Le padel mondial ne cesse de grandir, et son développement dépasse désormais largement les terrains. Construction de pistes, exploitation des clubs, fabrication de matériel, distribution ou organisation de compétitions : toute une économie s’est structurée autour de la discipline. Selon le FIP World Padel Report 2026, une étude réalisée avec OpenEconomics estime que l’activité du padel soutient l’équivalent de 235 663 emplois à temps plein dans le monde. Un chiffre qui illustre la dimension économique prise par ce sport, mais qui nécessite quelques précisions.

235 663 emplois équivalents temps plein liés à l’activité du padel

C’est l’un des résultats majeurs de l’étude économique présentée par la Fédération internationale de padel (FIP).

Pour l’année 2026, le modèle développé avec OpenEconomics estime que les dépenses liées au padel soutiennent 235 663 emplois équivalents temps plein (ETP) à l’échelle mondiale.

Il ne s’agit pas de 235 663 personnes employées exclusivement par des entreprises de padel. Cet indicateur mesure le volume de travail généré par l’activité économique étudiée, y compris dans des secteurs qui interviennent indirectement.

La FIP distingue trois catégories :

Type d’emploiÉquivalents temps pleinPart du total
Emplois directs157 36266,8 %
Emplois indirects31 39213,3 %
Emplois induits46 90919,9 %
Total235 663100 %

Source : FIP World Padel Report 2026, étude OpenEconomics, pages 76 à 79.

Près de deux tiers des emplois estimés sont donc directement associés aux activités prises en compte dans le modèle économique.

Clubs de padel : une activité qui mobilise de nombreux métiers

Le premier secteur concerné est celui des clubs et établissements de padel.

L’exploitation d’un complexe sportif nécessite plusieurs compétences : accueil des joueurs, gestion des réservations, entretien des installations, maintenance technique, animation et gestion administrative.

À mesure que le nombre de pistes augmente, ces besoins peuvent également progresser.

Le rapport recense plus de 91 000 pistes et près de 28 500 clubs et établissements dans le monde.

Mais tous les clubs ne fonctionnent pas selon le même modèle. Certains disposent d’équipes importantes, tandis que d’autres utilisent des systèmes de réservation automatisés et des organisations plus légères.

Le nombre de pistes ne permet donc pas, à lui seul, de déterminer combien de salariés travaillent dans les clubs.

La construction des pistes fait travailler toute une chaîne d’entreprises

Le développement du padel profite également aux entreprises spécialisées dans la construction d’infrastructures sportives.

Chaque nouvelle piste mobilise plusieurs activités : terrassement, structures métalliques, parois vitrées, revêtements synthétiques, éclairage et installation des équipements.

À ces opérations s’ajoutent la fabrication des matériaux, leur transport et leur commercialisation.

Pour 2026, le modèle économique de la FIP retient une projection de 14 618 nouvelles pistes à l’échelle mondiale.

Ces investissements peuvent générer de l’activité bien au-delà des entreprises qui installent directement les terrains.

C’est notamment ce que l’étude désigne comme les effets indirects, liés aux différentes chaînes d’approvisionnement.

Équipementiers : le développement du padel profite aussi à l’industrie

Le padel représente également un marché pour les fabricants et distributeurs de matériel sportif.

Raquettes, balles, chaussures, vêtements et accessoires constituent autant de produits consommés par les pratiquants.

Le développement de ce marché mobilise des activités industrielles, logistiques et commerciales.

Une partie de ces emplois peut se situer dans des pays différents de ceux où les équipements sont vendus.

Une raquette achetée en Europe peut, par exemple, générer de l’activité dans les pays où sont fabriqués ses composants, assemblé le produit ou organisés son transport et sa distribution.

Cette dimension internationale explique pourquoi l’étude économique utilise un modèle intégrant les échanges entre pays.

157 362 emplois directs, mais que signifie réellement ce chiffre ?

La FIP estime à 157 362 ETP le volume d’emploi directement associé aux dépenses étudiées.

Cette catégorie regroupe l’activité immédiatement générée par les dépenses retenues dans le modèle : location de pistes, construction, équipements et organisation des compétitions internationales.

Les 31 392 ETP indirects correspondent aux effets produits dans les chaînes de fournisseurs.

Enfin, les 46 909 ETP induits résultent de la consommation des ménages bénéficiant des revenus générés par ces activités.

Par exemple, lorsqu’un salarié rémunéré grâce à une activité liée au padel dépense une partie de son revenu dans d’autres secteurs, cette consommation contribue à soutenir de l’activité économique supplémentaire.

Ces trois catégories sont additionnées pour obtenir l’estimation globale.

La Chine, l’Indonésie, l’Inde et l’Égypte concentrent une part importante des emplois estimés

L’un des enseignements les plus intéressants de l’étude concerne la répartition géographique de l’emploi.

Selon OpenEconomics, la Chine, l’Indonésie, l’Inde et l’Égypte concentrent ensemble 39,1 % des emplois équivalents temps plein générés par les dépenses étudiées.

Pourtant, ces quatre pays ne représentent que 9,5 % de l’impact estimé sur le PIB mondial.

Comment expliquer une telle différence ?

Le rapport souligne notamment le rôle des écarts de coûts salariaux et de productivité du travail.

Pour un même montant de dépenses, le volume d’emploi mesuré en équivalents temps plein peut être plus important dans les pays où les rémunérations sont plus faibles.

La FIP insiste donc sur la nécessité de ne pas comparer directement les pays à partir de ces seuls multiplicateurs.

Un nombre élevé d’ETP par million d’euros dépensé ne signifie pas nécessairement qu’un marché est plus performant économiquement.

34 emplois équivalents temps plein par million d’euros dépensé

Le modèle OpenEconomics estime qu’un million d’euros de dépenses liées au padel soutient en moyenne 34,4 emplois équivalents temps plein dans l’économie mondiale.

Cette moyenne résulte des 6,843 milliards d’euros de dépenses intégrées à l’étude.

Elle constitue un indicateur économique global, mais ne doit pas être utilisée pour calculer automatiquement le nombre d’emplois créés par un club ou un projet de pistes.

Les effets réels dépendent du pays, du type de dépenses, de l’organisation des entreprises et de la structure économique locale.

Un complexe de padel ne crée donc pas nécessairement 34 emplois lorsqu’il génère un million d’euros d’activité.

Les enseignants et les entraîneurs ne sont pas entièrement intégrés à l’étude

Un point important mérite d’être souligné : le périmètre de l’étude économique ne couvre pas toutes les activités professionnelles liées au padel.

OpenEconomics exclut notamment les dépenses consacrées aux cours et à l’enseignement, ainsi que les abonnements aux clubs, les droits médias, le sponsoring et le tourisme sportif.

Les revenus de ces activités ne sont donc pas directement comptabilisés dans les dépenses de départ du modèle.

Les métiers de l’enseignement représentent pourtant une composante importante du fonctionnement des clubs.

La formation des joueurs, l’encadrement des jeunes, les cours particuliers et les académies constituent autant d’activités qui participent au développement de la discipline.

Le total de 235 663 ETP ne doit donc pas être interprété comme un recensement exhaustif de tous les emplois existant dans l’univers du padel.

Une industrie qui se structure, mais pas nécessairement 236 000 recrutements

La progression des infrastructures et de la pratique ouvre des perspectives pour de nombreux métiers.

Le padel fait désormais intervenir des exploitants de clubs, des fabricants, des distributeurs, des prestataires techniques, des organisateurs d’événements et des professionnels de l’encadrement sportif.

Mais il faut distinguer les emplois soutenus par une activité économique des créations nettes de postes.

L’étude de la FIP ne permet pas d’affirmer que 235 663 nouveaux emplois ont été créés en 2026, ni que le secteur a procédé à autant de recrutements.

Elle estime le volume de travail mobilisé par les dépenses prises en compte pour l’année.

Cette nuance est essentielle pour apprécier correctement la portée des résultats.

Le développement du padel peut-il devenir un moteur durable pour l’emploi ?

Avec plus de 40 millions de pratiquants amateurs estimés, des dizaines de milliers de clubs et un impact économique mondial évalué à 8,6 milliards d’euros, le padel a changé de dimension.

Le sport ne se limite plus à la pratique sur les pistes. Il s’appuie désormais sur un ensemble d’activités économiques et de compétences professionnelles.

Le prochain défi sera de consolider cette croissance.

Pour les clubs, cela passera notamment par la fidélisation des pratiquants, la qualité des services proposés et la viabilité des modèles économiques.

Pour les entreprises, l’enjeu sera d’accompagner le développement international tout en s’adaptant à des marchés dont les niveaux de maturité restent très différents.

Le padel soutient déjà l’équivalent de près de 236 000 emplois à temps plein dans l’économie mondiale, selon le modèle de la FIP. Mais sa capacité à devenir un moteur durable pour l’emploi dépendra avant tout de la solidité économique des clubs et de l’ensemble de la filière.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.