Bastien Blanqué et Thomas Leygue ont une nouvelle fois terminé les Championnats de France ensemble et avec le trophée. Mais derrière ce nouveau titre, leur interview d’après-finale raconte surtout un tournoi beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. Frustration sur la piste, fatigue, problèmes physiques, difficultés récentes de Blanqué sur le circuit FIP et avenir des deux joueurs : les champions de France se livrent sur les ressorts d’une paire qui continue de fonctionner dans les moments les plus tendus.
Thomas Leygue : « C’était le Championnat de France de la frustration »
Sur la piste, les images ont parfois pu interpeller. Regards appuyés, discussions animées, gestes de frustration : Thomas Leygue et Bastien Blanqué n’ont pas traversé la compétition dans un calme absolu.
Leygue ne cherche d’ailleurs pas à le nier.
« Ces Championnats de France, c’est des Championnats de France de la frustration, en fait. On s’est un peu frittés, c’était pour se motiver. Mais c’est que du bon à chaque fois. »
Une communication qui fonctionne justement parce que les deux hommes se connaissent parfaitement.
« On est potes, on s’entend très bien et on ne prend pas les choses mal. »
Chez Blanqué / Leygue, une remarque ou un moment d’agacement n’est donc pas nécessairement le signe que la paire se fissure. C’est parfois même l’inverse. Texte collé
Blanqué : « On a la capacité de se dire les choses »
Bastien Blanqué insiste sur ce point. Après quatre années à évoluer ensemble sur les Championnats de France, les deux joueurs savent jusqu’où ils peuvent aller dans leurs échanges.
Et surtout, ils savent transformer ces moments en réaction sportive.
« On a la capacité de se dire les choses et, en fait, on le prend toujours bien. »
Blanqué prend deux exemples.
Lors d’un match précédent, alors que la paire traverse un passage compliqué, les deux hommes échangent et parviennent à breaker derrière. Même scénario en finale : ils se parlent dans un moment tendu avant de finalement aller chercher le tie-break.
« Aujourd’hui, c’est pareil, on se dit les choses et on arrive à gagner le tie-break. »
Une capacité à communiquer qui aura pesé dans une édition particulièrement éprouvante.
« C’était un Championnat de France extrêmement dur physiquement et mentalement. On n’a pas eu beaucoup de récup’. »
Au bout, Blanqué décroche son septième titre national, dont quatre aux côtés de Thomas Leygue.
Blanqué : « Je m’étais un peu perdu depuis quelques mois »
Mais pour Bastien Blanqué, ce Championnat de France avait également un enjeu plus personnel.
Le Français traverse une période compliquée sur le circuit international et ne cherche pas à masquer la réalité.
« Je pense que je m’étais un peu perdu depuis quelques mois. Je ne joue pas très bien sur le circuit FIP, ce n’est pas un scoop pour tout le monde. »
Il était donc venu chercher un titre, évidemment, mais également retrouver son identité de jeu.
Et c’est peut-être l’un des enseignements les plus importants de son tournoi.
« Au-delà de gagner le titre, je pense avoir retrouvé un bon niveau de jeu, une belle identité. »
Blanqué attribue également une partie de ce retour à son partenaire.
« Toto y est pour beaucoup. Il a très bien joué, il a une super attitude avec moi et nos jeux se complètent extrêmement bien. »
Dans une saison où les résultats n’ont pas toujours suivi, ce sacre pourrait donc constituer un véritable point de relance.
« Il y a beaucoup de positif sur ce tournoi qui ressort pour moi. »
Leygue : « Il fallait que je sois à la bagarre »
Thomas Leygue n’abordait pas non plus la compétition dans des conditions idéales.
Le numéro 1 français explique être arrivé avec des problèmes physiques (au dos notamment) et la certitude qu’il devrait accepter de souffrir.
« C’étaient des matchs très longs, très physiques. Je venais avec des problèmes physiques avant les matchs. Je savais que ça allait être compliqué. »
La consigne était donc simple :
« Il fallait que je sois à la bagarre. »
Malgré la fatigue et les difficultés rencontrées, Leygue retient surtout le niveau produit par la paire.
« Je suis quand même content et fier du niveau de jeu qu’on a produit et du résultat aujourd’hui. »
« Il n’y avait pas vraiment de favoris »
Avec leur palmarès commun, Blanqué et Leygue pouvaient apparaître comme les hommes à battre.
Thomas Leygue refuse pourtant de considérer que leur paire arrivait à Agen avec une autoroute vers le titre.
Pour lui, cette édition illustre au contraire la progression et la densification du padel masculin français.
« Je pense qu’il y a quatre, cinq, six paires qui jouent très bien. »
Il évoque plusieurs équipes capables de les inquiéter et les surprises observées pendant la compétition avant de dresser un constat :
« Le niveau de jeu en France est en train d’augmenter. Je pense que c’est la seule année où on peut dire qu’il n’y avait pas vraiment de favoris. »
Blanqué / Leygue ont d’ailleurs eux-mêmes flirté avec l’élimination.
Et pour Leygue, la différence ne s’est pas nécessairement faite sur le talent individuel.
« On a été peut-être plus une équipe que les autres »
C’est probablement la phrase qui résume le mieux leur tournoi.
« On est passé très proche de la défaite sur plusieurs matchs, mais on a été peut-être plus une équipe que les autres. »
Dans les moments importants, leurs quatre années d’automatismes, leur connaissance mutuelle et cette capacité à communiquer même lorsque la tension monte ont fait la différence.
« Dans les moments importants, ça s’est tourné en notre faveur. Je pense que c’est peut-être aussi pour ça qu’on gagne ce titre de champion de France cette année. »
Un constat qui donne également une autre lecture aux échanges parfois tendus observés entre les deux hommes : derrière la frustration, la paire n’a jamais cessé de fonctionner comme une équipe. Texte collé
Blanqué veut maintenant remonter au classement mondial
Une fois le titre acquis, les deux joueurs vont retrouver leurs projets respectifs sur le circuit international.
Pour Bastien Blanqué, la fin de saison doit servir à reconstruire.
Son association avec Maxime Joris arrive à son terme. Une séparation sans animosité.
« Avec Max, ça s’est très bien passé, mais le projet a mis du temps à se mettre en place et on n’a pas eu les résultats espérés. »
Blanqué compte désormais multiplier les FIP Bronze et FIP Silver. Son classement actuel rend l’accès à Premier Padel compliqué, même s’il estime que son jeu pourrait davantage correspondre à ces conditions.
Autre changement envisagé : évoluer avec des partenaires étrangers.
« J’aimerais jouer un peu avec des étrangers jusqu’à la fin de saison. »
L’objectif est clairement annoncé : récupérer des points et tenter de revenir autour de la 150e place mondiale.
« Ça ne sera pas ma meilleure saison, mais au moins essayer de limiter la casse avant décembre. » Texte collé
Blanqué / Leygue, une paire « loin d’être morte »
Thomas Leygue poursuit de son côté son projet international avec Jesús Moya, mais cela ne remet absolument pas en cause son association avec Blanqué pour les rendez-vous nationaux.
Et sur ce point, Leygue veut être particulièrement clair.
« On n’a jamais pensé à se séparer avec Bastien. »
Il précise même que le sujet n’a jamais été abordé entre eux.
« Ça n’a jamais été un sujet. Même si on avait perdu ce tournoi-là, on sait qu’on joue très bien ensemble, on se complète très bien. »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

































































































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