Le padel espagnol pleure la disparition de Gustavo Oliva, décédé ce lundi 19 octobre à l’âge de 58 ans des suites d’un cancer du côlon. Ancien joueur de haut niveau, entraîneur et figure importante du développement du padel en Catalogne, celui que l’on surnommait « Gus » a consacré une grande partie de sa vie à ce sport. Quelques jours avant sa disparition, il avait publié un poignant message d’adieu sur ses réseaux sociaux, entre reconnaissance envers ses proches et appel à la prévention.

Un acteur important du développement du padel catalan

Si son nom était moins connu du grand public que ceux des stars du circuit professionnel, Gustavo Oliva a joué un rôle important dans l’histoire du padel espagnol, particulièrement en Catalogne. D’abord passionné de tennis, il découvre le padel à l’approche de la trentaine, alors qu’il travaille pour l’enseigne Intersport. Une découverte qui va progressivement devenir le centre de sa vie professionnelle.

Sur les pistes, il parvient à intégrer le top 50 espagnol et le top 10 catalan, avant de transmettre son expérience en tant qu’entraîneur. Il occupe notamment le poste de capitaine de la sélection catalane entre 2014 et 2017, tout en participant activement à la formation de nouvelles générations de joueurs.

Fondateur de Padel Academy Barcelona, Gustavo Oliva ne limite pas son activité à l’Espagne. Il contribue également à la promotion du padel en Europe centrale, notamment en Hongrie, où il participe à plusieurs initiatives de formation et à l’organisation du Circuit Centre-européen. Un parcours qui témoigne de son investissement dans le développement de la discipline, bien avant l’engouement international que connaît aujourd’hui le padel.

Un acteur important du développement du padel catalan

Un dernier message empreint de sérénité

Atteint d’un cancer colorectal diagnostiqué à l’âge de 52 ans, Gustavo Oliva avait appris que la maladie était déjà à un stade avancé, avec des métastases au foie, à la rate et dans plusieurs ganglions. Les médecins lui avaient alors annoncé une espérance de vie particulièrement limitée. Malgré ce pronostic, l’ancien joueur a continué à se battre pendant plusieurs années, entouré de sa femme, de ses deux filles et de ses proches.

Quelques jours avant son décès, il avait choisi de prendre la parole une dernière fois sur ses réseaux sociaux. Un texte particulièrement émouvant dans lequel il évoquait sa fin de vie avec une lucidité et une sérénité remarquables.

« Partir à 58 ans, à notre époque et dans notre environnement, c’est tôt. »

Mais plutôt que de s’attarder sur les années qu’il ne pourrait pas vivre, Gustavo Oliva avait préféré regarder celles qu’il avait eu la chance de connaître. Il expliquait avoir mené une vie heureuse et bien remplie, lui permettant d’aborder ses derniers instants avec une paix intérieure qu’il n’aurait jamais imaginée.

Ses pensées se tournaient surtout vers son entourage, auquel il souhaitait adresser un dernier remerciement : « Je ne peux que remercier mon entourage. » Avant de conclure son message par quelques mots simples : « À jamais, ma famille. À jamais, mes amis. »

Un appel à la prévention jusqu’à ses derniers jours

Au-delà de cet adieu, Gustavo Oliva avait tenu à sensibiliser le public à l’importance du dépistage du cancer colorectal. Dans une dernière interview accordée à La Vanguardia, il était revenu sur les circonstances de son diagnostic et sur une décision qu’il regrettait profondément.

À 50 ans, il avait reçu une invitation des autorités sanitaires catalanes pour effectuer un examen de dépistage, mais n’y avait pas donné suite. Deux ans plus tard, lorsque les premiers symptômes l’avaient finalement poussé à consulter, la maladie était déjà très avancée.

« Quand j’ai finalement passé l’examen, à 52 ans, il était déjà trop tard. »

Il reconnaissait avoir longtemps bénéficié d’une excellente santé, au point de négliger certains contrôles médicaux. Une expérience douloureuse qu’il souhaitait partager pour éviter à d’autres de commettre la même erreur.

Malgré la gravité de sa situation, l’ancien capitaine catalan avait trouvé du réconfort auprès de ses deux filles, aujourd’hui âgées de 30 et 33 ans. Les voir construire leur vie et s’épanouir professionnellement lui avait permis d’aborder la maladie avec davantage de tranquillité. Il confiait toutefois un regret particulièrement poignant : celui de ne jamais pouvoir devenir grand-père.

Un appel à la prévention jusqu'à ses derniers jours

Belasteguín, Navarro et le monde du padel lui rendent hommage

L’annonce de sa disparition a provoqué une vive émotion dans le padel espagnol. De nombreuses personnalités ont tenu à lui adresser un dernier message, à commencer par Fernando Belasteguín, qui entretenait une relation amicale avec Gustavo Oliva.

L’ancien numéro un mondial a notamment évoqué ce repas qu’ils s’étaient promis de partager, mais qu’ils n’auront finalement jamais eu l’occasion d’organiser. Un rendez-vous manqué que l’Argentin espère symboliquement retrouver un jour.

Carolina Navarro a également salué la sérénité de son dernier témoignage, touchée par la manière dont Gustavo Oliva avait choisi de regarder sa vie. Maxi Grabiel, Willy Lahoz, Fernando Poggi, Álex Corretja ou encore Toni Bueno ont eux aussi réagi à sa disparition.

La Fédération catalane de padel lui a rendu hommage en rappelant son implication depuis les premières années de développement de la discipline dans la région. Joueur, sélectionneur, entraîneur et formateur, Gustavo Oliva aura accompagné plusieurs étapes importantes de l’histoire du padel catalan.

Mais les mots les plus touchants sont peut-être venus de sa propre famille. L’une de ses filles lui a adressé un dernier message sur les réseaux sociaux, le décrivant comme « le meilleur père du monde et la personne la plus admirable ».

Avec la disparition de Gustavo Oliva à seulement 58 ans, le padel espagnol perd l’un de ceux qui ont participé à sa construction et à sa transmission. Au-delà de son parcours sportif, il laisse surtout le souvenir d’un homme qui, jusque dans ses derniers instants, aura voulu remercier ceux qui l’entouraient et rappeler l’importance de prendre soin de sa santé.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !