la défaite, cette première expérience leur avait donné envie de recommencer.

À cette période, Jules Marie commençait à ressentir une certaine lassitude sur le circuit français. Habitué à disputer des P1000, où il atteignait régulièrement les demi-finales ou les finales, il cherchait de nouveaux défis. Le système de classement français ne lui apportait pas toujours la progression espérée, même lorsqu’il réalisait de bons résultats.

Quelques semaines plus tard, direction le Portugal pour une nouvelle expérience internationale. Avec Clément Filho, ils franchissent les qualifications, notamment grâce à une victoire face à la tête de série 1, puis remportent leur premier match dans le tableau principal.

Ils se retrouvent ensuite opposés à Pablo Lijó et Javi García, deux joueurs du top 40 mondial. Le contraste est immédiat.

« On prend 6/0 dans le premier set, on ne voit pas le jour. On se regarde sur le banc en se disant que ce n’est pas possible. Dans le deuxième, on arrive à breaker, mais on finit par perdre. Franchement, on a adoré. »

C’est à partir de cette rencontre que Jules Marie comprend qu’il veut multiplier les tournois internationaux. La possibilité de se confronter régulièrement à des joueurs bien mieux classés, de découvrir de nouvelles conditions et de progresser devient une véritable source de motivation.

Jules Marie : « Je pense que mon niveau se situe autour de la 300e place mondiale »

« Je pense que mon niveau se situe autour de la 300e place mondiale »

Depuis cette première expérience, Jules Marie a disputé une quinzaine de tournois FIP en six mois, avec plusieurs partenaires. La blessure de Clément Filho l’a notamment poussé à évoluer aux côtés d’autres joueurs, dont Maxime Deloyer et Benjamin Dufour, tout en continuant à accumuler de l’expérience et des points au classement mondial.

L’ancien tennisman apprécie particulièrement le fonctionnement du circuit FIP, avec des tournois généralement concentrés sur quelques jours. Un calendrier qui lui permet d’enchaîner les compétitions sans devoir rester une semaine entière sur place, comme il pouvait le faire sur le circuit professionnel de tennis.

Il apprécie également le système de points, qui lui donne le sentiment de progresser régulièrement. Mais au-delà du classement, c’est surtout son niveau de jeu qui l’intéresse.

« Je pense que mon niveau se situe à 300 pour l’instant. Je vais y arriver en jouant, parce que je vais passer des tours en FIP Silver. Après, pour aller chercher la 250e place, il faudra gagner des deuxièmes et des troisièmes tours. »

Jules Marie reste néanmoins lucide sur l’écart qui le sépare encore des meilleurs joueurs du monde. Face à des adversaires du top 100, il reconnaît que la différence de niveau est importante. Il souligne aussi que le classement ne reflète pas toujours parfaitement la valeur d’un joueur, certaines rencontres contre des adversaires moins bien classés pouvant se révéler particulièrement compliquées.

Pour autant, son enthousiasme reste intact. Chaque tournoi lui permet de découvrir de nouveaux joueurs, d’affiner son jeu et de mieux comprendre les exigences du circuit international.

Jules Marie : « Je pense que mon niveau se situe autour de la 300e place mondiale »

Face à Tolito Aguirre, une expérience aussi frustrante qu’inoubliable

Parmi les rencontres qui ont marqué ses premiers mois sur le circuit, Jules Marie retient particulièrement son affrontement face à Tolito Aguirre et Pablo Garcia. Une opposition qui n’était pourtant pas prévue initialement.

Lors d’un tournoi disputé en Italie, le Français et son partenaire avaient hérité d’un premier tableau plutôt favorable, avec la perspective d’affronter une wild-card croate puis une tête de série accessible. Mais une modification administrative du tableau est venue bouleverser leurs plans.

« Le tableau a été changé à cause d’une erreur administrative de la FIP. On ne sait toujours pas pourquoi. Et finalement, on se retrouve à jouer Tolito, rien que ça. »

Si cette modification a réduit leurs chances de marquer des points, elle leur a offert une occasion rare de se mesurer à l’un des joueurs les plus spectaculaires du circuit.

Jules Marie a notamment été impressionné par la lecture du jeu et la qualité de main de Tolito Aguirre, capable d’anticiper les trajectoires et de trouver des solutions dans des situations particulièrement compliquées.

« Il a une main de dingue. Il voit le jeu dix fois avant nous, il anticipe tout. C’est beau à voir. »

La rencontre a toutefois été frustrante pour l’ancien tennisman. Les Argentins avaient rapidement identifié une stratégie efficace en concentrant une grande partie du jeu sur Clément Filho, notamment à travers des chiquitas et des lobs. Une tactique qui limitait considérablement les occasions pour Jules Marie d’intervenir dans les échanges.

« Au début du deuxième set, Clément me demande si je prends du plaisir. Je lui réponds que non, parce que je suis frustré, je ne joue presque pas. »

Mais le dernier point de la rencontre a finalement offert une séquence devenue virale sur les réseaux sociaux. Sur la balle de match, Jules Marie décide de multiplier les revers frappés à plat, plutôt que de chercher à construire le point de manière traditionnelle.

« Je me suis dit : en fait, je ne vais faire que ça. Revers tendu, revers tendu, pour mon plaisir. C’est un truc que personne ne fait et que moi, j’adore faire. »

Une séquence qui a beaucoup fait réagir, certains internautes lui reprochant de ne pas utiliser davantage le lob. Des critiques qui amusent le Français, pour qui cette initiative relevait avant tout du plaisir de jouer.

« Beaucoup ont commenté au premier degré, en disant que le lob existait au padel. Évidemment qu’il existe, mais là, c’était juste pour le délire. »

Une progression constante, notamment en défense

Près de deux ans après ses débuts dans le padel, Jules Marie se montre particulièrement satisfait de son évolution. L’ancien tennisman a naturellement pu s’appuyer sur certaines qualités héritées de sa première carrière, notamment sa puissance et son aisance dans le jeu offensif.

Mais il estime avoir progressé dans pratiquement tous les compartiments du jeu, avec une attention particulière portée à la défense, un secteur dans lequel les automatismes du tennis ne suffisent pas.

« J’ai progressé sur mes points forts, la volée, le smash, la vibora. Mais surtout, je trouve que ma défense est devenue beaucoup mieux. »

Il cite notamment une rencontre disputée face à Pierre Vincent et Damien Bayard lors des Championnats de France, durant laquelle il estime avoir réalisé l’une de ses meilleures prestations sur le plan tactique, en particulier dans la gestion des lobs et des situations défensives.

Pour mesurer son évolution, Jules Marie aime également se comparer au parcours de Clément Filho, reconnu pour ses qualités défensives.

« Je lui ai demandé où il en était en défense après un an et trois mois de padel. Il m’a répondu qu’il était moins bon que moi à ce moment-là. Donc je me dis que dans trois ou quatre mois, je devrais être pas mal. »

Cette progression est devenue l’un de ses principaux moteurs. Au-delà des résultats et du classement, Jules Marie prend surtout du plaisir à constater les améliorations de son jeu semaine après semaine.

Jules Marie : « Je pense que mon niveau se situe autour de la 300e place mondiale »

Une nouvelle académie parisienne pour accélérer son apprentissage

Pour poursuivre son développement, Jules Marie peut désormais s’appuyer sur une nouvelle structure d’entraînement à Paris, avec notamment Jérôme Inzerillo et plusieurs entraîneurs et joueurs du circuit français.

Selon lui, l’académie Wepadel réunit régulièrement une vingtaine de joueurs classés autour du top 300 ou 400 mondial, avec des séances organisées quotidiennement, à différents horaires.

Une organisation qui lui permet de s’entraîner presque tous les jours, avec un véritable travail technique plutôt qu’une simple succession de matchs.

« Un match, c’est cool, mais au bout d’un moment, il faut travailler des choses précises, des détails, faire des répétitions. »

L’ancien tennisman insiste sur l’importance de ces séances dirigées pour corriger ses défauts, notamment en défense, et développer les automatismes indispensables au haut niveau.

Entre les entraînements à Paris et les déplacements sur le FIP Tour, Jules Marie a désormais trouvé un rythme qui lui convient, avec l’objectif de continuer à réduire l’écart qui le sépare des meilleurs joueurs internationaux.

« Pour moi, le tennis est cent fois plus physique que le padel »

Ancien joueur professionnel de tennis, Jules Marie possède un regard particulièrement intéressant sur les différences physiques entre les deux disciplines. Et lorsqu’on lui demande lequel des deux sports est le plus exigeant, sa réponse est immédiate.

« Pour moi, le tennis est cent fois plus physique que le padel. »

Une déclaration volontairement tranchée, qu’il nuance en rappelant que l’intensité peut varier selon les rencontres. Certains matchs de tennis, notamment face à de gros serveurs, peuvent comporter très peu d’échanges, tandis que des rencontres de padel peuvent devenir particulièrement éprouvantes lorsque les points s’allongent.

Mais selon lui, la différence fondamentale se situe dans les déplacements et les efforts musculaires répétés.

« Au padel, le terrain est plus petit et on est deux pour le défendre. Au tennis, tu fais des sprints de cinq ou six mètres à tous les points, pendant une heure et demie ou deux heures. C’est beaucoup plus brutal pour les muscles. »

L’ancien tennisman explique que ces accélérations répétées sollicitent fortement le corps et provoquent une fatigue musculaire bien plus importante.

Il reconnaît avoir déjà terminé certains matchs de padel complètement épuisé, mais estime que cela reste relativement rare par rapport à son expérience sur le circuit professionnel de tennis.

Un avis qui devrait forcément alimenter le débat entre les pratiquants des deux sports.

Avec Clément Filho, un projet sportif qui dépasse les résultats

Si Jules Marie a évolué avec plusieurs partenaires ces derniers mois, Clément Filho reste au centre de son projet sur le circuit international. Les deux Français ont développé une véritable complicité et souhaitent continuer à progresser ensemble, même si leur association ne repose pas uniquement sur les résultats.

Avec humour, Jules Marie explique que les deux hommes se sont fixé une sorte de contrat moral d’un an, sans pour autant s’interdire de revoir leurs plans.

« On s’est dit qu’on allait jouer un an ensemble. On s’entend super bien. Des fois, je vais mal jouer, des fois, ce sera lui, mais on s’en fout. Ce n’est pas grave. »

Le Français reconnaît toutefois qu’il peut être difficile de disputer tous les tournois avec le même partenaire. Il n’exclut donc pas quelques associations ponctuelles sur le circuit français, notamment pour varier les expériences.

Mais l’essentiel reste ailleurs : les deux joueurs prennent du plaisir à partager les terrains et les déplacements, avec une relation suffisamment solide pour discuter ouvertement de leurs envies respectives.

Clement Filho tape dans la main de Jules Marie

Une amitié née bien avant le padel

La relation entre Jules Marie et Clément Filho ne date pas de leurs premiers tournois ensemble. Leur première rencontre remonte même à 2017, lors d’une journée de beach-volley à Cabourg.

À l’époque, les deux hommes ne se connaissent pas vraiment. Ils partagent une journée sportive, puis une soirée dont Jules Marie garde un souvenir particulièrement amusé.

« Je l’ai rencontré en 2017, à Cabourg. On avait fait du beach-volley ensemble. Le soir, on était sortis en boîte avec son père, c’était monstrueux. Et après, je ne l’ai plus revu pendant des années. »

Leurs parcours se croisent à nouveau plusieurs années plus tard. Clément Filho développe ses activités de création de contenu, notamment après son passage aux États-Unis, tandis que Jules Marie poursuit sa carrière dans le tennis.

Un lien indirect les rapproche alors : le frère de Jules Marie devient l’agent de Clément Filho, après avoir déjà accompagné Jules dans sa carrière de tennisman.

Lorsque Jules Marie se lance dans le padel, les deux hommes commencent naturellement à se retrouver sur les pistes. D’abord pour quelques parties, puis sur des P500, avant de construire progressivement une association plus sérieuse.

« Au début, c’était lui qui me portait un peu sur les tournois. Maintenant, c’est moi qui le porte ! », plaisante Jules Marie.

Leur complicité s’est ensuite prolongée sur les réseaux sociaux, où les deux créateurs de contenu partagent régulièrement leurs entraînements, leurs déplacements et leurs expériences sur le circuit.

« Je pense que les gens aiment bien notre relation, la manière dont on se parle. Et ils vont aussi aimer suivre notre évolution, voir jusqu’où on peut aller. »

C’est finalement ce qui caractérise le mieux le projet de Jules Marie et Clément Filho : deux amis qui souhaitent progresser ensemble, découvrir le circuit international et partager leur aventure avec leur communauté.

Pour Jules Marie, qui a déjà connu les exigences du sport professionnel à travers le tennis, le padel représente aujourd’hui une nouvelle manière de vivre la compétition, avec toujours cette envie de gagner, mais surtout le plaisir de découvrir jusqu’où il peut progresser.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !