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« Jérôme Golmard : un indien Apache, un albatros »

Padel Magazine a eu la douleur d’apprendre le décès de Jérôme Golmard des suites de la maladie de Charcot qui l’avait contraint en 2013 à arrêter le padel.

Jérôme Golmard, joueur de tennis extraordinaire, certainement l’un des plus doués de sa génération, était devenu à la fin de sa carrière joueur de padel pendant près de 10 ans. Il a laissé une image d’un joueur généreux et apprécié par tous ceux qui ont eu la chance de partager une partie ou une bière avec lui.

Qui mieux que Nicolas Bourdarel pouvait nous parler de Jérôme et lui rendre hommage.

Jérôme et Nicolas ont joué 5 saisons sur le circuit français. La paire atteindra à plusieurs reprises le top 10 français entre 2006 et 2011 et réussira même à accéder aux quarts de finales de L’Open International d’Aix-en-Provence.

Nicolas, Comment vous êtes-vous rencontrés avec Jérôme ?

Une veille de rentrée de classes en 2005 devant les listes des élèves de la classe.

Les noms de nos 2 enfants se suivent sur la feuille et Jérôme est là à côté de moi. On discute de rentrée des classes mais je sais qui il est bien-sûr, le tennis étant ma passion première. Le lendemain matin je le recroise devant l’école à 9h et quelle surprise de le retrouver le soir même au Set Club où Jean-Marc Lenoir l’avait invité à une initiation de padel.

On a le même âge, nos enfants dans la même école, on vit à 500 mètres l’un de l’autre et on partage la même passion des sports de raquette… tout concourrait à ce qu’on devienne ami.

Comment êtes-vous devenus partenaires ?

Je lui ai mis le grappin dessus ! (Rire) Egoïstement quand vous voyez arriver un joueur de ce talent, vous préférez qu’il soit dans votre équipe qu’en face, et si en plus il est gaucher, c’est le Jackpot.

Je jouais depuis 3 ans et notre association m’a permis de passer un cap. Sur le court, il prenait une place folle avec son envergure. Un albatros ! Il bondissait partout et aimantait toutes les balles. Son passé sur le circuit ATP lui avait donné un mental hors norme : balle de match, balle de break, il ne tremblait jamais.

On a joué 5 ans sur le circuit et obtenu quelques résultats sympa, on a surtout passé de bons moments. Dans le padel, partir en tournoi le week-end avec un pote est une expérience à part entière.

Peux-tu nous dire quel homme était Jérôme ?

Quand quelqu’un décède tout le monde lui trouve des qualités. Cet état de fait pourrait galvauder mes propos. Mais tous ceux qui ont côtoyé Jérôme confirmeront.

Jérôme c’est un super mec, d’une grande humilité. Dans le sport on croise souvent des gars qui n’ont rien prouvé et qui ont le melon. Jérôme c’était l’inverse. Il a été 22e mondial en tennis, numéro 1 français, a battu Agassi, Rios, Moya, a gagné 2 tournois ATP et partout où il passait il était d’une discrétion absolue. La Classe !

Derrière sa timidité se cachait un guerrier ; au fond de lui c’était un Indien Apache. Il avait une passion pour Geronimo matérialisée par les tatouages qu’il avait sur son corps. Je pense que c’est de là qu’il tirait sa force et son courage. Il a regardé la maladie droit dans les yeux. Il l’a combattue avec toutes ses forces.

Djé, derrière cette apparence robuste dégageait aussi une grande sensibilité et une fragilité qui faisait de lui un ami à l’écoute.

Jérôme c’était « Un MONSIEUR ! ». C’était notre expression sur le court quand on marquait un beau point « OUI Monsieur ! », on s’exclamait !

Quel souvenir gardes-tu de ton parcours padel avec Jérôme ?

C’est malheureusement un mauvais souvenir. Lors de notre dernière partie, je crois que c’était en 2013, il est tombé sans raison apparente allant se cogner contre la vitre arrière et se luxer l’épaule. On a passé la soirée aux urgences où on a rigolé de cette péripétie banale pour un sportif. Quelques semaines plus tard sa maladie était diagnostiquée et après coup Jérôme m’avouait que sa chute était l’un des signes avant-coureur que ses muscles étaient attaqués.

Les joueurs de padel le savent tous, c’est difficile d’être 100% compatible avec un partenaire dans la complémentarité des jeux et des caractères. Quand on a en a un avec qui ça matche à fond, on forme une paire pour plusieurs années. Les 2 noms sont toujours associés sur les tableaux des tournois. « Les 2 font la paire »

Ca vous situe la relation.  En 12 ans de padel, J’ai eu 2 partenaires Boissac et Golmard.

Depuis le déclenchement de la maladie de Jérôme, je ressens une profonde blessure, j’ai beaucoup de mal à rejouer, à m’associer à un autre partenaire. Je ressens beaucoup de tristesse à être sur un court parfois même de la souffrance ; Jérôme me manque et va encore plus me manquer.

Propos recueillis par Franck Binisti
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