Le WPT était-il mieux que Premier Padel pour les seconds couteaux du padel mondial ?

Lors d’une interview avec Padel Magazine au Betclic Premier Padel Bordeaux P2, Miguel Lamperti est revenu sur les conditions actuelles des joueurs de padel professionnels.

Des déplacements qui coûtent cher…

L’Argentin, qui pointe désormais à la 49ème place du ranking FIP, nous a expliqué que pour des joueurs comme lui ne faisant plus partie du gratin du padel mondial, il n’est pas facile de s’en sortir financièrement.

“Aujourd’hui, c’est beaucoup plus difficile économiquement pour le joueur qui est au-delà du Top 20. Avant, le circuit était à 80% en Espagne et on jouait en gros cinq tournois à l’étranger. Aujourd’hui, sur 25 tournois, 19 se déroulent à l’étranger !

C’est très cher, entre l’avion, l’entraîneur à payer…”

En effet, si les tous meilleurs s’en sortent généralement très bien, avec des prize-money supérieurs à ceux de l’époque du World Padel Tour, c’est beaucoup plus dur pour ceux qui ont du mal à jouer les premier rôles. De là à regretter le WPT ? Le natif de Bahia Blanca répond :

Pour moi, le World Padel Tour a fait un travail incroyable. À la fin, on cherche toujours à tout améliorer mais je crois que le World Padel Tour a mis la barre très haut.

Premier Padel effectue un travail très important. Pouvoir jouer à Roland-Garros, jouer en Italie, nous n’en avions jamais rêvé. Cependant, pour un joueur qui n’est pas dans le Top 20 ou 30, le coût est devenu très élevé. C’est quasiment impossible d’avoir un entraîneur et d’être en mesure de le payer.

Sur un premier tour ou un huitième, on gagne 2000€ et les frais s’élèvent à 3000€. Et encore, il faut parvenir à atteindre les huitièmes, ce qui n’est pas toujours facile. Nos marques font énormément d’efforts pour nous, ils font tout pour que le joueur de padel puisse vivre du sport.

Le calendrier 2024 de Premier Padel :

Une situation encore pire pour les joueurs de previas…

Comme vous le savez certainement, les meilleurs joueurs de padel du monde vivent quasiment tous en Espagne. C’est là qu’on trouve les entraineurs les plus chevronnés, les meilleurs partenaires d’entrainement. Ainsi, sur le World Padel Tour, qui basait l’essentiel de son calendrier sur l’Espagne, les déplacements étaient peu coûteux. Les joueurs pouvaient notamment covoiturer pour se rendre sur les tournois, et parfois s’héberger les uns les autres.

Mais aujourd’hui, il faut prendre l’avion, avec des billets qui coûtent cher, et beaucoup de temps passé en déplacement, avec par exemple la tournée sud-américaine qui a duré trois semaines. Cela signifie de nombreuses nuits d’hôtel à payer mais aussi de nombreux moments loin de la maison. Et quand on sait que beaucoup de joueurs participant aux qualifications donnent des cours dans leur club pour pouvoir financer leur saison…

Enfin, comme on le voit dans le prize-money de 2024, les joueurs qui perdent en qualifications ne gagnent pas d’argent, ils doivent donc avoir de nombreux sponsors pour pouvoir s’en sortir. Mais quand on est 100ème joueur de padel mondial, pas facile d’attirer les investisseurs…

Le prize-money de 2024 sur Premier Padel :

Vous l’avez compris, le Premier Padel ne représente pas forcément une amélioration au niveau économique pour tous ces joueurs de seconde ou troisième zone. Sans compter que pour pouvoir gagner des points et participer aux tournois de premier plan, il faut aussi se déplacer sur le FIP Tour, un circuit avec des récompenses financières très faible et qui suppose souvent des déplacements là aussi importants…

On comprend mieux pourquoi certains voudraient sortir de la PPA…

Publié par
Xan Tafernaberry