Dans un entretien accordé à Veintediez , Fernando Belasteguín s’est exprimé sur le potentiel de son jeune compatriote Tino Libaak. Pour l’ancien numéro un mondial, le talent de l’Argentin ne fait aucun doute, mais il lui manque encore une qualité essentielle pour rivaliser durablement avec les meilleures paires du circuit : la régularité. Un cap qu’il pourrait franchir en 2027, à condition de ne pas brûler les étapes.

Un potentiel pour faire trembler les meilleurs

Fernando Belasteguín connaît parfaitement les exigences du très haut niveau. Interrogé sur l’avenir de Tino Libaak, l’ancien numéro un mondial n’a pas caché son admiration pour les qualités du jeune Argentin, capable selon lui de rivaliser avec les meilleurs joueurs de la planète lorsqu’il évolue à son maximum.

« Tino possède des coups qui peuvent faire mal aux meilleurs joueurs du circuit. »

Un potentiel qu’il a déjà démontré sur la scène internationale, notamment aux côtés de Leo Augsburger, lors de la finale des championnats du monde. Mais pour Belasteguín, ces performances ponctuelles ne suffisent pas encore à faire de Libaak un joueur capable de se battre régulièrement pour les premières places mondiales.

L’ancien numéro un mondial estime que le jeune Argentin a encore besoin d’une saison de transition, durant laquelle il devra apprendre à maintenir un niveau de performance élevé tout au long de l’année. Une étape d’autant plus importante que Libaak a été freiné par des problèmes physiques la saison dernière.

« Quand il joue mal, il vaut 5/10, quand il joue bien, 10/10 »

C’est sans doute l’analyse la plus intéressante de Fernando Belasteguín. Pour lui, le problème de Tino Libaak ne réside pas dans son niveau maximal, déjà exceptionnel, mais dans l’écart trop important entre ses meilleures et ses moins bonnes performances.

« Aujourd’hui, pour moi, son niveau de base est un peu faible, autour de 5/10. Quand il joue mal, il joue à 5, et quand il joue bien, il joue à 10. »

Une image qui résume parfaitement le chantier qui attend le jeune Argentin. Belasteguín ne lui demande pas nécessairement de devenir encore plus spectaculaire, mais surtout d’élever son niveau minimum pour réduire l’écart avec son niveau maximum.

« Il doit essayer de faire en sorte que ses mauvais jours soient à 6, puis à 6,5, puis à 7, et que son niveau plancher se rapproche de son plafond. »

Pour l’ancien numéro un mondial, c’est précisément cette régularité qui distingue les joueurs capables de réaliser de grandes performances de ceux qui peuvent prétendre aux premières places mondiales sur une saison entière.

Belasteguín sur Tino Libaak : « Quand il joue bien, il vaut 10/10, mais quand il joue mal, il tombe à 5/10 »

Ne pas brûler les étapes pour viser le sommet

Belasteguín s’est également montré prudent concernant une éventuelle association de Tino Libaak avec Alejandro Galán. Si le talent du jeune Argentin pourrait lui permettre de jouer aux côtés d’un joueur de ce calibre, l’ancien numéro un mondial considère qu’un tel changement serait prématuré.

« Aujourd’hui, Tino ne peut pas passer directement de sa situation actuelle à une lutte pour la première place mondiale. Il lui manque une année à un niveau intermédiaire. »

Selon lui, rejoindre immédiatement un joueur comme Galán pourrait même représenter davantage de risques que de bénéfices pour Libaak, qui aurait alors la pression de devoir performer chaque semaine au plus haut niveau.

« Je pense qu’il aurait plus à perdre qu’à gagner avec un tel saut. Je passerais par une étape intermédiaire, avec une année complète à bien jouer, maintenant qu’il est en bonne santé. »

Un discours loin d’être une critique du talent de Libaak. Au contraire, Belasteguín semble convaincu que son compatriote possède les armes pour atteindre les sommets, mais estime que sa progression doit suivre un rythme cohérent.

À l’approche de 2027, le défi est donc clairement identifié pour Tino Libaak : moins de variations, davantage de constance et la capacité de rester compétitif même lorsque les sensations ne sont pas au rendez-vous. Car si son meilleur niveau lui permet déjà de rivaliser avec n’importe qui, c’est en améliorant son niveau moyen qu’il pourra véritablement changer de dimension.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !