En marge d’un événement padel organisé aux Maldives, Marca a rencontré Juan Mieres, ancien numéro un mondial, coach et figure majeure de l’histoire du padel. Dans le cadre exceptionnel du « Le Meridien Resort & Spa », l’Argentin livre un regard lucide sur l’évolution de son sport, entre croissance spectaculaire, professionnalisation accélérée et dérives inévitables.

Un sport qui a grandi… et qui vise encore plus haut
Mieres ne cache pas son enthousiasme face à la trajectoire actuelle du padel. Le développement est mondial, structuré, et surtout ambitieux.
« Ça a coûté un peu, mais maintenant j’adore la direction que prend le padel. »
Pour lui, l’objectif est clair pour le padel : les Jeux Olympiques.
« Ce serait énorme. Ça changerait tout au niveau des aides, des installations et de la professionnalisation. »
Même s’il reste prudent sur la comparaison avec les géants que sont le football ou le tennis, l’ancien numéro un assume cette ambition comme une étape logique.
L’argent a changé la compétition
Forcément, cette croissance s’est accompagnée d’une transformation profonde du circuit. Mieres, qui a connu le padel sans argent, observe une différence nette dans la façon de vivre la défaite.
« Avant, quand on perdait, on était amers, on ne voulait parler à personne. »
Aujourd’hui, les contrats sécurisent les joueurs, parfois dès la simple participation.
« Maintenant, certains perdent et vont regarder Instagram. Ils ne souffrent plus autant. »
Un constat sans jugement, mais révélateur d’un sport devenu professionnel à tous les niveaux.

La faim, toujours décisive
Dans ce padel plus confortable, Mieres estime que ceux qui gardent la “faim” font toujours la différence. Il cite Federico Chingotto comme exemple parfait.
« Il n’est pas grand, il joue contre des mecs d’1m90, mais il a un orgueil énorme et se bat sur chaque balle. »
Un état d’esprit forgé par le parcours et les sacrifices, bien plus que par le talent pur.
Popularité, ego… et excès
La notoriété grandissante du padel a aussi son revers.
« Oui, il y a déjà beaucoup de bêtises. La mode fait grandir les egos. »
Mieres alerte sur un point clé : la célébrité peut être une arme à double tranchant. Aujourd’hui, les stars du football s’intéressent aux stars du padel. Agustín Tapia échange avec Neymar, Cristiano Ronaldo ou Messi.
« Avant, ça n’existait pas. »
Pour autant, il ne rejette pas cette “footballisation”, qui apporte aussi plus d’argent, plus de tournois et plus de visibilité au sport.
Le padel de demain se jouera surtout dans la tête
Aujourd’hui entraîneur, notamment de Marta Ortega, Juan Mieres transmet son expérience avec discrétion. Et sur l’avenir du jeu, il est catégorique :
« À haut niveau, le padel est à 60 % mental. »
Physique et technique comptent, bien sûr, mais ce sont les points importants, les moments sous pression, qui font basculer les matchs.
Dans ce décor de carte postale, Juan Mieres n’idéalise rien. Il aime le padel moderne, en accepte les excès, mais rappelle une chose essentielle : au plus haut niveau, ce sont toujours la tête et la faim de gagner qui font la différence.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !

























































































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