Et si Coki Nieto quittait un jour le côté gauche de la piste ? À 27 ans, l’Espagnol, installé parmi les meilleurs joueurs du monde, réfléchit déjà à la suite de sa carrière. Dans un entretien accordé à MARCA, le Madrilène s’est confié sur l’évolution du padel, les limites de son propre jeu et la possibilité de passer à droite. Il est également revenu sur sa séparation avec Jon Sanz, ses retrouvailles avec Mike Yanguas et ses ambitions pour les prochains Championnats du monde.

Un changement de côté pour prolonger sa carrière ?

Dans un circuit où les joueurs sont de plus en plus grands, puissants et capables de terminer les points rapidement, Coki Nieto constate que son profil devient progressivement plus rare. L’Espagnol, réputé pour sa défense et sa régularité, estime que les joueurs possédant ses caractéristiques auront de plus en plus de difficultés à rivaliser avec les nouvelles générations.

« On voit de moins en moins de joueurs de petite taille. Même à droite, les joueurs sont de plus en plus grands. »

Un constat qu’il partage notamment avec les profils de Fede Chingotto, Martín Di Nenno ou Lucas Bergamini, dont les qualités reposent davantage sur la lecture du jeu et la construction des échanges que sur la puissance pure.

Face à cette évolution, Nieto réfléchit sérieusement à un éventuel passage à droite. Il ne cache pas son intérêt pour cette possibilité, qui lui permettrait de s’associer à un joueur plus offensif et de mettre ses qualités de défenseur au service de son partenaire. Une transition qui ne pourrait toutefois pas se faire du jour au lendemain : l’Espagnol évoque une préparation complète et près d’un an d’adaptation pour espérer être compétitif à ce nouveau poste.

« Je suis toujours un 7, jamais un 10 ni un 2 »

Si Coki Nieto a réussi à se maintenir parmi les meilleurs mondiaux, ce n’est pas grâce à un coup exceptionnel, mais plutôt à une régularité qui fait sa force depuis plusieurs saisons.

« Je suis un joueur très solide, qui ne considère jamais une balle comme perdue. Je suis toujours un 7, je ne suis jamais un 10, mais jamais un 2 non plus. »

L’Espagnol explique également avoir franchi un cap sur le plan mental. Plus que son jeu, c’est sa confiance qui a évolué ces dernières années, lui permettant d’aborder les rencontres face aux meilleures paires avec davantage d’ambition.

Une progression qui lui a permis de dépasser ses propres objectifs. Lui qui espérait initialement intégrer les huit meilleures paires mondiales a finalement réussi à se maintenir parmi les quatre premières pendant une saison entière.

Une séparation avec Jon Sanz qu’il n’avait pas prévue

Sur le plan sportif, l’année 2026 n’a pourtant pas été simple. Gêné par une blessure à un ligament du coude, Nieto a manqué une partie du début de saison et disputé plusieurs tournois avec des douleurs, avant de retrouver progressivement ses sensations.

Son association avec Jon Sanz a également pris fin plus tôt qu’il ne l’imaginait. Une décision qui ne venait pas de lui, puisque son partenaire avait reçu une proposition de Franco Stupaczuk.

« Jon a reçu un appel de Stupa et a décidé de jouer avec lui. Je croyais beaucoup en notre projet, mais je n’avais pas d’autre choix que de l’accepter. »

Nieto a alors retrouvé Mike Yanguas, avec qui il avait déjà disputé de nombreuses demi-finales la saison précédente sans parvenir à atteindre une finale. Cette fois, les deux Espagnols ont immédiatement trouvé la bonne formule, en atteignant la finale dès leur premier tournoi ensemble, après une victoire marquante contre Tapia et Coello en quart de finale.

Pour Nieto, ce résultat n’est pas le fruit d’une révolution tactique. Il estime que leur niveau de jeu était déjà élevé lors de leur première association, mais que certains matchs importants avaient simplement échappé à la paire.

« Avec Coello, je jouerais contre n’importe qui »

À quelques jours des Championnats du monde au Qatar, Nieto a également évoqué les ambitions de l’équipe d’Espagne, qui tentera de reprendre le titre à l’Argentine.

Pour lui, les deux nations partent sur un pied d’égalité. « Je dirais 50-50 », estime le Madrilène, convaincu que la finale, si les deux équipes s’y retrouvent, se jouera sur la forme du jour.

Il garde encore en mémoire la défaite espagnole de 2024, malgré sa victoire personnelle aux côtés d’Arturo Coello. Une rencontre qu’il pensait pourtant décisive pour permettre à son pays de décrocher le titre.

Interrogé sur le partenaire avec lequel il aimerait disputer une éventuelle finale cette année, sa réponse ne laisse aucune place au doute : Arturo Coello.

« Il te rend la vie beaucoup plus facile. Il y a deux ans, j’étais très nerveux avant de jouer et il me rassurait. C’était comme un père pour moi, alors qu’il avait 20 ans. »

« Avec Coello, je jouerais contre n'importe qui »

Un partenaire idéal pour Nieto, qui reconnaît volontiers manquer de puissance pour conclure certains points. Et lorsqu’on lui demande quelle paire argentine il préférerait affronter, l’Espagnol affiche une confiance totale : avec Coello à ses côtés, peu importe les adversaires.

Entre ses ambitions avec la sélection espagnole, son association avec Mike Yanguas et ses réflexions sur un éventuel changement de côté, Coki Nieto aborde une période importante de sa carrière. À 27 ans, il ne cherche plus seulement à atteindre le sommet : il réfléchit aussi à la manière d’y rester dans un padel qui évolue rapidement.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !