La lutte pour les dernières places qualificatives pour les Finals de Barcelone vient peut-être de connaître un premier tournant à Rotterdam. Javi Leal, qui avait considérablement renforcé sa position grâce à son titre au FIP Platinum de Lyon avec Fran Guerrero, s’est arrêté dès les huitièmes de finale du P2 néerlandais. Dans le même temps, Momo González et Lucas Campagnolo ont rejoint les quarts et disposent désormais d’une occasion idéale pour prendre de l’air dans la Race.

Avant le début du tournoi, les trois hommes étaient quasiment regroupés : Momo González occupait la 14e place avec 2 719 points, Javi Leal suivait avec 2 718 et Lucas Campagnolo pointait juste derrière avec 2 673. Un point séparait donc Momo de Leal, et seulement 45 Leal de Campagnolo.

À ce stade de la saison, chaque tour gagné peut donc modifier sensiblement la hiérarchie.

Leal s’arrête, Momo et Campagnolo continuent

Le premier mouvement a eu lieu jeudi. Fran Guerrero et Javi Leal sont tombés face à Tino Libaak et Gonza Alfonso après 2 h 19 de combat, 7/5 3/6 6/4. Une élimination en huitièmes qui intervient quelques jours seulement après leur victoire à Lyon et qui bloque cette fois leur récolte à Rotterdam.

Momo González et Lucas Campagnolo ont, eux, parfaitement négocié leur rendez-vous face à José Antonio Diestro et Marc Sintes. Victoire 6/4 7/5 et qualification pour les quarts, où les attendent Paquito Navarro et Martín Di Nenno.

Et lorsque l’on traduit ces résultats en points, la situation devient particulièrement intéressante.

Un huitième de finale rapporte 45 points sur un P2, contre 90 pour un quart de finale. Sur la base de la Race publiée avant Rotterdam, Leal passerait donc virtuellement à 2 763 points, tandis que Momo atteindrait 2 809 et Campagnolo… 2 763 également. Le Brésilien aurait ainsi effacé en un tournoi les 45 points qui le séparaient de Leal.

Pour Momo et Campagnolo, le véritable enjeu commence maintenant.

Une victoire qui pourrait faire beaucoup plus de dégâts

Le prochain palier est nettement plus rémunérateur. Une demi-finale sur un P2 vaut 180 points. Si Momo et Campagnolo battent Di Nenno et Paquito, ils doubleraient donc le total actuellement assuré à Rotterdam.

Dans cette hypothèse, Momo grimperait virtuellement autour de 2 899 points, Campagnolo à 2 853, tandis que Leal resterait à 2 763. L’écart commencerait alors à devenir beaucoup plus significatif : 136 points entre Momo et Leal et 90 entre Campagnolo et l’Espagnol.

Ce n’est évidemment pas un avantage définitif avec encore plusieurs gros rendez-vous à disputer, mais la dynamique serait complètement différente de celle observée en arrivant aux Pays-Bas.

Car quelques jours plus tôt, c’était Leal qui avait réalisé la grosse opération.

Lyon avait complètement relancé Leal

Avant son titre au FIP Platinum de Lyon, Javi Leal occupait encore la dernière place qualificative pour les Finals avec 2 418 points. Momo et Campagnolo disposaient alors d’une avance plus confortable, respectivement à 2 629 et 2 583 points.

La victoire de Leal et Guerrero en France a bouleversé cet équilibre. Les 300 points du titre ont propulsé Leal à 2 718 points et lui ont permis de revenir à seulement une unité de Momo. Campagnolo, lui, s’est retrouvé derrière.

Rotterdam pouvait donc apparaître comme le prolongement de cette offensive. Il est en train de produire l’effet inverse.

Leal n’aura pas l’occasion de capitaliser davantage cette semaine, alors que ses deux concurrents directs possèdent encore plusieurs tours pour creuser l’écart. C’est précisément ce qui rend le quart contre Di Nenno–Navarro beaucoup plus important qu’un simple accès au dernier carré.

Momo et Campagnolo peuvent passer de chasseurs à gestionnaires

Depuis leur association, Momo González et Lucas Campagnolo ont construit leur saison davantage sur la régularité que sur de très gros coups isolés. Ils ont accumulé les présences dans les derniers tours sans encore trouver le résultat qui les ferait définitivement décoller dans la Race.

Rotterdam leur offre peut-être cette opportunité.

Une demi-finale leur permettrait déjà de reprendre une marge sur Leal. Une finale, qui rapporte 360 points, changerait encore davantage la photographie de cette bataille.

L’enjeu n’est pas seulement de passer devant un concurrent. Il est de commencer à construire suffisamment de marge pour ne plus aborder chaque tournoi avec la pression immédiate du résultat adverse.

Les Finals de Barcelone réuniront les 16 meilleurs joueurs de la Race en fin de saison. La FIP prend en compte les 22 meilleurs résultats obtenus durant l’année sur Premier Padel et le CUPRA FIP Tour. Dans cette zone du classement, une série de 90 ou 180 points peut donc rapidement modifier la situation.

Le quart contre Di Nenno–Paquito prend une autre dimension

Sportivement, la marche sera évidemment haute. Di Nenno et Paquito ont parfaitement lancé leur tournoi en dominant Teo Zapata et Adrián Naranjo 6/0 6/3 en seulement 55 minutes.

Mais Momo et Campagnolo savent désormais exactement ce qu’ils peuvent aller chercher.

Hier encore, trois joueurs se tenaient en 46 points. Après les huitièmes de Rotterdam, Momo a déjà repris une petite marge et Campagnolo a virtuellement rejoint Leal. Une victoire supplémentaire permettrait aux deux partenaires de transformer cette petite ouverture en véritable avantage.

C’est tout le paradoxe de la Race à ce moment de la saison : Leal avait mis la pression sur ses concurrents en gagnant Lyon. Quelques jours plus tard, son élimination précoce à Rotterdam leur offre immédiatement la possibilité de lui répondre.

À Momo González et Lucas Campagnolo, désormais, d’en profiter.

Antoine Tricolet

J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.