Le Paris Major devait leur servir de point d’appui. Un mois plus tard, Paquito Navarro et Martín Di Nenno n’ont pourtant plus retrouvé le dernier carré sur Premier Padel. Deux quarts de finale à Rotterdam et Düsseldorf, puis une élimination en huitièmes à Milan : leur association reste capable de belles performances, mais peine à les enchaîner. Leur capacité à imposer un padel de construction, notamment lorsque les conditions limitent la puissance adverse, constitue une piste pour comprendre cette irrégularité.

Paris avait rappelé leur potentiel

À Roland-Garros, Navarro et Di Nenno avaient signé une victoire importante contre Franco Stupaczuk et Jon Sanz, remportée 4/6 6/1 6/4. Une qualification qui leur offrait leur quatrième demi-finale ensemble depuis leurs retrouvailles, après Bordeaux, Málaga et Londres.

Leur capacité à battre des paires mieux placées dans la hiérarchie avait déjà été démontrée. À Bordeaux, ils avaient éliminé Lebrón–Augsburger, 6/3 7/5. À Málaga, ils avaient dominé Stupaczuk–Yanguas, 7/5 6/3. Paris apportait donc une confirmation : Paquito et Martín possédaient toujours les moyens de bousculer les favoris.

Mais ces performances n’ont pas encore débouché sur une finale depuis leur reformation. Ils savent ouvrir une brèche dans la hiérarchie, sans parvenir à prolonger suffisamment leur parcours.

Trois éliminations aux significations différentes

À Rotterdam, leur défaite contre Momo González et Lucas Campagnolo ne ressemble pas à une démonstration d’impuissance. Navarro et Di Nenno avaient remporté la première manche et obtenu deux balles de match, avant de céder 6/2 6/7 5/7 après 2 h 49. Ils étaient donc tout près d’un nouveau dernier carré.

À Düsseldorf, le constat est différent. Stupaczuk et Sanz prennent leur revanche sur Paris avec une victoire 6/3 6/3. Entre les deux confrontations, les adversaires battus à Roland-Garros ont trouvé une dynamique qui les conduit jusqu’aux finales de Rotterdam et d’Allemagne.

Puis vient Milan, où Navarro–Di Nenno, têtes de série numéro 5, s’inclinent 6/2 6/3 contre Garrido–De Pascual, têtes de série numéro 16. Cette fois, leur parcours s’arrête avant même les quarts. Le problème ne se limite donc pas aux confrontations contre les toutes premières paires du circuit.

Les pistes lentes peuvent valoriser leurs qualités

Une lecture technique mérite d’être explorée : Navarro et Di Nenno semblent disposer de davantage de moyens pour imposer leur jeu lorsque la puissance ne permet pas de terminer facilement les échanges.

Le volume défensif de Di Nenno et la qualité de main de Paquito prennent alors tout leur sens. L’Argentin peut prolonger les points, tandis que l’Espagnol dispose de davantage d’occasions pour varier, déplacer ses adversaires et préparer une accélération. Leur complémentarité peut s’exprimer dans la construction, avec plusieurs coups nécessaires pour créer une véritable ouverture.

Bordeaux fournit un exemple concret. Contre Lebrón–Augsburger, la piste lente et l’efficacité de leurs lobs pour limiter l’impact offensif de leurs adversaires avaient pesé. Il faut également mettre en avant l’intérêt de la víbora dans ces conditions, exercice dans lequel Paquito excelle.

Cela soutient l’hypothèse d’un contexte favorable à leur jeu, sans suffire à établir une règle valable pour tous leurs tournois.

Un manque de puissance… ou une difficulté à conclure ?

Lorsque les conditions facilitent la finition au smash, la question devient plus exigeante : peuvent-ils obtenir aussi rapidement un point gagnant que leurs principaux rivaux ?

L’hypothèse d’un déficit relatif de puissance au-dessus de la tête est cohérente avec cette lecture. Elle concerne surtout leur capacité à terminer depuis des positions moins favorables, avant que la défense adverse puisse se réorganiser. Si chaque point demande une construction plus précise, la marge d’erreur peut se réduire face à des adversaires capables de conclure plus tôt.

Il serait toutefois trop simple d’expliquer leurs dernières défaites par la seule vitesse des pistes. Rotterdam était également décrit comme lent, et ils y ont perdu malgré leurs occasions de conclure. Les conditions peuvent favoriser un style sans garantir le résultat.

Leur défi dépasse donc la recherche d’un terrain idéal : préserver leur qualité de construction tout en convertissant davantage les occasions qu’elle produit. Paris a montré qu’ils pouvaient encore battre une paire du premier plan. La suite de leur saison doit montrer qu’ils peuvent le faire assez régulièrement pour retrouver une finale.

Antoine Tricolet

J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.