Absent des pistes lors des Championnats de France de padel 2026 à Padel Plus Agen, Nicolas Rouanet était malgré tout présent autour des terrains. Éloigné de la compétition depuis plusieurs mois en raison d’une blessure qui a nécessité une opération, le Français poursuit une longue rééducation avec un objectif clair : retrouver pleinement la compétition en 2027.

De passage au micro de Padel Magazine, Rouanet revient sur sa convalescence, son passage au CERS de Capbreton, son calendrier de reprise, son futur retour sur le circuit international et la question de son prochain partenaire. Avec un nom qui garde forcément une place particulière : Bastien Blanqué.

« Je ne suis pas venu en tant que coach »

Padel Magazine : On te retrouve à Agen, mais cette fois en dehors de la piste. Tu es venu dans un rôle de coach ?

Nicolas Rouanet : Non, pas vraiment. Je suis venu voir les amis, je ne suis pas loin et ça me permet aussi de penser à autre chose. Je ne suis pas venu spécialement en tant que coach. Après, quand des copains jouent, évidemment, j’essaie d’aider un petit peu.

Rouanet s’est notamment retrouvé au bord de la piste pour accompagner Clément Filho et Pierre Pérez Le Tiec, opposés à Norman Sanchez et Morgan Mannarino. Une association qui n’était d’ailleurs pas celle initialement prévue pour ces Championnats de France puisque Rouanet devait jouer avec Pérez Le Tiec avant que sa blessure ne l’oblige à déclarer forfait.

« Quand je me suis fait opérer, je savais que les Championnats de France, c’était mort »

Tu espérais encore pouvoir revenir pour ces Championnats de France ?

Non. Quand je me suis fait opérer, je savais que c’était mort. Mon temps de convalescence est long. Je ne pense pas être réellement de retour sur la piste avant le mois de décembre, pour commencer à remettre du gaz.

Une semaine après mon opération, j’ai dit à Pierre : « Écoute, je ne pourrai pas faire les Championnats de France. » Tant mieux s’il a pu s’associer avec Clem et qu’ils ont réussi à gagner leur premier tour.

Évidemment, j’aurais préféré être sur le terrain.

Objectif 2027 et retour à l’international

Le mois de décembre constitue donc la première grande échéance. Peut-on imaginer un véritable retour à la compétition en janvier 2027 ?

C’est l’objectif. J’espère pouvoir bien m’entraîner et remettre du gaz en décembre. Ensuite, pourquoi ne pas faire deux tournois de préparation en France.

Mais le but est de repartir directement à l’international.

Il faudra aussi voir dans quel état je reviens. Est-ce que je vais retrouver rapidement mes sensations ? Est-ce que cela va prendre davantage de temps pour revenir à 100 % ?

L’idée est également d’utiliser mon classement protégé pour ne pas avoir à repartir tout au fond des qualifications sur des FIP Bronze ou des FIP Silver. Si je peux être épargné de ça, ce serait évidemment une bonne chose.

Pour le moment, c’est encore très long. Je suis plus chez le kiné que chez moi.

Bastien Blanqué, un partenaire à part

Si tu pouvais choisir un joueur avec lequel reprendre en 2027, qui serait-ce ?

C’est une question qui peut avoir plusieurs réponses. Si tu me parles d’un véritable projet sportif et de performance, pour réattaquer fort, j’ai créé avec Bastien Blanqué un lien qui est supérieur à beaucoup de liens que j’ai pu créer avec d’autres joueurs.

Je n’oublierai jamais ce que j’ai vécu avec lui, sportivement mais aussi en dehors du terrain.

Si l’occasion de rejouer avec Bastien Blanqué se présente, tu pourrais donc accepter ?

Si l’occasion se présente, je ne dirai jamais non.

Maintenant, il y a aussi pas mal de joueurs à Bordeaux avec lesquels je m’entraîne et avec lesquels je pourrais créer des automatismes. Il y aura certainement une décision à prendre au mois de décembre.

Mais avant cela, je veux me focaliser sur moi et savoir dans quel état je serai. Je veux pouvoir rejouer à 100 %, pas à 95 ou même 99 %.

« Je suis plutôt dans les clous, voire un peu en avance »

Où en es-tu aujourd’hui dans ta convalescence ?

Je travaille tous les jours et ça se passe très bien. Je suis plutôt dans les clous, voire même un peu en avance par rapport à la période de convalescence qui m’avait été annoncée.

Je commence déjà à faire quelques petites choses sur un terrain, uniquement en statique. Je ne peux pas m’empêcher d’aller un peu sur une piste de padel quand j’ai du temps.

Mais cette blessure m’a surtout fait comprendre que, cette fois, je n’avais pas le choix : je dois faire exactement ce que les médecins, les kinés et les chirurgiens me demandent.

Je ne peux pas essayer de rajouter de l’intensité ou de contourner les étapes. Mon corps ne me le permet tout simplement pas.

« Depuis le 1er mai, je ne marchais plus »

La blessure de Nicolas Rouanet s’est révélée beaucoup plus sérieuse qu’une simple gêne pouvant être gérée en attendant des jours meilleurs.

À quel moment as-tu compris que tu ne pourrais pas continuer à jouer avec cette blessure ?

Depuis le 1er mai, je ne marchais plus normalement. J’ai essayé de traiter mon tendon différemment, notamment avec une PRP, mais finalement, la réalité, c’est qu’il a fallu que je me fasse opérer mi-juillet.

Quand tu arrives à un stade où tu ne peux plus poser le pied par terre, tu es très loin de penser à ce que tu pourrais faire sur un terrain.

C’est la première fois que je connais une blessure où je ne peux vraiment pas « bricoler », essayer de passer entre les mailles du filet ou trouver une solution pour continuer malgré tout.

Deux semaines au CERS de Capbreton

Malgré l’impossibilité de reprendre normalement le padel, Rouanet continue à travailler sur différents aspects de sa performance.

Comment occupes-tu cette longue période sans compétition ?

Je continue à travailler beaucoup de choses en dehors de la piste. Tout le travail visuel, notamment, je peux continuer à le faire pendant mes séances de rééducation.

Je viens également de passer deux semaines au CERS à Capbreton, avec un programme très intensif. Ça m’a vraiment fait du bien.

J’ai rencontré de belles personnes, mais aussi des sportifs qui traversaient le même genre de situation. Pouvoir parler de ma blessure avec des gens qui comprennent réellement ce que je vis m’a beaucoup aidé.

Le difficile passage d’une vie de sportif à l’arrêt forcé

Pour Rouanet, l’épreuve n’est pas uniquement physique. La rupture avec son quotidien de sportif est brutale.

C’est aussi mentalement difficile de passer autant de temps loin des terrains ?

Oui, parce que mon quotidien a complètement changé du jour au lendemain.

Entre le tennis et le padel, cela fait environ 15 ans que je suis habitué à m’entraîner trois, quatre ou cinq heures par jour, tous les jours.

Et d’un seul coup, tu te retrouves chez toi sans pouvoir faire ce que tu as toujours fait.

C’est aussi pour ça que mon passage au CERS m’a fait du bien. J’étais entouré de sportifs et d’athlètes de haut niveau. Nous étions tous là pour la même raison : nous étions blessés et nous voulions revenir.

Un partenaire espagnol pour son retour ?

La question de son futur partenaire reste forcément ouverte. Avant sa blessure, Nicolas Rouanet avait notamment disputé deux tournois avec l’Espagnol Sergi Guimet.

Une association avec un joueur espagnol pourrait-elle être une option en 2027 ?

Pourquoi pas. J’ai joué un petit peu avec un Espagnol juste avant de me blesser, Sergi Guimet. Nous n’avons fait que deux tournois ensemble.

Moi, je ne parle pas espagnol, mais je parle anglais, donc cela permet aussi d’avoir une relation en dehors de la piste. Et ça, c’est important.

On verra au moment de ma reprise.

« Là, je pense à moi d’abord »

Donc aucune décision concernant ton futur partenaire pour le moment ?

Non. C’est difficile de parler de partenaires aujourd’hui parce que ce n’est tout simplement pas mon objectif principal.

Je veux d’abord voir comment je vais me sentir, retrouver mes sensations et penser à moi.

C’est peut-être un peu égoïste de le dire comme ça, mais actuellement, je pense à moi d’abord avant de penser avec qui je vais jouer.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.