2h39 de match, trois balles de match sauvées et un super tie-break irrespirable pour conclure. Lors des Championnats de France de padel 2026 à Padel+ Agen, Jules Marie et Jérôme Inzerillo ont remporté l’un des matchs les plus spectaculaires du tournoi face à Damien Lozano et Isaac Huysveld : 7/6 6/7 12/10. Quelques minutes après cette bataille, Jules Marie est revenu sur la rencontre au micro de Mario Cordero.
Une victoire particulière pour l’ancien joueur de tennis professionnel, qui reconnaît ne pas avoir livré son meilleur match, mais avoir pris énormément de plaisir dans une rencontre où les quatre joueurs ont longtemps évolué au coude-à-coude.
Un match qui semblait pourtant sous contrôle
Difficile, quelques minutes après la rencontre, pour Jules Marie de comprendre complètement comment le match avait pu devenir aussi fou.
Marie / Inzerillo remportent le premier set 7/6 et semblent ensuite avoir fait le plus dur dans la deuxième manche. À 5/3, ils servent pour se rapprocher de la qualification et mènent même 30/15.
« On gagne 7/6, 5/3, on sert à 30/15. Ce n’était pas si mal. On se fait débreaker et on perd 7/6. »
Au lieu d’un succès en deux manches, Marie et Inzerillo se retrouvent donc embarqués dans une troisième manche particulièrement indécise.
Et personne ne parvient réellement à faire la différence.
« Dans le troisième, je crois qu’il n’y a pas de break. On se dit qu’on aura peut-être deux ou trois balles de match. »
La réalité sera encore plus tendue : Marie / Inzerillo vont devoir sauver trois balles de match avant de finalement arracher leur qualification 12/10 au super tie-break.
« Si tu perds ce match, franchement, tu es content »
Au-delà du résultat, Jules Marie retient surtout la qualité et l’intensité de la rencontre.
Une phrase prononcée juste après le match résume parfaitement son état d’esprit :
« Pendant le match, je me suis dit : si tu perds ce match, franchement, tu es content. »
Une déclaration qui peut sembler étonnante dans une compétition aussi importante, mais qui traduit surtout le plaisir ressenti sur la piste.
« Parce que c’est un match sympa, je trouvais. J’ai kiffé. Franchement, j’ai kiffé. »
Un plaisir partagé par le public, très nombreux à suivre cette rencontre et son scénario à rebondissements.
Jules Marie : « Je me suis trouvé OK »
Interrogé sur son propre niveau de jeu, Jules Marie ne cherche pas à embellir sa prestation.
Pas de match exceptionnel selon lui, mais pas de mauvaise prestation non plus.
« Je me suis trouvé OK. Je n’ai pas excellé, je n’ai pas mal joué. J’étais OK. »
Et même plus précisément :
« Mon niveau standard en ce moment. »
Une analyse intéressante compte tenu du scénario : sans avoir le sentiment d’évoluer à son meilleur niveau, Marie a réussi avec Inzerillo à rester suffisamment solide pour traverser les moments les plus tendus et sauver les balles de match.
Une victoire au mental
Sur le papier, Jules Marie / Jérôme Inzerillo étaient la paire n°14 au départ de ces Championnats de France, avec un poids cumulé de 54. En face, Damien Lozano / Isaac Huysveld étaient n°19, avec un poids de 79.
La hiérarchie initiale donnait donc un léger avantage à Marie / Inzerillo, mais sur la piste, l’écart entre les deux paires a quasiment disparu.
Trois sets, deux tie-breaks classiques, un super tie-break et seulement deux points d’écart au moment de conclure : il aura fallu aller chercher cette qualification au bout de l’effort.
Et surtout accepter plusieurs fois l’idée que le tournoi pouvait s’arrêter là.
Seulement quelques heures pour récupérer
La qualification acquise, une autre problématique se présente immédiatement : comment récupérer d’un combat de 2h39 avant de rejouer quelques heures plus tard ?
À chaud, Jules Marie se montre plutôt rassurant.
« Ça allait. Pas essoufflé. Il y a des points longs, mais ça va. Je récupérais bien. »
Mais l’ancien tennisman connaît parfaitement la différence entre les sensations immédiatement après un effort et celles qui peuvent apparaître une fois le corps refroidi.
« Après, c’est à chaud. À froid, combien de temps on met, je ne sais pas. »
La paire dispose alors de quelques heures avant son prochain match.
Marie a déjà son programme : récupération et pressothérapie avec Jérôme Inzerillo.
Et avec le sourire, il formule même un souhait assez particulier concernant les rencontres précédentes :
« Je prie pour qu’il y ait des matchs assez longs. »
Chaque minute supplémentaire avant de retourner sur la piste est alors bonne à prendre.
Bayard / Vincent au tour suivant
Pas vraiment le temps de savourer non plus puisque le prochain obstacle est déjà connu : Pierre Vincent et Damien Bayard.
Et la différence de fraîcheur physique pourrait compter.
Alors que Marie / Inzerillo viennent de passer 2h39 sur la piste, leurs futurs adversaires ont connu une rencontre nettement moins éprouvante.
Surtout, Bayard / Vincent ne sont pas une paire anodine dans ce tableau. Ils occupaient le 8e rang au départ de la compétition, contre le 14e pour Marie / Inzerillo.
Jules Marie en est parfaitement conscient :
« Ils auront un peu moins de match dans les pattes. »
La récupération devient donc presque aussi importante que la tactique avant ce nouveau rendez-vous.
L’un des matchs marquants du début des Championnats
Cette victoire restera en tout cas comme l’un des premiers grands scénarios de ces Championnats de France 2026.
7/6 6/7 12/10. 2h39 de jeu. Trois balles de match sauvées.
Et peut-être surtout cette réaction de Jules Marie quelques minutes après être passé tout près de l’élimination :
« J’ai kiffé. »
Une manière simple de résumer une rencontre où le résultat comptait énormément, mais où le plaisir de jouer un grand match semblait presque aussi important.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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