Ancien numéro 2 français, Jérôme Inzerillo a progressivement délaissé le circuit professionnel pour se consacrer à la transmission et à la formation. À la tête de WePadel, son académie installée en région parisienne, il accompagne désormais plusieurs joueurs français, tout en continuant à disputer quelques compétitions. Rencontré lors du FIP Bronze de Marnes-la-Coquette, l’ancien international français est revenu sur le développement de son projet, la progression de la nouvelle génération tricolore et les joueurs qui pourraient faire les beaux jours du padel français dans les prochaines années.
WePadel, une nouvelle académie qui prend de l’ampleur en région parisienne
Depuis maintenant deux ans, Jérôme Inzerillo a considérablement réduit son activité sur le circuit professionnel. Un choix qui ne signifie pas pour autant qu’il s’est éloigné des pistes. Bien au contraire, l’ancien membre du top 10 français consacre désormais l’essentiel de son temps à WePadel, une structure qu’il a créée avec l’ambition de développer la formation et l’accompagnement des joueurs.
« Ça fait maintenant deux ans que j’ai vraiment arrêté le circuit. J’ai créé WePadel il y a deux ans. Au départ, on était deux à donner des cours avec Loïc Pellegri. Aujourd’hui, WePadel, c’est une trentaine de stages dans l’année. »
Une activité qui s’est progressivement développée, avec des stages organisés en France comme à l’étranger. Mais depuis la rentrée de septembre, le projet a franchi une nouvelle étape avec l’ouverture d’une véritable académie d’entraînement en région parisienne, permettant à plusieurs joueurs de travailler ensemble quotidiennement.
Une initiative intéressante dans le paysage français. Si certaines structures comme l’académie de Palavas ou Big Padel à Bordeaux sont déjà bien identifiées, la région parisienne dispose désormais, avec WePadel, d’un nouveau point de rassemblement pour les joueurs qui souhaitent s’investir dans un projet d’entraînement régulier.
Plusieurs joueurs ont déjà intégré cette dynamique, notamment Jules Marie, Clément Filho et Tom Couturier, tandis que Philémon Reichmann et Manuel Vives ont également effectué des passages au sein de la structure.
Jérôme Inzerillo accompagne aussi Clara Mansart, l’une des grandes révélations du padel féminin français cette saison. La joueuse bénéficie désormais de son encadrement au sein de l’académie, une nouvelle étape dans sa progression. Pour Inzerillo, ce développement représente l’aboutissement d’un travail engagé depuis plusieurs années, même s’il insiste sur la nécessité de construire progressivement.
« C’est ce qui m’anime aujourd’hui : transmettre et développer plein de choses. Depuis le début, je fais énormément de choses tout seul. Maintenant, on essaie de se structurer, mais je ne voulais pas brûler les étapes. »
L’académie continue également de renforcer son équipe d’encadrement, avec l’arrivée de nouveaux entraîneurs. Un point essentiel pour Inzerillo, qui souhaite s’entourer de profils capables d’accompagner aussi bien les joueurs confirmés que les jeunes en développement.
Victor Choppe, un joueur qui progresse grâce au travail
S’il a réduit son calendrier de compétition, Jérôme Inzerillo continue de partager la piste avec certains joueurs, notamment pour les accompagner dans leur progression. C’est le cas de Victor Choppe, avec lequel il a développé une association intéressante ces derniers mois.
Les deux joueurs avaient notamment réalisé une belle performance lors de leur premier tournoi ensemble, en dominant Yanis Muesser et Philémon Raichman en quart de finale d’un P1000. Une première expérience convaincante qui leur a donné envie de renouveler leur association sur le circuit international.
Mais au-delà des résultats, c’est surtout la personnalité et la progression de Victor Choppe qui intéressent Inzerillo.
« Ce matin, il m’a dit qu’il n’avait pas de talent. Mais pour moi, travailler, c’est déjà un talent. Et ça, c’est son premier talent. »
L’ancien international français insiste sur les qualités physiques et offensives de son partenaire, notamment sa capacité à terminer les points dans le jeu aérien. Une arme importante, qui nécessite néanmoins quelques ajustements pour être pleinement efficace face aux meilleurs joueurs.
« Il a une grosse force, c’est qu’en haut, il peut faire exploser beaucoup de balles. Mais ça peut aussi devenir une faiblesse contre de meilleurs joueurs. Il faut trouver le juste milieu. »
Inzerillo souligne également la capacité d’écoute de Choppe, un élément qu’il considère comme essentiel dans la progression d’un jeune joueur.
« Il a commencé à s’entraîner sérieusement depuis peu et je trouve que sa progression est énorme. Il faut continuer à travailler techniquement, tactiquement et mentalement. »
Une analyse qui correspond parfaitement à la philosophie de WePadel : accompagner les joueurs sur l’ensemble des aspects de leur jeu, plutôt que de se concentrer uniquement sur leurs qualités naturelles.
« Les jeunes Français ont aujourd’hui de vrais projets »
Avec son expérience du haut niveau français et son nouveau rôle d’entraîneur, Jérôme Inzerillo dispose d’un regard intéressant sur l’évolution du padel tricolore.
Pour lui, les progrès observés ces dernières saisons ne sont pas uniquement liés à l’émergence de quelques individualités. Ils s’expliquent surtout par une évolution profonde de la manière dont les jeunes joueurs abordent leur carrière.
« Ce que je trouve bien avec cette nouvelle génération, c’est qu’elle s’investit beaucoup plus dans les tournois et que les centres d’entraînement se développent. »
L’ancien joueur estime que la France commence progressivement à se doter des structures nécessaires pour accompagner ses meilleurs espoirs. Une évolution qui pourrait permettre de réduire l’écart avec les grandes nations du padel mondial, notamment l’Espagne et l’Argentine.
« Pour moi, il faut structurer la base : les jeunes, les académies, mais aussi les entraîneurs. Parce que ça passe aussi par de très bons coachs, capables de transmettre. »
Autre changement important à ses yeux : les jeunes Français ne sont plus systématiquement obligés de partir en Espagne pour bénéficier d’un encadrement de qualité. Avec le développement des académies privées et la mise en place du Centre national d’entraînement (CNE), les possibilités de construire un projet sportif ambitieux en France se multiplient.
« Il y a plus de tournois, plus de terrains, des jeunes qui arrivent avec de vrais projets. Avant, c’était un peu moins le cas. Aujourd’hui, ils peuvent aussi rester en France pour s’entraîner. »
Inzerillo reste néanmoins mesuré sur la vitesse à laquelle la France pourra franchir un nouveau cap.
« On rivalise déjà beaucoup plus qu’avant, on commence à gagner. Maintenant, il faut encore du temps et surtout davantage de jeunes qui s’investissent. »
Un constat qui met en lumière l’un des principaux enjeux du padel français : ne plus seulement compter sur quelques joueurs capables de réaliser des performances ponctuelles, mais constituer un vivier suffisamment important pour exister régulièrement au plus haut niveau international.

Guy de Chamisso, Jérémy Robert et une génération qui attire son attention
Lorsqu’on lui demande quels jeunes joueurs français l’impressionnent particulièrement, Jérôme Inzerillo cite plusieurs profils qui incarnent cette nouvelle dynamique.
Parmi eux, Jérémy Robert et Olivier Guy de Chamisso occupent une place importante dans son analyse. Deux joueurs dont il apprécie le niveau et la progression, et qui représentent selon lui une génération particulièrement intéressante pour l’avenir du padel français.
« Je pense que Guy et Jérémy font partie d’une génération qui est vraiment au-dessus. »
Leur capacité à obtenir des résultats sur le circuit international, notamment en remportant un tournoi professionnel à un jeune âge, constitue selon lui un signal encourageant.
« Gagner un tournoi professionnel à leur âge, ça va donner envie à tout le monde. »
Inzerillo évoque également les progrès réalisés par Timéo Fonteny et Yoan Boronad, deux joueurs qui ont choisi de s’investir pleinement dans leur carrière et dont le travail commence à porter ses fruits.
Il apprécie particulièrement cette nouvelle mentalité, avec des jeunes qui ne se contentent plus de participer aux compétitions françaises, mais qui cherchent à construire une véritable carrière sur le circuit FIP.
Pour lui, l’émulation entre ces différents joueurs pourrait jouer un rôle important dans les prochaines années. Plus les jeunes Français obtiendront des résultats à l’international, plus ils pousseront leurs compatriotes à élever leur niveau d’exigence.
Une nouvelle génération à accompagner, pas seulement à observer
À travers son discours, Jérôme Inzerillo défend une vision du padel français construite sur le long terme. L’ancien membre du top 10 ne considère pas que les jeunes joueurs tricolores ont atteint leur plafond. Au contraire, il estime que les conditions sont aujourd’hui bien meilleures pour leur permettre de progresser.
Mais cette progression doit s’accompagner d’un véritable travail de formation, d’un encadrement compétent et d’une continuité dans les projets sportifs.
C’est précisément dans cette logique qu’il souhaite inscrire WePadel, en offrant aux joueurs de région parisienne un environnement où ils peuvent s’entraîner régulièrement, partager leurs expériences et bénéficier d’un accompagnement adapté à leurs ambitions.
Entre le développement de son académie, son travail auprès de Clara Mansart, l’accompagnement de joueurs comme Victor Choppe et ses apparitions ponctuelles en compétition, Jérôme Inzerillo a trouvé une nouvelle manière de contribuer au padel français.
Après avoir longtemps défendu ses couleurs sur les pistes, il participe désormais à la formation de ceux qui pourraient prendre la relève.
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